Les municipales approchent et, déjà, des tendances se dessinent. Petit récapitulatif des faits marquants qui pèseront à l’heure du scrutin.

À Paris, le réel contre l’utopie

On pensait voir une fébrile et en danger, mais force est de constater que ni ni ne semblent, chacun de leur côté, en position pour menacer le maire de Paris. Avec sa communication abracadabrantesque et ses annonces hallucinantes, parmi lesquelles l’idée de transformer la gare de l’Est en Central Park figure en bonne place, Griveaux semble passer totalement à côté de sa campagne. La faute à un réel maussade : Paris est gris, Paris est sale, Paris devient un cloaque et les Parisiens ne veulent plus rêver. Les Parisiens veulent de l’ordre, du bien-être et de la sécurité. Le temps des projets et de la pensée printemps si chère à et à son poulain semblent relégué au passé. Tout le monde l’a compris sauf Benjamin Griveaux, visiblement. En outre, la candidature dissidente de Villani, dont il se murmure qu’il négocierait en secret un accord avec Hidalgo, ôte au cador de La République en marche tout espoir sérieux de succès.

Dati en embuscade

Beaucoup avaient haussé les épaules lorsque la candidature de sous l’étiquette LR avait été lancée. Pour les électeurs de droite, c’est un peu comme si Brice Hortefeux avait été tête de liste aux européennes… Las, la survivante de l’entourage de Nicolas Sarkozy a dû faire face aux désistements de certains maires d’arrondissement mais mène une campagne efficace basée sur deux axes simples : ordre et propreté. Comme un glas sonné aux folies idéologiques d’Anne Hidalgo et aux pharaoniques projets utopistes de Griveaux. « Elle a réussi à faire du VIIe une base solide, j’ai dit à ceux qui ont quitté LR et rallié LREM qu’ils faisaient une grave erreur politique », confie un ancien ministre chiraquien. La panique générale qu’a provoquée la débandade des LR aux européennes n’aura, finalement, pas desservi Rachida Dati.

La sécurité, axe principal

Hasard ou non du calendrier, les chiffres inquiétants sur l’insécurité ont donné le tempo aux municipales, les quotidiens locaux font leur une sur les faits divers depuis plusieurs semaines et la plupart des candidats axent sur ce point. Comme pour confirmer cette impression, les sondages donnant Robert Ménard réélu au premier tour à plus de 60 %, on se rappelle que le maire de Béziers a régulièrement fait l’actualité avec des mesures sécuritaires comme le fait d’armer la police municipale. Zéro voiture brûlée le soir du réveillon à Béziers.

LREM en grande difficulté

S’il fallait chercher le grand perdant de ces élections, il faudrait se tourner du côté de La République en marche. Le parti dirigé par Stanislas Guerini a toutes les peines du monde à assurer des candidats crédibles et donner le change. Ses candidats sont présentés comme des « LREM sans étiquette », une cuisine maison qui s’explique par l’effondrement de la cote de popularité d’Emmanuel Macron. On se rappellera pourtant qu’il avait fait élire des députés avec son seul visage… Si la présidence assurera l’essentiel dans de grandes villes et des accords transpartisans, le mouvement des Marcheurs s’essouffle et ne parvient pas à exister par lui-même. En d’autres termes, la majorité traîne deux boulets : le président de la République et son propre parti.

Union des droites ?

Si les Marcheurs et les centristes constituent accords et alliances, les listes d’union des droites ne sont pas en reste. Le plus souvent au mépris des consignes nationales, les listes mêlant LR, RN, DLF et PCD se multiplient. Avec de sérieux espoirs, comme à Sète ou à Carpentras. On pourrait même rajouter Perpignan à cette liste car la tête de liste Louis Aliot a refusé l’étiquette RN.

En d’autres termes, ces élections municipales sont une conséquence directe du mandat d’Emmanuel Macron : les étiquettes dispensées depuis Paris ne sont plus des sésames recherchés. Emmanuel Macron voulait en finir avec les partis ? C’est chose faite. Le sien avec les autres.

12 février 2020

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