1457 voitures brûlées en France, la nuit de la Saint-Sylvestre ; c’est 167 de plus que l’année dernière… réagit au micro de Boulevard à ce phénomène qu’il qualifie « d’ensauvagement de notre société ».

1457 voitures ont été brûlées lors de cette Saint-Sylvestre. Soit 237 de plus que l’année dernière. Ce bilan est pour le moins inquiétant. Cela pose question…

C’est une sorte d’ensauvagement de notre société. Un journaliste polonais disait à la télévision « si dans mon pays, on avait brûlé cent fois moins de voitures, on serait scandalisé ». On a le sentiment de s’habituer à cela. 1450 voitures, un peu plus de voitures ou un peu moins, c’est dans l’ordre des choses. Cela n’arrive pas seulement la nuit de la Saint-Sylvestre, mais aussi à Halloween. Deux jours par an, on peut brûler des voitures, ce n’est pas si grave … Cette idée est insupportable !

Le ministère de l’Intérieur s’est félicité de voir moins de faits graves qu’à l’accoutumée. C’est comme une volonté de chercher du positif là où on peine à en trouver…

Le ministre de l’Intérieur n’est pas venu à Béziers. Je n’ai donc pas eu l’occasion de lui dire de vive voix que celui qui se fait arrêter pour avoir brûlé une voiture, est aussi celui qui met le feu à l’école d’à côté. C’est ce qui s’est passé à la Devèze au moment d’Halloween.
Il y a trois ans, il commençait par mettre le feu à des poubelles, ensuite à une voiture et maintenant à une école. Cela ne choque pas monsieur , mais comme il n’a pas trouvé le temps de venir à Béziers pour constater sur place. Ces informations ne sont peut-être pas arrivées jusqu’à ses oreilles. Il est choquant qu’il ne s’offusque pas de ces chiffres-là. Ces chiffres ne font plus la une des . C’est comme si on s’y habituait.
Dans un tout autre domaine, deux radicaux ont attaqué des gens en une semaine. Et si cela s’était passé il y a cinq ans ? On vit dans une société qui accepte cela. Je trouve qu’on n’a pas à trouver supportable l’idée que plus de 1400 voitures soient brûlées en une seule nuit.


Il y a quelques années, un certain ministre avait dit que les Français devaient s’habituer à vivre avec le . Est-on en train de le vivre ?

On ne doit s’habituer à vivre ni avec le terrorisme ni avec les voyous. On n’a pas à accepter que des gens se comportent ainsi. Tuer quelqu’un est encore plus grave que de brûler une voiture, mais même une voiture brûlée, c’est inacceptable ! A la Devèze, celui qui brûle une voiture, brûle ensuite une école. C’est la réalité. Le maire que je suis ne veut pas accepter cela.


À Béziers, avez-vous constaté une augmentation des incivilités et des destructions par rapport à l’année dernière ?

Absolument pas. Il y avait une compagnie de gardes mobiles dans le quartier de la Devèze, où est brûlé traditionnellement un certain nombre de voitures. À Béziers, la nuit de la Saint-Sylvestre aucune voiture n’a été brûlée. Quand on se donne les moyens, on arrive à faire un certain nombre de choses. Quand on refuse de baisser la tête devant ce qui serait quasi naturel maintenant, on obtient des résultats. À Béziers, grâce à une présence policière très importante ce soir-là, aucune voiture n’a brûlé. Je rends d’ailleurs hommage au préfet et à l’État.

8 janvier 2020

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