Editoriaux - Politique - 5 septembre 2019

Cédric Villani candidat officiel pour faire du Hidalgo puissance dix

Sa candidature était officieuse. Elle est désormais officielle. Cédric Villani l’a clamé haut et fort dans une brasserie du XIVe arrondissement de la capitale : il est vraiment candidat. Sans hésitation, sans lavallière, barbe taillée, cheveux coupés, mais toujours avec cette araignée accrochée au revers du veston. La confier à la SPA eût été trop cruel.

Outre la disparition du look professeur Tournesol, Cédric Villani semble avoir pris des cours de diction tant il articule exagérément chaque mot et porte la voix de manière assez peu naturelle. Au terme de sa déclaration de candidature, il paraît d’ailleurs lui-même assez étonné d’avoir fait tant de bruit. Le speech dans lequel il aborde ses priorités pour la ville est également récité avec des accents d’élève refoulé de la sélection d’entrée au cours Florent. Il y a du coaching dans l’air. Laborieux.

Mais qu’à cela ne tienne, les courtisans massés autour de leur poulain exultent. Il est aussi peu authentique que les autres ! Un brave politique comme on les aime. Et il est vrai que le bougre réunit nombre de critères en mesure de séduire le parisien bobo grand amateur d’atypisme. Taillé sur mesure pour le poste délicat de maire cool et un tantinet branché. Et rebelle ! Dissident d’En marche ! Conforme mais pas tout à fait. Le frisson de la révolte sans les inconvénients du changement. À ses côtés, Benjamin Griveaux fait figure de jeune loup chiraquien des années 80. Costume bleu marine, tête de premier de la classe. L’intérêt de sa candidature est ce voyage dans le temps. Des affiches semblant tout droit sorties des greniers du RPR. Un candidat pour les nostalgiques. S’il y en a.

Dans son discours profession de foi, l’ex-savant fou arachnophile passe en revue les grands classiques reprochés à la tenante du titre : coût de l’immobilier, saleté, pollution, agressions, stress… Mais attention : « Fier du Paris de la COP21 ! », bla-bla-bla… Et de conclure : « C’est en ce sens que je veux être le premier maire écologique de Paris ! »

Anne Hidalgo foudroyée sur place derrière son bureau : « Et mes bouchons ? Et mes trottinettes qui font pas de fumée ? Et mes voies sur berges où personne ne se promène ? C’est pas de l’écologie ? » Eh bien, non. Tout cela n’est que plaisanterie. Cédric Villani serait encore plus écologiste que son prédécesseur. Des encombrements de mathématicien. Calculés au CNRS. Racine carrée de bus touristiques bloqués multipliée par l’âge du chauffeur divisé par la longueur de la file de voitures, etc. Du raffiné. Le bobo en redemande. Un loyer sera demandé aux automobilistes qui séjournent plus de dix minutes au milieu d’une avenue encombrée. À raison de 10.000 € le mètre carré, on ne peut pas se permettre d’occuper des surfaces de bitume impunément. Le frisson du changement… dans la continuité. Un écolo plutôt qu’une écolo. Parisiens, plus une seule hésitation : votez Cédric Villani-Dalgo !

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