La présence des forces de l’ordre devant tous les lieux communautaires juifs réserve des surprises. À Marseille, des policiers ont été affectés à la surveillance de l’Heder KLC (Kehila Lechem Chamaïm), une école juive située au numéro 177 de la rue Paradis, dans le sixième arrondissement. Ils ont été accueillis par cette inscription sur le portail de l’édifice : « 1 flic, 1 balle ». La boucle est bouclée. Les forces de l’ordre protègent des citoyens menacés et ils sont eux-mêmes menacés.

Rappelons que ce « slogan » avait vu le jour le 23 septembre dernier, à Besançon, lors d’une manifestation organisée « contre les violences policières » à laquelle, sans surprise, l’extrême gauche s’était associée. S’il était déjà injustifiable il y a trois semaines, il l’est encore plus aujourd’hui. Que reproche-t-on aux forces de l’ordre qui protègent, au péril de leur vie, leurs concitoyens ? Quel est le message ? Le choix du lieu n’est pas anodin, non plus. Il ravive le souvenir de l'attentat d’Ozar Hatorah perpetré par Mohammed Merah en mars 2012, à Toulouse. Les mots ont un sens et ceci est à la fois une provocation et un appel au crime. Est-ce une exhortation à tuer un policier devant une école juive ?

Le 7 octobre dernier, le Hamas attaquait Israël au cours d’une opération terroriste appelée « déluge d'al-Aqsa ». Plus de 5.000 roquettes étaient tirées en direction du pays d’Isaac Herzog, faisant de nombreuses victimes. Un événement relayé dans le monde entier et condamné par un grand nombre de dirigeants comme Emmanuel Macron sur X : « Je condamne fermement les attaques terroristes qui frappent actuellement Israël. »

Après cette déclaration, le président de la République française, comme son gouvernement, ont très vite compris que ce conflit pouvait s’exporter en France et que les Israélites pourraient être la cible d'attaques sur le territoire national. Le lundi 9 octobre, Gérald Darmanin a donc convié les représentants de la communauté juive de France à une réunion de sécurité. À sa sortie, le ministre de l’Intérieur a annoncé « le renforcement de la sécurisation des écoles, synagogues et lieux culturels juifs ». Une attention particulière devant être portée le vendredi 13 octobre, jour du shabbat mais aussi « jour de la colère » décrété par Hamas. Sur les réseaux sociaux, les appels à passer à l’acte, spécialement à l’occasion de cette journée, étaient d’ailleurs nombreux. De son côté, Gérald Darmanin avait déjà recensé plus d’une centaine de faits antisémites en moins d’une semaine. La prudence est donc de mise.

Mesdames et messieurs les policiers, si une partie de la population vous déteste, une autre frange, sans doute l'immense majorité, vous apprécie, a confiance en vous, sait reconnaître votre travail et saluer votre dévouement. Courage !

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15 octobre 2023 à 14:08

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19 commentaires

  1. Merci Madame, pour le dernier paragraphe de votre article :il traduit exactement le ressenti de l’immense majorité des citoyens de notre pays.
    Gisèle Marçu.

    1. La police soutient les lois républicaines, votées par le parlement qui est seul légitime à légiférer. Si vous êtes pour un coup d’état il faut le dire clairement.

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