Le 15 octobre dernier, des membres du collectif Mémoires en marche, des Marcheurs, des associations, des écoliers et des élus avaient rendez-vous autour de Benoît Payan au Palais du Pharo à l’occasion des 40 ans de la Marche pour l’égalité et contre le racisme. Le maire de la ville, qui présidait la cérémonie, a tenu à rappeler que les revendications des Marcheurs de 1983 « restent d’actualité et relèvent d’un combat quotidien ». Il a bien raison, la lutte contre le racisme est une bataille qui doit être menée en permanence.

Mais ce mot, « racisme », ne doit pas être employé à tort et à travers. Lors de son intervention, Zohra Boukenouche, membre du collectif Mémoires en marche, a pourtant fait un raccourci hasardeux. Elle a comparé les violences policières racistes qui avaient mené à la marche de 1983 à l’affaire Nahel. Or, dans le cas du « petit ange », tué par un tir de policier suite à un refus d'obtempérer, à ce jour, rien n’indique qu’il s’agit d’un crime raciste. C’est sans doute l’émotion qui a parlé. Ce tragique événement survenu en juin dernier lui ayant rappelé de sombres souvenirs.

N'oublions pas Laura et Mauranne

Si le mot « racisme » ne peut pas être employé à toutes les sauces, il ne doit pas non plus l’être unilatéralement, comme l’a fait le maire de la deuxième ville de France dans son discours : « La République ne peut pas, ne peut plus, ne doit plus laisser prospérer en son sein le terreau fertile du racisme, de l’antisémitisme, de la haine des musulmans, des discriminations. » L’élu a oublié les autres racismes comme celui qui a frappé, via le terrorisme islamiste, Laura et Mauranne le 1er octobre 2017, à Marseille, sur le parvis de la gare Saint-Charles. Ce jour-là, les deux cousines âgées de 20 et 21 ans ont été poignardées à mort par Ahmed Hanachi au cri de « Allah Akbar ». L’attentat a ensuite été revendiqué par l’État islamique qui, comme l’indiquait Pierre-Jean Luizard, spécialiste du Moyen-Orient, à Franceinfo, a pour vocation de s’attaquer aux « mécréants ».

Laura et Maurane n’étaient pas des cibles choisies au hasard, pas plus que Samuel Paty, Jean-Baptiste Salvaing, Jessica Schneider, le père Hamel ou, plus récemment, Dominique Bernard. Toutes ces personnes ont été les victimes du djihad, victimes d'un certain racisme puisque tuées pour ce qu'elles étaient. Benoît Payan les a occultées, preuve que son combat n’est pas un combat contre le racisme au sens large mais contre un racisme en particulier.

Sur un sujet qui devrait mettre tout le monde d’accord, le deux poids deux mesures et l’indignation à géométrie variable viennent une nouvelle fois pourrir la cause. À Marseille, ville cosmopolite, multiculturelle et multiconfessionnelle par excellence, où le vivre ensemble n’est pas toujours aisé, on aurait pu attendre mieux du maire. Certaines luttes doivent être, à ses yeux, moins nobles que d’autres.

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22 octobre 2023 à 13:00

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18 commentaires

  1. Monsieur Payan est un maire illégitime et une véritable girouette et je suis bien placé pour l’écrire

  2. Les français ne sont pas racistes et d’ailleurs nous sommes tous de la même race à la couleur près non ! Pa contre ils ne supportent plus les racailles, millionnaires ou pas, c’est gens qui crachent sur leur pays de naissance ou d’adoption. Lamentable et plus que pénible. Les Français veulent juste vivre dans la sécurité la plus absolue c’est aussi simple que cela et hélas dans les émeutes la proportions d’étrangers ou de voyous d’origine étrangère est énorme, cqfd.

    1. Entre deux maux, je préfère être taxé de racisme que de complicité avec ces horsdes sauvages.

  3. Oui c’est bien vrai, le racisme n’a pas de couleur…Et depuis quelques temps la couleur blanche n’est pas la favorite de celles et ceux qui sont au Pouvoir. Serait ce une façon pour s’exorciser eux mêmes de sortir de leur racisme en faisant campagne ?

  4. Il me semble qu’à Marseille, toujours située en France aux dernières nouvelle, comme à Bruxelles, Londres, Stockholm, et bientôt d’autres métropoles, se soit opéré un petit changement de population…Peut-être me trompé-je, à l’instar de quelques fous qui parleraient de « remplacement »! Rassurez-moi, l’avenir de nos enfants serait-il menacé?

  5. La maire de Marseille a tout même une excuse : sa ville n’est plus en France depuis longtemps…

  6. « « La République ne peut pas, ne peut plus, ne doit plus laisser prospérer en son sein le terreau fertile du racisme, de l’antisémitisme, de la haine des musulmans, des discriminations » ! Monsieur Payan est impayable. Dans sa liste antitout, il en oublie un : le racisme antiblanc, anti-France, prônée par les « Kevin et Mattéo » de papiers qui ont la haine du pays qui leur sert la soupe tous les jours « qu’Allah » fait.

  7. Marseille est, comme l’Europe, dirigée par des technocrates non-élus. (Payan ne l’a pas été sur son nom)

  8. Des racistes, des vrais, en clair des bas du front, il y en à, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Ceci étant, il faut voir toutes les âneries qu’on met dans l’appellation « raciste » et surtout que ça s’exerce TOUJOURS à sens unique, des blanc vers les gens de couleur. Or, il y a beaucoup de situations ou le comportement de certains « chance pour la France », provoquent légitimement, une indignation, voire un rejet, qui n’à rien à voir avec du racisme. Mais quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage. Et pour les personnes que ce sont des fachos d’extrême droite. Attention qu’à force de crier « au loup » fantasmé, qu’on ne favorise pas l’arrivée d’un bien réel, mais islamiste.

  9. Chez ces gens là Monsieur (Jacques Brel) l’on ne voit que ce que l’on croit mais ne croit pas ce que l’on voit

  10. Il suffit de traverser Marseille pour comprendre que son maire ait une petite préférence pour ses nombreux électeurs.

  11. CLO
    De mr Payan à mr Melenchon en passant par mesdames Panot, Obono, Rousseau et bien d’autres, ce ne sont que des prises de positions électoralistes.
    Ils n’ont pas encore compris qu’en prenant la défense d’une minorité de musulmans ils ne seront pas soutenus par l’ensemble des vrais musulmans.
    J’ose m’adresser à ces derniers. Vous êtes bien en France et vous appréciez la laicité et le choix de pratiquer ou pas votre religion, l’éducation faite à vos enfants, un corps médical toujours prêt à vous soigner, des aides pour vous permettre de vivre mieux et l’absence de racisme de la part des français.
    Alors si les personne citées plus haut prennent le pouvoir avec l’aide des Frères ou d’autres groupuscules, la Charia sera installée en France. A vous de choisir. Vivre à la française ou à l’iranaise avec les gardiens de la révolution ou comme à Gaza sous la loi du hamas.

  12. L’initiative de ce Payan est de la pure démagogie , sachant que cela fait plaisir à certaines communautés de se faire prendre pour des victimes qu’elle ne sont pas . Surtout quand cela représente un poids électoral promordial dans une cité où la population locale ou de souche se dissout ou s’exil . Hors de tout temps ce sont les populations discriminées qui se sauvaient des persécutions et brimades diverses et pas le contraire ! Si les vrais marseillais partent c’est qu’ils subissent le racisme du plus grand nombre et tout cela couvert par celui qui a été élu par ce grand nombre et qui veut le rester .

    1. Et le Général de servir sa célèbre parabole : « Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Mars 1959.
      Charles De Gaulle

  13. Ce maire oublie le racisme anti blanc dont nous sommes victimes au quotidien ici en France . Le racisme contre notre histoire pour preuve la mort de ces deux enseignants . Et comme vous le rappelez si bien dans l’article , ces jeunes femmes , le bataclan , les viols suivis d’actes de barbarie . Non les vraies victimes sont issues du peuple français et les faits divers le prouvent .

  14. surtout que ce maire ne doit sa place qu’a une magouille politico nupès en gestation, puisque l’élue était écolo et qu’elle s’est désistée ensuite pour le PS, même à gauche les magouilles sont de circonstances, l’élue écolo ayant argué du fait de problème de santé, ce qui est formidable c’est qu’elle est première adjointe, dans une ville comme Marseille on peut être malade pour être première adjointe, quand au racisme de circonstance de monsieur Payan, on se marre (même si n’est pas risible), mais le racisme anti-blanc il en dit quoi ? on attend sa réponse, demande t-il à ses conseillers c’est quoi un blanc ?

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