Gay Pride de Berlin : Abdul l’islamiste fait buguer l’intersectionnalité

A gauche, on regrette que ce tueur d’homosexuels n’ait pas été un « Blanc chrétien »…
Capture d'écran Euronews
Capture d'écran Euronews

Une scène d’horreur dans la capitale allemande. Samedi 25 juillet, peu avant 22 heures, une camionnette blanche a foncé dans la foule qui quittait le Christopher Street Day, la Gay Pride berlinoise. Une femme a été tuée et 29 personnes blessées, dont plusieurs grièvement. Le conducteur aurait ensuite poursuivi son attaque avec une machette avant de prendre la fuite. L’attentat, perpétré en plein cœur de la capitale allemande, visait les participants de l’un des plus grands rassemblements LGBT d’Europe.

Mais, dans les premières heures, une partie des médias s’est réfugiée derrière les précautions lexicales habituelles. Plusieurs titres évoquaient ainsi un « probable incident impliquant une voiture ». Une voiture se serait donc trouvée « impliquée », comme dans un banal accident de la circulation. Ni conducteur, ni intention, ni cible. Le véhicule comme protagoniste autonome de l’affaire.

The Usual Suspect

Assez rapidement, le profil de l’assassin a été éventé : un certain Abdul Ballout, 21 ans, d’origine libanaise. L’individu n’est pas un inconnu des autorités. Il avait été condamné en février 2022 pour divers actes de délinquance, avant de partir en direction de la Syrie dans l’espoir de rejoindre les troupes djihadistes de l’État islamique. Arrêté par les autorités libanaises, il a été condamné à trois mois de prison, puis interpellé à son retour en Allemagne. Le 12 mai 2026, le tribunal pour mineurs de Tiergarten l’a condamné à une peine ridicule d’un an et dix mois de prison avec sursis pour préparation d’un acte de violence grave mettant en danger l’État. Le parquet, qui avait requis une peine plus lourde, a fait appel. Ballout a alors été remis en liberté, malgré son profil et les doutes pesant sur la sincérité de sa « déradicalisation ». Un laxisme invraisemblable qui lui a permis de passer à l’acte en Allemagne, samedi soir.
Retrouvé dimanche dans un jardin partagé de Spandau, Abdul Ballout aurait couru vers les policiers avec une arme blanche. Les membres du commando spécial berlinois ont ouvert le feu et l’ont abattu.

Une fois le profil du suspect rendu public, une partie de la gauche française a exprimé sa solidarité avec les victimes tout en prenant grand soin de contourner l’idéologie du terroriste. La députée européenne Emma Fourreau a ainsi dénoncé un « attentat LGBTIphobe » sans évoquer sa dimension islamiste. Même prudence chez Bally Bagayoko, ou encore le député LFI Antoine Léaument, qui a condamné un acte homophobe commis par « un conducteur ». L’identité ethno-religieuse de ce dernier semble avoir été perdue en route…

Le bug de l’intersectionnalité

Le profil du terroriste n’a pourtant surpris personne. D’innombrables sondages et études ont montré la grande perméabilité à l’homophobie des populations musulmanes. Sur la page Facebook d’Al Jazeera — la chaîne d’information la plus suivie du monde arabe — l’auteur du massacre à Berlin a d’ailleurs été célébré par des milliers de musulmans.
Mais rien n’y fait. La gauche continue de fermer les yeux et nier ce qui se déroule sous son nez. Certains ont même profité du drame berlinois pour s’en prendre à « l’extrême droite ». C’est notamment le cas du jeune militant Ilan Gabet qui a reconnu que l’attentat semblait « motivé par l’idéologie islamiste », avant de s’empresser d’ajouter que « l’islamisme et l’extrême droite sont deux faces d’une même pièce ». « On me tombe dessus parce que j'ai dit que l'auteur de l'attentat islamiste qui a foncé sur la foule de la Gay Pride avec un utilitaire est d'extrême droite. Oui c'est l'extrême droite. Islamisme = extrême droite », a prétendu sur X une autre militante « anti-fasciste ».
En Allemagne, les mêmes réflexes ont été à l’œuvre, entre appels à ne pas « instrumentaliser » l’attentat, dénonciation du « racisme » et reportages assurant que « la communauté queer se sent menacée avant tout par les forces de droite »… On a également vu une activiste LGBTQ+ à Berlin, le lendemain de l’attaque, exprimer un regret étonnant mais hautement signifiant : « J’avais espéré que l’attaquant ne soit pas un étranger, mais un Blanc chrétien »

Voilà tout le paradoxe de la gauche intersectionnelle. Elle prétend défendre simultanément les minorités sexuelles et l’islam, considéré moins comme une idéologie potentiellement critiquable que comme l’attribut sacré d’une population éternellement dominée. Lorsque les deux causes entrent brutalement en collision, le logiciel se bloque. Qu’un musulman assassine froidement des homosexuels devient dès lors une anomalie presque impossible à penser.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

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