Saint-Denis : Stéphane Bern mène 1-0 face à Bally Bagayoko

Pour la restauration de la nécropole des rois, la compétence a primé sur le statut politique.
Fusion image capture LCI et portrait de Stéphane Bern
Fusion image capture LCI et portrait de Stéphane Bern

L'élection de Stéphane Bern à la présidence de l'association « Suivez la flèche » chargée de piloter la reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis ne s'est pas déroulée sans tensions. En effet, le politique s'est rapidement invité dans ce vote à travers le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui n'a manifestement pas apprécié l'issue du scrutin. Le conseil d'administration a, finalement, choisi de confier cette responsabilité à une personnalité dont l'expérience, le réseau et l'engagement en faveur du patrimoine sont unanimement reconnus, privilégiant ainsi, par un vote démocratique, les vraies compétences au statut politique.

Une présidence qui n'appartient à personne

Créée en 2016, l'association « Suivez la flèche » assure le suivi de la reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique de Saint-Denis, disparue après les dégâts provoqués par la foudre en 1837, avant d'être démontée en 1847 sous la direction d'Eugène Viollet-le-Duc. Depuis le lancement du chantier en 2025, elle a alors réuni de nombreux acteurs, des spécialistes du patrimoine et des partenaires privés autour d'un objectif commun : redonner à ce monument chrétien sa flèche disparue, montant vers le ciel telle une prière.

À l'approche de l'élection du nouveau président de l'association, Bally Bagayoko a publiquement estimé que cette fonction devait naturellement revenir au maire de Saint-Denis, comme ce fut le cas de ses prédécesseurs - Patrick Braouezec, puis Mathieu Hanotin. Le conseil d'administration a toutefois rappelé qu'une telle présidence n’était rattachée à aucun mandat municipal et n’en n’était pas la propriété. Il a ainsi préféré porter son choix sur une personnalité dont la capacité à promouvoir le patrimoine, à mobiliser des mécènes et à donner une visibilité nationale au projet est largement reconnue : Stéphane Bern.

À la suite de cette décision, Bally Bagayoko a retiré sa candidature et n'a pas assisté au vote presque unanime (deux abstentions ayant été notées) qui a porté Stéphane Bern à la présidence de l'association. Mauvais joueurs, plusieurs proches du maire insoumis ont quitté la réunion, dénonçant des « manquements juridiques ». De son côté, Bally Bagayoko, vexé et touché dans son orgueil, a fustigé « une candidature sollicitée par des représentants de l'État sur la base d'une argumentation politique », une déclaration complotiste digne de Jean-Luc Mélenchon face à la défaite.

La compétence au service des Français et du patrimoine

Le choix de Stéphane Bern apparaît avant tout comme la reconnaissance d’un ensemble de compétences éprouvées. Depuis plus de vingt ans, l'animateur, écrivain et défenseur du patrimoine s'est imposé comme l'un de ses plus fervents ambassadeurs de notre culture. Grâce à ses nombreuses émissions, aux missions que lui a confiées l'État sur le patrimoine en péril et au Loto du patrimoine lancé en 2018, il a largement contribué à sensibiliser le grand public et à mobiliser des financements en faveur de centaines de monuments. Son expérience dans la recherche de mécènes, sa connaissance des acteurs du patrimoine et sa notoriété constituent des atouts majeurs pour un chantier dont plusieurs millions d'euros restent encore à réunir.

Stéphane Bern a, d'ailleurs, tenu à désamorcer toute polémique liée à son élection en déclarant au Figaro : « Je me suis présenté non pas contre le maire, mais dans une optique de rassemblement et d'unité, ce chantier nous dépassant tous. [...] Je n'ai aucune envie de rentrer dans l'arène politique, surtout dans cette période préélectorale. Mon seul parti, c'est le patrimoine. » Il a également proposé qu'une vice-présidente issue de la municipalité rejoigne la gouvernance de l'association, témoignant ainsi de sa volonté d'associer l'ensemble des acteurs locaux à la réussite de ce projet patrimonial. Cette décision illustre la volonté de Stéphane Bern de privilégier le bien commun aux ambitions personnelles, de servir les autres plutôt que de se servir soi-même. À l'inverse, les réactions de Bally Bagayoko après son éviction traduisent sa difficulté à accepter une décision pourtant prise conformément aux statuts de l'association et à comprendre que tout maire de Saint-Denis qu'il est, il n'est pas le maître.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur BV- Histoire, patrimoine, culture

Vos commentaires

11 commentaires

  1. Ouf ! on aura échappé au pire. Il est évident que M. Stéphane Bern ne boxe pas dans la même catégorie que le maire de Saint-Denis sur les questions de préservation et de restauration du patrimoine, son carnet d’adresses doit être en conséquence et sa bonne volonté ne fait aucun doute.
    Quant à ses gens qui refusent systématiquement de se conformer aux résultats d’élections quand ils ne leur conviennent pas et qui se permettent d’évoquer des « manquements juridiques », c’est le comble ! C’est tout de même incroyable des les entendre systématiquement se présenter comme les victimes d’un complot, comme s’ils étaient le centre du monde et que la terre entière leur en voulait. En réalité, ils ne sont rien, ne représentent qu’eux-mêmes et le monde entier les ignore, ce qu’ils ont du mal à accepter.

  2. Heureusement que Stéphane Bern est arrivé pour nous sauver la mise pour la restauration de la flèche de St Denis, une flèche de cathédrale aussi belle que st Denis à la sauce Bagayoco, je n’ose même pas y penser : un minaret à la place de la flèche …. !!! on peut imaginer le pire.

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