Laurent Fabius artiste peintre ? Le monde de l’art ouvre grand son portefeuille
Le Président Giscard d’Estaing s’étant lancé dans le roman de gare, une fois la retraite venue, il se vit offrir un fauteuil à l’Académie française. Laurent Fabius préfère la peinture. À près de 80 ans (le 20 août prochain), au terme d’une longue carrière sous les lambris de la République, le voici qui expose ses toiles simultanément dans deux galeries parisiennes : la galerie Joseph, jusqu’au 20 juin, puis la galerie Art absolument, du 18 juin au 25 juillet. Si le catalogue est prestigieux, les toiles sont sans surprise.
Les bonnes fées et les « regardeurs »
Sans méchanceté, on dira que si l’ancien Premier ministre de Mitterrand, ancien ministre à répétition et ancien président du Conseil constitutionnel, n’était pas qui il fut – un éléphant de la politique –, sa production artistique, ni bonne ni mauvaise, ne serait pas accrochée aux cimaises des galeries parisiennes. Mais Fabius est Fabius, sur la scène depuis cinquante ans, et l’annonce de sa reconversion est dans toute la presse.
Le « storytelling », comme on dit à Choose France, est charmant : c’est sa compagne qui, voilà quinze ans, lui a offert à Noël une boîte de couleurs, le mettant au défi. Il s’est appliqué et voilà le résultat. L’ancien Premier la joue modeste, dit qu’il n’attend qu’une chose : qu’on aime sa peinture sans songer à celui qui tient le manche. Pardi !
Les prix ne sont pas ceux d’un débutant : de 5.000 à 20.000 euros la toile. Il est vrai que chez ces gens-là, on ne compte pas. Le catalogue est à l’avenant. Dans l’introduction de l’artiste, rédigée à la première personne, le « regardeur », qu’il préfère au mot spectateur, est invité à découvrir « l’importance et le travail de la matière picturale, la force visuelle et musicale des couleurs, le rôle des titres et surtout la totale liberté de création qui donne son unité à mes tableaux et son titre à mon exposition ». La définition de la peinture, en somme… Son souhait : « Que les regardeurs éprouvent autant de plaisir et d’émotions à regarder mes toiles que j’en ai éprouvés en les peignant. » S’ensuivent trois pages de la commissaire d’exposition Domitille d’Orgeval, puis trois autres pages signées Audrey Azoulay, ancien ministre de la Culture et ancienne directrice générale de l’UNESCO, puis encore deux pages de l’autre commissaire d’exposition, Mme Shen Qilan. Entre les reproductions, sept pages de « dialogue » entre Domitille d’Orgeval et Laurent Fabius et, pour finir, quatre pages de discussion avec Chat GPT. Ça cause beaucoup - c’est le propre de l’art dit contemporain.
« Il entre dans le marché de l’art, avec ses règles, ses intermédiaires et ses acheteurs »
Il serait trop simple de ranger cette histoire dans les pages people. Le site parlons-politique pose les bonnes questions. Bien qu’il présente sa première exposition parisienne (et française), Laurent Fabius ne se contente évidemment pas de présenter une œuvre naissante. Par son statut, « il entre dans le marché de l’art, avec ses règles, ses intermédiaires et ses acheteurs ».
En effet, la question n’est pas de savoir si sa peinture plaît ou non, mais « de comprendre ce que permet le statut de l’auteur ». À l’évidence, « un ancien chef de gouvernement ne part pas avec les mêmes cartes qu’un peintre débutant. Son nom ouvre des portes. Il attire les regards. Il facilite la mise en visibilité d’une exposition et, potentiellement, la valeur des œuvres. Dans ce cas précis, le prestige politique devient un atout culturel, puis commercial. » Bien sûr, ce peut être aussi un désavantage. Le regardeur s'interroge : y a-t-il quelque chose derrière « le fait divers mondain » ?
L’interrogation n’est pas seulement artistique, bien sûr, mais elle l’est aussi. Sans réponse, non plus, car il se peut que les toiles de Laurent Fabius trouvent des acheteurs, et il se peut fort bien que leur qualité artistique n’en soit pas la raison.
Le précédent de Laurence Auzière, fille de Brigitte Macron
La fille aînée de Brigitte Macron, Laurence Auzière, est, elle aussi, passée à l’art contemporain. Elle travaille en duo avec son nouveau compagnon, cardiologue tout comme elle. Ils signent leurs œuvres à quatre mains du pseudo « Laurence Graffensttaden ».
De son vrai nom Matthieu Gasser, le monsieur a «inventé tout un concept ». Comme d’autres ont fait fortune en photographiant votre iris, lui a eu l’idée de réaliser des « portraits cellulaires, c’est-à-dire des œuvres créées à partir de cellules humaines prélevées dans la salive, sur la langue ou encore à l’intérieur de la joue, via un simple frottis ». Simple comme une lamelle sous un microscope, les prélèvements sont envoyés à un laboratoire, puis les cellules sont « colorées avec une coloration scientifique, avant d’être retravaillées graphiquement à la peinture acrylique ». « C’est chié, non ? », comme disait Jack Lang.
C’est Laurence Auzière qui « retravaille les couleurs à l’aide de palettes numériques ». Du grand art. Vite fait bien fait, puisqu’un an après s’être lancé, « le duo Laurence Graffensttaden expose ses créations lors de la Moderne Art Fair, un rendez-vous dédié à l’art moderne, contemporain et au design, organisé à Paris » en octobre 2023. Et plus fort encore : « Un an plus tard, Laurence Auzière et Matthieu Gasser annoncent sur leur compte Instagram professionnel « graffensttaden » que leurs portraits rejoignent les collections permanentes de l’Institut du monde arabe et remercient son directeur, Jack Lang, avec un sobre émoji symbolisant un geste de prière. » « C’est chié, non ? » (bis)
Conclusion : qu'elles plaisent ou non, il se peut fort bien que, finalement, les toiles de Laurent Fabius s’en aillent rejoindre non pas des collections privées mais des collections d’État, payées par vos impôts. « Ce serait chié, non ? » (ter)
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64 commentaires
Il doit être très bon dans la gamme des rouge-sang et sanguines…
Il va avoir plein d’acheteurs utilisant des fonds publics pour acheter ses oeuvres. C’est plus efficace (et gratuit pour l’initiateur de l’achat) que de faire des dons aux Oeuvres de la Police et moins risqué qu’offrir les services d’une call girl à un magistrat.
La forfaiture et le narcissisme
n’ont aucune limite pour ce gredin.
premier client :mac kinsey???? avec noter argent !