Logo contre blason : et si les villes se réappropriaient leurs armoiries ?
Sous l'Ancien Régime, en suivant l’exemple des chevaliers et de leurs armoiries, métiers, confréries et villes se dotent de blasons. Cet emblème permet aux communes de se distinguer les unes des autres, mais aussi d'authentifier des documents et de montrer leur puissance. Ces blasons répondent à des règles et sont composés de différents symboles qui ont une signification. Ils font référence à l’histoire et aux qualités de la ville.
Petit à petit, à notre époque où les hommes pensent toujours pouvoir faire mieux que leurs ancêtres, ces armoiries ont été remplacées ou stylisées. Au fil du temps, elles ont laissé place à des identités visuelles sans âme et oubliant des pans entiers de l'Histoire. C’était le cas à Liévin, dans le Pas-de-Calais ; ça ne l’est plus. Le maire de la commune, Dany Paiva (RN), élu en mars dernier, a décidé de renouer avec le passé visuel de sa commune. Le 11 mai, il a annoncé par voie de communiqué renoncer au logo de la ville pour revenir à un emblème « directement inspiré du blason historique liévinois ».
🔴🟡 Nouveau logo et nouvelle charte graphique pour Liévin : notre ville change son image ! 🔥
Directement inspirée du blason historique liévinois, cette nouvelle identité visuelle réaffirme notre attachement à l’histoire de Liévin.
- L’écu (le bouclier central)
Ce motif est… pic.twitter.com/rjEPLjVzc3— Dany Paiva (@DanyPaiva__) May 11, 2026
Le blason, un héritage
Fini, les lettres faussement manuscrites et le bouclier déstructuré. Liévin est désormais représenté par un écu, « hérité des anciennes armoiries seigneuriales de la famille de Liévin, les anciens maîtres du territoire », une couronne murale, « symbole classique des villes et communes en héraldique », deux torchères d’or enflammées de rouge qui « rappellent la production d’essences de synthèse, une activité industrielle directement liée à l’exploitation du charbon dans le bassin minier », « deux branches de fougère d’or évoquant les fossiles de fougère que remontaient les mineurs de charbon du fond des puits » et une croix de guerre qui « honore les sacrifices de la population liévinoise lors des deux guerres mondiales* ». Chaque détail a un sens et, de fait, ce retour aux sources et à l’Histoire a du sens.
Dany Paiva n’est pas le premier maire à faire ce choix hautement symbolique de remettre l’Histoire au centre de la ville et de sa communication. Avant lui, Julien Sanchez, l’ancien maire RN de Beaucaire dans le Gard, avait fait de même. En 2018, il a présenté à ses administrés le nouveau logo de la ville, à savoir l’ancien blason, en insistant sur le fait qu’il représentait les traditions, les racines et l’identité de la commune.
Bravo @DanyPaiva__ ! 👏
Remplacer les logos ringards par les armoiries restylisées des villes est une mesure symbolique et peu onéreuse pour les réenraciner dans leur histoire et leur identité.
Toutes les mairies patriotes doivent le faire.
On l’avait fait à @beaucaire30 avec… https://t.co/kwOvha8GZH pic.twitter.com/tgXGnr5cqC— Damien Rieu (@DamienRieu) May 12, 2026
Ces deux édiles peuvent-ils faire des émules ? C’est le vœu de Damien Rieu, qui interpelle le maire de Carcassonne, sur X, pour qu’il en fasse de même. Christophe Barthès, qui a beaucoup fait parler de lui en deux mois pour des prises de position patriotiques, pourrait bien se laisser tenter. Il n’est pas le seul car, partout en France, de nombreuses villes ont sacrifié leur blason pour un affreux logo prétendument moderne.
Le logo, une modernité ringarde
C’est le cas de plusieurs communes désormais dirigées par le Rassemblement national, parti souvent plus enclin à faire honneur aux traditions, comme La Seyne-sur-Mer, Fréjus, Montauban, Castres, Montargis, La Flèche, Vierzon…
Cela dit, si d’autres édiles trouvent l’idée de remettre les armoiries de leurs communes en avant intéressante, qu’ils ne s’en privent pas. Ce n’est pas chose réservée à la droite. En 2022, Benoît Payan a lui aussi supprimé le logo de Marseille pour réadopter le blason de la cité phocéenne composé d’une couronne, d’un trident qui symbolise la mer et le voyage, d’un taureau signe de patience, de travail et d’agriculture, d’une croix bleue pour la foi et la fidélité, d’un caducée symbole du commerce et d’un lion figurant la force, la puissance et la vigilance. La devise de la ville, Actibus immensis urbs fulget Massiliensis, signifiant « la ville de Marseille resplendit par ses hauts faits », est également présente en bas des armoiries.
Si le maire de Marseille, que nul ne peut accuser d’être identitaire, peut le faire, pourquoi pas ceux des autres grandes et moins grandes villes de France ? Mesdames et Messieurs les maires de Paris, Toulouse, Nantes, Montpellier, Strasbourg, Bordeaux, Lille, Rennes et autres, n’ayez pas peur d'abandonner vos logos faussement modernes et réellement ringards pour faire honneur à votre Histoire et à vos racines sans que cela ne coûte grand-chose, ce qui, par les temps qui courent, n’est pas négligeable. À bon entendeur…
* NDLR : la ville de Liévin fut décorée de la croix de guerre 14-18 à la suite des destructions qu'elle subit durant la Grande Guerre. La décoration lui fut remise en 1920.
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25 commentaires
L’idée est bonne, mais dans ces temps de crise économique. Changer le logo coûte une fortune ( papier en tête. Signalisation, +++). Et donc est ce vraiment utile .. oui sur le fond. Mais non pour les finances de ces villes
Enfin quelqu’un qui réflchit un peu !
Vive le Blason !
BRAVO!
L’immense envie de réappropriation de l’identité française voire régionale va gagner de plus en plus de terrain . 2027 sera une année charnière qui va sûrement marquer les esprits et bouleverser la société dans son ensemble !
Excellente idée, ce qui me fait penser à cette anomalie concernant la dénomination des clubs sportifs « professionnels » du nom de la ville en question.
Imaginerait-on une entreprise commerciale ou industrielle, comme un fast-food, de pompes funèbres, de centre commercial, de traitement des déchets … prendre le nom de sa propre ville.
Les FC Metz, OGC Nice, Paris Saint Germain, Toulouse FC se sont accaparés, par convenance, la dénomination des villes, probablement, sans aucun accord formel. En Alsace, j’ai fait supprimer le nom d’un fast-food du nom de Mc Doner, Mac Do n’a pas apprécié et c’est tant mieux.
C’est d’autant plus ridicule que dans ces clubs qui portent le nom d’une ville, les 3/4 des joueurs
sont des étrangers qui se vendent et s’achètent (très cher) comme des petits pains …
Quant à l’identité culturelle via un passé lointain, grosses dépenses en vue, on est fauchés !
Qu’il est réconfortant de voir qu’enfin la réappropriation de notre histoire soit enfin comprise. C’est une chance pour que notre culture ne disparaisse pas.
Je vote pour sans hésiter
Le blason c’est l’histoire, le logo c’est le commerce
Bien
« Sur le chêne foudroyé de la vieille Europe il est poussé un rameau vert »
Saint-Paulien
Très belle citation ; la nature montre l’exemple.
OUI, tout àfait d’accord, la France a une histoire, et je trouve normal, que les villes etr les villages dévoilent leur blason au fronton dess Mairies.
Y pensez vous ?! Dans beaucoup de ces blasons multiséculaires il y a des croix, des fleurs de lys et même (à Montpellier) la vierge Marie. Ce serait donc facho, anti laïque, extrémiste, raciste, islamophobe ! Imaginez Bagayoko sous le blason de Saint-Denis (supprimé en 2022) : trois fleurs de lys, la crosse de l’évêque, l’épée des croisés !
Oui, les blasons racontent une histoire, cette histoire est chrétienne et remonte au temps où la France était un royaume. C’est notre passé, c’est là d’où nous venons, pas de quoi en faire en maladie … sauf pour certains !
Pour l’Histoire et les hitoires, on peut aussi ouvrir un livre. Ca coûte moins cher !
Il serait temps que le beau revienne et les blasons c’est une excellente idée. On peut même le faire pour les métiers, c’est souvent un gage de qualité la tradition.
Heureuse idée. A l’heure où le communautarisme fragmente, divise la population comme jamais, la symbolique des traditions et de l’histoire souligne le lien d’appartenance à une même ville, « un corps de ville » comme on disait jadis.
Eh oui, l’héraldique est une science et un art complexe, jadis on « blasonnait », c’est-à-dire qu’on décrivait les « armes » avec le vocabulaire codifié et on décodait littéralement un blason qui racontait l’histoire de celui qui l’arborait fièrement. Aujourd’hui tout est différent … le progrès est passé également par là, les tags hideux ont remplacé les armoiries d’antan.
Ça s’appelle « le progrès »…
Il serait bien de faire de même pour les régions quand elles correspondent à d’anciennes provinces, afin de bannir ces logos hideux (qui ont bien dû engraisser quelque cabinet de « design ») Il est symptomatique que seules les armées et la gendarmerie ont conservé sur leurs insignes les armoiries des provinces ou des villes.
Exception : la région Occitanie (dirigée par une socialiste ) associe la croix de occitane et l’armoirie du Roussillon.