L’Iran exhorte la France à « écouter son peuple » : il fallait oser !

NASSER KANAANI

C'est sur Twitter que le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Nasser Kanani, a lâché, vendredi 24 mars, une petite bombe médiatique. Rien de spectaculaire, bien sûr, mais sans doute la suite visible du déclin de l'hégémonie occidentale, en même temps que la fin de la séparation du monde en blocs hermétiques.

S'exprimant sur les émeutes, les grèves, les troubles qui succèdent à l'adoption, par le 49.3, de la réforme des retraites, Nasser Kanani commence par « Qui sème le vent récolte la tempête », et s'explique aussitôt : « Cette sorte de violence contredit le fait de donner aux autres des leçons de morale. » On se souvient qu'après la mort, en Iran, de la jeune Mahsa Amini, décédée en garde à vue parce qu'elle portait mal son voile, la France s'était empressée d'emboucher, à juste titre, le clairon de la liberté, des valeurs « universelles » et tutti quanti. Réponse basique du berger à la bergère, donc, diront les mauvais esprits. Il fallait oser !

Et ce porte-parole de poursuivre : « Nous ne soutenons pas les destructions ni les émeutes, mais nous maintenons qu'au lieu de créer le chaos dans d'autres pays, vous devriez écouter la voix de votre peuple et éviter de faire usage de violence à son égard. ». Alors là, bravo ! Évidemment que l'Iran ne soutient ni les destructions ni les émeutes, et il est même probable que les Gardiens de la révolution ne prendraient pas de gants pour les réprimer. Le plus intéressant, ce n'est pas cela : c'est que la France a effectivement essayé pendant des années, comme son suzerain américain, de déstabiliser des pays qui ne pensaient pas comme eux, c'est-à-dire pas comme l'Occident libéral, qui deviendrait bientôt décadent. C'est aussi qu'Emmanuel Macron, qui va de ville en ville et, parfois, de bar en bar, pour exporter les « valeurs » occidentales, l'écoute, la bienveillance et la co-construction, vient de prouver une nouvelle fois qu'il méprisait son peuple et qu'il n'avait strictement rien appris de la révolte des gilets jaunes. Rien.

Nous aimons nous faire peur avec le mythe de la révolution, avec les émeutes, la crise sociale, la crise des institutions, mais en fin de compte, à part les voyous d'extrême gauche, chacun rentre chez soi mettre son masque, faire son vaccin et payer ses impôts. Pour les faits qui menacent notre peuple (meurtre de Lola, meurtre d'Axelle Dorier, pour ne citer que les plus spectaculaires), il n'y a personne dans la rue, ou tout du moins pas grand-monde. Nous offrons au monde une bien triste image.

Est-ce que ça commence à « craquer » en France ? Comme dirait Xav Maréchal (Alain Delon) dans l'excellent Mort d'un pourri (1979), « si on parle du même pays, je pense même que ça craque depuis les derniers Valois ». Mais cette fois, les pays « du Sud » ne se contentent pas d'un silence (avant-hier poli, hier méprisant). L'Iran est un pays brillant, héritier d'une civilisation millénaire - l'une des plus fascinantes du monde. Un pays où sévit depuis des décennies un régime exécrable qui se permet aujourd'hui de renvoyer la France à la contemplation de son propre déclin. Terrifiante descente aux enfers.

Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

36 commentaires

  1. l’ IRAN a l’outrecuidance de dire que la FRANCE devrait écouter son peuple ! Déjà l’ IRAN n’écoute absolument pas son peuple , mais en plus il le tyrannise . Des femmes se font assassiner et même les hommes qui les soutiennent , parce qu’elles ne veulent plus porter ce voile de la soumission . Ce pays à lui seul est une ignominie .

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