35e sur 49 et dernière position dans l’Union européenne ! Ce classement, de 2016, révèle le rang international de la France concernant le niveau de ses écoliers en mathématiques. Depuis, les réformes de l’Éducation nationale n’ont rien changé dans ce bilan catastrophique. Il faut croire qu’il ne suffit pas d’équiper nos enfants de tablettes ou de tableau blanc interactif, ni de changer les programmes ou le rythme scolaire pour améliorer l’instruction de nos chers bambins. La déconstruction a un prix.

Et il est probable que cette enquête CEDRE (Cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillons), publiée le 30 septembre par le département d’études statistiques du ministère (DEPP/Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) sur les performances des élèves de CM2 en arithmétique et en géométrie, fasse peu de bruit, tant les résultats sont mauvais. « Alors qu’entre 2008 et 2014, le score moyen était resté stable, il baisse de 17 points en 2019 pour atteindre 232 points », lit-on dans l’analyse fort instructive sur notre dégringolade intellectuelle. Plus loin, on apprend que les élèves interrogés sur le rapport à cette discipline témoignent d’une « dégradation de l’attractivité des mathématiques ».

Sans surprise, l’étude révèle également une corrélation selon le profil social des écoles, les élèves des milieux populaires connaissant plus de difficultés. Par contre, « la baisse des performances entre 2014 et 2019 ne concerne pas les élèves appartenant aux écoles les plus favorisées » et « elle n’affecte pas les élèves des écoles du secteur privé ». Inutile de préciser que les écoles hors contrat n’ont pas été interrogées dans le cadre de cette étude. Il serait subversif de constater que, lorsque les familles prennent en charge leur école, au prix souvent de sacrifices financiers, celle-ci parvient à dispenser un enseignement de qualité.

Toujours selon l’étude, seul un écolier sur cinq saura réutiliser ses leçons dans la vie quotidienne. Enfin, « les élèves […] entrent en très grande majorité en sixième. Ils ne maîtrisent pas suffisamment les notions mathématiques attendues en fin d’école primaire pour aborder pleinement les apprentissages au collège. » Cette fois-ci, le confinement et la continuité pédagogique ne peuvent être invoqués pour justifier ce bilan calamiteux. Dormez bien, le DEPP nous assure que « les élèves ont appris de manière satisfaisante » pendant la crise sanitaire. Enfin, le niveau des troisièmes a également été mesuré et la tendance est sensiblement la même. Nos enfants ainsi par le bas nivelés, ces bons petits crétins digitalisés, risquent de se retrouver bien mal armés face à la concurrence de l’espace européen de l’enseignement supérieur…

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