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Editoriaux - Politique - Religion - 19 mai 2018

L’Émission politique : à la télé comme sur un ring, le public veut du sang

Dans “L’Émission politique” de jeudi soir, pas de débat. Pas de face-à-face. Ils défilent l’un après l’autre, comme dans un entretien d’embauche : “Allez, dites-nous pourquoi vous êtes le meilleur.”

Heureusement, comme dans “Koh-Lanta”, il y a des épreuves.

Premier “test” : chacun doit apporter un objet.

Pour Mélenchon, ce sera… des ciseaux ! Qu’il ait envie de la couper à tout le monde ne faisait aucun doute.

À Raphaël Enthoven, qui l’interroge (deuxième épreuve) sur sa personnalité, il lance : “C’est pas une question… La question, c’est : est-ce que vous êtes un gros menteur ou juste un énervé ?”

Chacun a droit, in fine, à une “carte blanche” (troisième et dernier test).

Pour Mélenchon, ce sera : souveraineté. Il dénonce notre suivisme de la politique américaine : “Est-ce que les Français savent que nous avons 30.000 hommes hors des frontières ?” C’est un scandale. Un petit air de Marchais défendant l’URSS entrant en Afghanistan…

L’objet de Wauquiez ? Les bulletins de retraite d’un couple, spoliés tous deux de 400 euros par an. Questionné – et critiqué – par Philippe Tesson, il répond en substance, sarcastique : comment une sorte d’histrion parisien peut-il juger de la politique d’un homme élu par huit millions de personnes ? Sa carte blanche sera : retrouver la France, sa prospérité pour tous, sa sécurité (en expulser les fichés S)…

Castaner, lui, succède et lui répond : les fichés S ? On n’y touche pas, il faut respecter le droit ! Les musulmans, du reste, ne sont pas dangereux. C’est en substance une religion de paix. Tenez, lui, il a été visé par un attentat d’extrême droite ; pour autant, il ne dit pas que tous les nationalistes sont des assassins… Je connais cette théorie, a-t-on envie de lui dire…

C’est le tour d’. F.A.U.R.E. Patron du PS, personne ne le connaît, mais personne, après sa prestation, n’aura sans doute vraiment envie de le connaître.
Extrait : pour empêcher le blocage des facs par les étudiants, il faut répondre à leurs inquiétudes. Il a vu les photos de Tolbiac, lui ? La question que lui pose Romain Goupil – “convergence ou divergence des luttes ?” – a failli nous passionner. Mais pas la réponse…

L’objet de intrigue : c’est une plante sans racines, “comme la France d’, dit elle.

Le reste ressemble à un match de ping-pong :

– Vous approuvez Israël ?
– J’ai dit que je pouvais comprendre mais qu’il faut une enquête.

– Collomb parle, lui aussi, de submersion migratoire.
– Ça prouve qu’il sait, mais il ne fait rien…

– Estrosi dit que Macron va plus loin que la droite.
– Estrosi est devenu gauchiste !

Puis Boris Cyrulnik pose sa question : “L’immigration va s’amplifier. Que faire ? intégration ? Assimilation ?” La réponse fuse, là aussi, rapide et précise : “Assimilation ! L’intégration aboutit à la dés-intégration.”

Enfin, l’estocade donnée par Léa Salamé : “Comment allez-vous, depuis un an ?” “Comme disait Mandela, je perds ou j’apprends. J’ai appris.”

Oups ! Game over. Mais elle nous a réveillés.

Cependant, le sondage révélera que ce n’est pas elle qui a gagné. Mélenchon est premier, Wauquez deuxième.

Elle n’a pas assez agressé son questionneur.

Comme sur un ring, dans ce genre d’émission, le public veut du sang.

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