Olivier Rey fait son entrée à l’Académie des sciences morales et politiques

Cette nomination consacre l’une des voix les plus singulières de la pensée française contemporaine.
Photo BV
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À l’heure où le débat public semble dominé par l’instantanéité, l’entrée de l’intellectuel Olivier Rey à l’Académie des sciences morales et politiques apparaît comme un événement intellectuel singulier. À la fois philosophe, mathématicien, essayiste, critique lucide de la modernité trop technicienne, l’auteur de Quand le monde s’est fait nombre (Stock) ou d’Une question de taille (Litos) rejoint cette institution célèbre, mais souvent perçue comme discrète. Pourtant, elle demeure l’un des lieux les plus symboliques de la vie intellectuelle française.

À contre-courant de la doxa

Cette nomination n’est pas anodine. En effet, elle intervient dans un contexte de crise profonde de la transmission, d’effondrement du niveau scolaire et de remise en cause des humanités classiques. Depuis plusieurs années, maintenant, Olivier Rey développe une réflexion à contre-courant du discours dominant, notamment dans les médias mainstream, sur le progrès et sur l’innovation permanente. Dans ses travaux, il a pour habitude de s'interroger sur les conséquences d’un monde dirigé par les nombres et les logiques technocratiques. Une sorte de bouffée d’air frais.

Pour rappel, Olivier Rey était intervenu lors du colloque « Urgence, Françaises en danger ! » organisé par Boulevard Voltaire, le 30 janvier dernier. Il avait alors développé sa réflexion sur les causes de la dénatalité en France en évoquant, notamment, les raisons économiques qui peuvent entrer en ligne de compte. « L’économie est là pour servir la vie, non pour la régenter, et si le souci économique en vient à s’opposer à la vie, nous avons manifestement affaire à une perversion », avait-il alors expliqué. Tout en poursuivant sur « les malaises contemporains qui traversent nos sociétés occidentales, tels que la dépression ou les problèmes psychiatriques divers, qui tiennent à des existences menées en décalage croissant avec l’expression de nos facultés naturelles ». De fait, il affirmait également que « nous ne sommes pas faits pour ne pas engendrer, le fait d’avoir des enfants et de les élever appartient au premier chef à des facultés naturelles, et des existences qui laissent cette faculté en jachère sont des existences tronquées ». Fidèle à sa démarche intellectuelle, Olivier Rey avait abordé ces questions à travers une réflexion profonde, éloignée des discours souvent relayés dans certains médias.

Une nomination qui détonne

Son entrée à l’Académie des sciences morales et politiques peut ainsi être lue comme le signe d’un retour de pensée critique face à certaines dérives contemporaines. En effet, Olivier Rey occupe une place particulière dans le paysage intellectuel français, puisqu’il est éloigné des conformismes universitaires comme des postures médiatiques. Il est parvenu à s’imposer comme l’un des penseurs des limites, qu’elles soient politiques ou culturelles.

Le choix de l’Académie des sciences morales et politiques peut donc paraître surprenant puisqu’il détonne dans une époque fascinée par la disruption et la communication immédiate. Voir une telle élection avoir lieu a quelque chose de presque contre-culturel, dans la société française de 2026, et de rassurant.

Vos commentaires

13 commentaires

  1. C’est quoi encore ce machin « Académie des sciences morales et politiques » ?
    Combien ça coûte et à quoi ça sert ?
    Il faut que tout cela cesse ! Rendez l’argent aux travailleurs !

  2. Un homme discret dont la parole devait être entendue par l’ensemble de la communauté académique, scientifique et politique, si tant est qu’il en est la volonté.

  3.  » Académie des sciences morales et politiques  »
    vous n’avez pas l’impression que, aujourd’hui, en France, c’est un oxymore ?

  4. Oui c’est une lumière au bout de notre tunnel , en effet . Nous sommes dans la démonstration de la realité tangible du symbole du Ying et du Yang .
    Alors que les ténèbres de la corruption , de l’incompétence et de l’inculture crasse ont envahi nos élites et nos soi-disant grandes écoles , cette nomination fait partie des petits points blancs que la marée noire de l »obscurantisme électronique essaye de noyer . Avec laurent Obertone , Jean Semmilla et Houellebecque il fait parti des rares sachants à avoir dénoncé nos dérives mortiféres et à proposer comme Vladimir Volkoff en son temps les vraies solutions pour en sortir .

    • Pas de défaitisme ! Laissons lui le temps de montrer sa différence. Je gage que BV nous tiendra informés.

Commentaires fermés.

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