Editoriaux - Histoire - 14 avril 2019

Le président mexicain Obrador exige des excuses pour la colonisation espagnole

L’excellent président du Mexique Andrés Manuel López Obrador a exigé récemment, toutes affaires cessantes, du pape et du roi d’Espagne des excuses pour les exactions d’Hernán Cortés à l’égard des indigènes à l’occasion de la conquête du Mexique.

On ne peut qu’appuyer cette demande marquée au coin du bon sens, Cortés ayant assimilé avec une rapidité confondante les codes de civilité des Aztèques et des Mayas à qui il aurait emprunté la pittoresque coutume de l’holocauste humain de masse, comme le soutiennent nos indigénistes. Classique phénomène d’acculturation qui corrobore, d’ailleurs, la thèse du mimétisme sacrificiel de René Girard, mais là n’est pas la question.

Non seulement le mâle blanc, occidental, sûr de lui et dominateur, vole aux Aztèques et aux Mayas un élément immatériel du patrimoine de leur humanité sans leur payer les droits d’auteur, mais il faudrait qu’en plus les Mexicains lui en garantissent l’exclusivité ! Cette prétention à l’universel – à la catholicité, en quelque sorte – est bien son infamante marque de fabrique, autrefois défendue par Philippe II au nom de la pureté de la foi.

On ne voit pas comment le pape François pourrait couper aux excuses, d’autant que l’opprobre ciblée sur Cortés permet de solder, d’un même coup, les dommages collatéraux entraînés par les Cristeros dont l’action néfaste a terni l’image humaniste du président Juárez et de sa politique progressiste. Quant au roi d’Espagne Philippe VI, descendant du Philippe II sur les terres duquel « le soleil ne se couchait jamais », il doit admettre l’incommensurable responsabilité de l’Espagne dans l’éradication d’une civilisation dont les seuls vestiges autres qu’archéologiques sont éparpillés à titre de chromosomes erratiques dans le sang des Mexicains.

Le président Obrador, nous assure-t-on, demandera pardon pour l’« extermination des peuples autochtones dans le Mexique indépendant, ainsi que pour les persécutions envers les immigrés chinois durant la Révolution mexicaine entre 1910 et 1920 ». Une telle magnanimité devrait obliger, en retour, les Cristeros, imperméables aux anciennes pratiques folkloriques aztèques remises à l’honneur par les révolutionnaires, à demander pardon pour avoir poussé le président Juárez à la sanglante répression menée contre eux ; et le roi d’Espagne à s’excuser pour les chromosomes hispaniques impurs déposés par Cortés et ses sbires dans le sang des Mexicains… Et, si possible, envisager leur retour en Espagne d’où ils n’auraient jamais dû sortir.

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