Le gui pour la nouvelle année, cette tradition plurimillénaire

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Parmi les traditions du Nouvel An, la boule de gui au centre de la pièce à vivre ou ornant le linteau des portes est une des plus anciennes. Elle est le symbole de la prospérité, de la chance et de la bonne santé ; que souhaiter de plus pour une bonne année ? La symbolique du gui est vraisemblablement née dans la culture celte, ce peuple européen de l’âge du fer (environ 800 avant Jésus-Christ).

Messager de la paix et de la fortune

Les Romains, conquérants des terres celtes, assimilèrent comme à leur habitude certaines traditions du peuple soumis. Ils introduisirent donc cette plante dans leur propre tradition culturelle. Le gui devint le messager de la prospérité, de la paix et de la fortune. Mais l'histoire du gui ne s'arrête pas là.

Dans la Rome antique, lors des Saturnales, le gui était utilisé pour confectionner des couronnes symbolisant l'abondance et la générosité. Cette coutume se fondit dans les célébrations du solstice d'hiver que la chrétienté avait largement absorbées, les remplaçant par la fête de Noël. De cette sorte, le gui a été mêlé aux traditions catholiques entourant la mémoire de la naissance du Christ. Une tradition de plus perpétuée par le christianisme. Le Moyen Âge vit le gui s'enraciner davantage dans les traditions hivernales. Suspendre des boules de gui au-dessus des portes était censé conjurer les malédictions, et le baiser sous le gui symbolisait l'union, l'amour et la paix. La tradition évolua encore au fil des siècles, se déployant dans une symphonie de coutumes colorées et souvent méconnues.

Le gui n'a pas gagné ce statut quasi officiel par hasard : cette plante était utilisée dans l'Antiquité pour des rituels de guérison et de fertilité. Les druides le considéraient comme un remède précieux, il était coupé à l’aide d’une serpe en or afin de lui conserver toutes ses bonnes propriétés. Dans la Grèce ancienne, il était associé à Aphrodite, déesse de l'amour, symbolisant la passion et la connexion entre les êtres.

Une plante captivante

Au cœur du folklore du gui se trouve une dualité surprenante. Cette plante est une intruse, un parasite qui s'accroche aux arbres hôtes pour se nourrir de leur sève tout en créant une alliance par le biais de la photosynthèse. Les anciens Vikings, guerriers redoutables croyant en la magie, utilisaient le gui pour tenter de ressusciter les défunts, ajoutant une dimension mystique à la plante. C'est pourquoi, à la fin des combats, ils ornaient le corps défunt des combattants de bouquets de gui qu'ils plaçaient sur leur poitrine.

Chaque année, lorsque les boules de gui resplendissent dans nos maisons, elles portent ainsi une richesse d'Histoire et de croyances. La tradition persiste, tissant sa toile lumineuse à travers le temps, offrant aux festivités de fin d'année une touche intemporelle, reflet de notre civilisation.

Raphaelle Claisse
Raphaelle Claisse
Journaliste stagiaire à BV. Etudiante école de journalisme.

Vos commentaires

14 commentaires

  1. Ma grand-mère Ecossaise exigait que tous les jeunes couples annonçent leurs fiançailles sous le Mistletoe !

  2.  » Au gui l’an neuf ! » . Je ne manque quasiment jamais d’aller ( de requérir) en récolter en forêt. J’avoue que depuis 49 ans voire 66, je commence à avoir des doutes sur le message de « porteur de chance »; mais l’essentiel est de persévérer, n’est-ce-pas ? Quand les prières de l’octave de Décembre sont inopérantes, on rajoute un peu de magie profane..

  3. Celà s’appelle : joindre l’utile à l’agréable. En effet, il est bon de rappeler que le gui est un parasite essentiellement des pommiers et des peupliers. Le séparer de l’arbre prolonge la vie de celui-ci. (je le fais tous les ans à cette époque sur mes arbres)

  4. J’aime beaucoup cette tradition, elle joint le naturel, sa simplicité, la pureté du blanc, avec le futur.
    Chez moi en Grande-Bretagne le gui fait son apparition dès Noël.
    Dans mon Home2 en Grèce il apparaît lors de naissances, baptêmes et mariages, selon les saisons.
    C’est au moins une tradition naturelle que les Verts-écolos ne peuvent associer à l’extrême droite.

  5.  » reflet de notre civilisation  » ! Civilisation qui va ,hélas, disparaitre sous les coups de boutoir d’un islam conquérant. À moins que ….

  6. Depuis toujours un bouquet de gui au dessus de ma porte , encore une de nos belles traditions à transmettre .

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