Editoriaux - Politique - 19 septembre 2019

Le député LR va-t-il réussir à faire interdire les animaux sur les affiches électorales ?

La photo d’un brave toutou sur une affiche électorale, une silhouette de chien sur les bulletins de vote et voilà un parti politique inconnu au bataillon qui talonne le PCF et l’UDI, devance François Asselineau et écrase Florian Philippot aux européennes. 2,16 % pour le Parti animaliste. 490.000 électeurs préfèrent l’original aux imitations.

Avant que certains députés n’établissent leur QG dans un refuge de la SPA, le député LR Dino Cinieri a déposé un amendement visant à bannir chiens et chats des publicités électorales et des bulletins de vote, rapporte Le Parisien. Heureuse initiative, mais quelque peu limitée. Un paysage de montagne, un coucher de soleil, quelques chevaux sauvages au galop peuvent également fleurir sur les affiches de candidats racoleurs.

Et l’électeur de se retrouver aussi indécis que face au facteur lui proposant son calendrier de fin d’année. On ne sait que choisir. Emmanuel Macron planté dans un vase parmi des bégonias ou Marine Le Pen au milieu d’une portée de chatons ? Cas de conscience dans l’isoloir. Rapporter le bulletin pour le poser sur la cheminée ou l’introduire dans l’urne ? Affiches arrachées pour décorer les salles à manger…

Bref, les animaux attendrissants ne sont pas les seules ficelles à la disposition du politique calculateur. En 1981, le village bucolique avec église apparente en arrière-plan du candidat Mitterrand n’indiquait pas forcément que, par la suite, des mosquées allaient éclore aux quatre coins du pays.

Dans sa grande frilosité, la Commission des lois n’a retenu que la question du bulletin de vote dans l’amendement déposé par Dino Cinieri. Sans doute par un procédé d’effaçage de mémoire l’électeur arrivera devant le bulletin neutre déposé sur la table en ayant tout oublié de l’image vue dehors trente secondes plus tôt. L’appareil de « Men in Black » qui voit le sujet ne plus se rappeler de ce qu’il vient de vivre sera mis à la disposition des assesseurs.

Mais question subsidiaire à l’amendement : un technocrate assis devant une écuelle de croquettes sera-t-il considéré hors la loi ? Des contournements peuvent survenir, des stratagèmes se mettre en place. « Avez-vous fait tatouer votre député ? » demandera le voyageur de passage dans une ville En marche !

Foin de pinaillage et digressions plaisantes, à l’heure de l’égalité tous azimuts : fond uni pour tout le monde. Aucune image, zéro bébé girafe, pas de petite maison dans la prairie derrière le candidat. Juste du bleu, ou du blanc, du violet… Toute liberté laissée au prétendant de faire imprimer ces quelques mots : « Et en plus, j’aime les chatons. » Argument de poids.

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