Lorsque l’Élysée le dit avec des fleurs, il ne regarde pas à la dépense. C’est, du moins, ce que le site Politis avait cru comprendre au travers des chiffres extravagants contenus dans l’appel d’offres du marché public publié le 20 août 2020 : 400.000 euros de fleurs coupées, 20.000 euros de plantes vertes, 20.000 d’orchidées et 32.000 de feuillage… L’affaire était entendue, l’État macronien jetait les roses par la fenêtre, se roulait dans les bégonias, mangeait du rhododendron. Une véritable orgie florale.

Alertés par cette publication potentiellement génératrice d’ médiatique, les services élyséens arrivèrent extincteur en main. Les chiffres hallucinatoires en question étaient une estimation pluriannuelle sur quatre ans et non douze mois.

Un protocole d’accord-cadre reconductible trois fois déjà pratiqué par les gouvernements précédents qui, à l’inverse de celui-là, avaient pris la peine de faire la division pour indiquer le montant annuel. D’où la méprise.

L’Élysée précise dans le même temps que « tous ces montants ne sont pas des facturées mais des estimations réalisées compte tenu de l’évolution des prix du marché notamment ». Ainsi, l’estimation pour 2021 se monterait à 129.000 euros, contre 134.000 en 2015 sous François Hollande. Les turpitudes sentimentales de celui-ci expliquant peut-être cela. Je t’aime, un peu, beaucoup… pas du tout. Effeuillage intensif et bouquets multiples suivis de vases brisés et plantes vertes lacérées. Un budget conséquent mais bien modeste au regard du quinquennat Chirac : 450.000 annuels, selon Valeurs actuelles. Les fleuristes le pleurent encore.

« Le tableau des dépenses du service achats de la Présidence montre une tendance à la baisse continuelle depuis 2015 », affirme l’Élysée. Le temps de la tulipe en plastique est proche. Des orchidées en papier crépon fabriquées par la première dame orneront les salons. Un bouquet de fleurs artificielles pour accueillir sur le perron. Un bel à sa victoire électorale.

11 janvier 2021

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