On s’en doutait un peu, c’est maintenant confirmé : le bac 2020 est un certificat de fin d’études. Le ministre de l’ a beau s’en défendre, affirmant que le taux de réussite époustouflant « n’est pas choquant en soi », le seul fait qu’il s’en défende en dit long sur la chose…

« Comme on s’y attendait, il y a plus d’admis puisque c’est le contrôle continu […], le fait qu’environ neuf élèves sur dix aient le baccalauréat n’est pas choquant en soi », a déclaré Jean- Blanquer. Ce sont, en effet, 91,5 % des élèves de terminale qui ont, cette année, décroché la queue du Mickey, soit une hausse de 13,7 points par rapport à 2019. Dans 20 Minutes on trouve le détail par section : « Le taux d’admis augmente moins fortement dans la  L (+10,7 points) que dans les séries ES et S (respectivement +16,2 et +14,8 points). 93,9 % des candidats de ES, 95,1 % de ceux de S et 92,4 % de ceux de L obtiennent ce bac très spécial du premier coup. Le taux d’admis à l’issue du premier groupe d’épreuves du baccalauréat technologique est de 89,4 %, en hausse de 13,9 points par rapport à la session 2019. » Voilà qui doit réjouir le très discret Jospin qui ambitionnait 100 % d’une classe d’âge au niveau bac. Dans un pays qui compte 20 % d’illettrés à l’entrée en sixième, c’est un miracle qui ne cesse de m’émerveiller.

Jean-Michel Blanquer l’a reconnu bien volontiers, des consignes de clémence ont été données pour améliorer les résultats des impétrants. Lesquels en sont parfois les premiers surpris. Une jeune fille qui regarde ses notes confie ainsi au micro de TF1 : « C’est bien, je vois en maths par exemple, je passe de 10 à 12. On a arrangé les moyennes, on a même augmenté, ce qui fait que j’ai eu mon bac, quoi ! »

De l’arrangement traditionnel à l’augmentation post-Covid-19, il y a donc un cap qu’on n’a pas hésité à franchir, , sans doute, de faire taire les syndicats qui râlaient contre le contrôle continu, les mêmes, d’ailleurs, qui râlaient précédemment contre l’injustice de l’examen qui discrimine les angoissés… On s’est ainsi débarrassé d’un problème : filons le bac à tout le monde, c’est déjà ça de gagné sur les soucis de rentrée. Et si le contrôle continu est une nouveauté, ce n’est pas la seule.

Le président de la a, lui aussi, inauguré un nouveau moyen de communication : il a félicité les 91,5 % de bacheliers sur , une plate-forme de « partage vidéo et réseautage  » que les plus de vingt ans ont du mal à connaître. Moi-même, je l’avoue, j’ignorais l’existence de ce nouveau machin qui rassemble près d’un milliard d’utilisateurs actifs à travers le monde, chiffre qui a explosé avec le généralisé. Cible : la génération Z, soit les 13-21 ans. C’est, paraît-il, la troisième appli la plus téléchargée au monde sur smartphone, au grand dam des Américains qui lui reprochent de collecter les données des adolescents (ce qu’eux-mêmes n’oseraient jamais faire, bien sûr) vu que l’appli est… chinoise.

Haï à un degré jamais égalé par leurs parents et grands-parents, Emmanuel Macron a connu un franc succès chez les jeunes. Tournée dans les jardins de l’Élysée, sa petite vidéo flatteuse les a touchés au cœur : 52.000 « like » dès la première heure et 103.000 abonnés dans la foulée. Il faut dire qu’il les a brossés dans le sens du poil : « Vous avez vécu une année hors normes, celle de l’épidémie, des semaines et des semaines passées chez soi, où on vous a privés de fréquenter vos amis et d’étudier normalement. Votre génération a devant elle un monde à inventer, plus fort, plus solidaire, plus écologique. Je ferai tout, là où je suis, pour que le gouvernement travaille, pour que ce monde soit meilleur et qu’on y retrouve ces fondements. Mais ce n’est pas moi qui déciderai de votre avenir, ce sera vous. Alors aujourd’hui profitez, fêtez le baccalauréat et après, bon courage. »

C’est sûr, bon courage, car c’est maintenant que les galères commencent…

8 juillet 2020

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