La Justice maternante face aux casseurs du PSG

Ou quand la Justice tient la main des délinquants... Récit d'une journée de comparutions.
@tingeyinjurylawfirm/unsplash
@tingeyinjurylawfirm/unsplash

Les maillots de foot qu’ils arborent pour la plupart ne laissent guère de doute sur les raisons de leur présence, ce mardi 3 juin, devant la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Les sept premiers prévenus, jugés en comparution immédiate, étaient tous dans les rues de la capitale, dans la nuit du samedi 31 mai au dimanche 1er juin, après la victoire du club parisien qui a viré au chaos.

Les faits qui leur sont reprochés se ressemblent sensiblement. L’air incrédule qu’ils affichent aussi. Naïfs, penauds et surtout désorientés, les plus jeunes semblent se demander ce qu’ils font là. Pourtant, les motifs de leur présence sur le banc des accusés ne sont pas anodins : coups, injures, outrages, rébellion lors d’interpellations. Tous sont accusés de s’en être pris aux forces de l’ordre, à l’exception d’un seul, poursuivi pour tentative de vol aggravé en réunion.

Justice pénale ou rappel à l’ordre ?

La détention, même brève, semble les avoir éprouvés. Mais ils peuvent compter sur la bienveillance de la magistrate, qui ne prononcera qu’une seule peine de détention. Quatre mois. Sans doute une tentative d’exemplarité. Suffisamment pour indigner dans un murmure la salle d’audience.

Dans cette salle d’audience, rares sont ceux, d’ailleurs, qui paraissent comprendre la gravité de leur présence. « Je m’attendais à recevoir une simple convocation », s’étonne naïvement Hugo M., 24 ans, accusé d’avoir attaqué des agents et tenté de s’emparer de l’arme de l’un d’eux. Un prévenu, pourtant en situation irrégulière et visé par une OQTF depuis 2023, reconnu dans un cambriolage en bande, explique par l'intermédiaire de son interprète qu’il voulait juste « une enceinte pour écouter de la musique ». Il repart libre, avec six mois de sursis et quelques centaines d’euros de dommages et intérêts à verser au propriétaire de la boutique qu’il a participé à dévaster.

Quand la Justice tient la main des délinquants

« Selon vous, comment cette soirée aurait-elle dû se passer ? » À cette question de la magistrate, le casier vierge d’un jeune homme de 19 ans plaide pour l’erreur de jeunesse, un moment d’égarement dans l’euphorie de la victoire. C’est ce que semble essayer de lui faire reconnaître la juge qui interroge le mis en cause pour détention de matériel explosif et coups portés à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique. « J’aurais jamais dû ramasser les mortiers. » Elle l’aide un peu. « Et encore ? » « J’aurais pas dû partir en courant. » Ensemble, ils conviennent que « c’était une super mauvaise idée de ne pas se laisser faire lors de l’interpellation ». Une « super mauvaise idée » qui lui vaudra dix mois de prison, dont seulement cinq mois ferme sous bracelet électronique. Il évite quand même la détention.

C’est peut-être ce qui frappe le plus : cette manière de parler aux prévenus comme à des adolescents mal encadrés et de les traiter comme tels. On les pousse à regretter, on les aide à formuler leurs remords, on leur souffle les mots. Lorsqu’un prévenu frappe un policier, il semble que l’essentiel soit de reconnaître que ce n’était « pas très malin ». La juge préfère visiblement accompagner ces « jeunes plutôt bien insérés » que les punir. Résultat : un peu de prison ferme, beaucoup de sursis, quasiment pas de détention et deux relaxes. Alors que Bruno Retailleau déclarait, ce mardi : « Tu casses, tu paies ! », il semble que ceux qui ont cassé lors de la victoire du PSG ne paieront finalement pas grand-chose…

Vos commentaires

50 commentaires

  1. Jusqu’à QUAND va t’on ressasser l’incurie de cette institution judiciaire ( politisée). QUOI faire pour renverser ce pouvoir exorbitant qui est devenu le sien au fil des générations ? Pour l’instant, il n’y a aucun projet » dans les tuyaux…

  2. Comment peut-on,on, dans ces conditions, accepter de payer 90, voire 180 €, pour avoir dépassé de 3 km/heure la vitesse autorisée ? En plus, l’outil de spoliation des automobilistes et est constitué de caméras, vous savez ces mêmes caméras sui représentent un frein à la liberté de circuler lorsqu’elles sont placées près des écoles pour assurer la sécurité de nos enfants. Et on nous parle d’égalité, l’égalité inscrite dans la constitution. : de qui se moque t’on ? Des vaches à lait, honnête contribuable spolié qui ne cause de préjudice à personne ?

    • De fait, ce pays ne tient plus que par les gens honnêtes qui obéissent aux lois, payent leurs impôts et alimentent la pompe à fric, la pompe à gaspiller l’argent. Les oies que l’on plume vont un jour crier « assez » ! (certainement quand elles n’auront plus de plumes…)

  3. Cet article rejoint l’analyse de Pascal Praud ce matin, face aux commentaires du Procureur Heitz et de Philippe Bilger, minimisant les faits au profit de l’individu auteur de ces faits !

  4. Elaborer un montant à payer et l’envoyer au propriétaire du club en question, c’est vraiment trop audacieux, vous comprenez madame Irma, on est au niveau international. A notre niveau, celui des ménages comme on disait en économie dans le temps, c’est vous qui avez payé les dégâts faits par votre fils dans la maison du voisin,mais là, c’est le foot,  » c’est pas la même chose, vous comprenez madame Irma…

  5. La justice pan pan cucul.
     » — vous regrettez votre geste ?
    — Oh, oui, Madame le juge, je n’en dors plus la nuit.
    — C’est bon, vous êtes libre mon garçon »

  6. Seuls les honnêtes gens ont peur de se retrouver dans un tribunal stalinien. Pour rajouter au pire de ce laxisme il faut rappeler que depuis bien longtemps les sursis ne sont jamais appliqués lorsqu’il le coupable se retrouve de nouveau devant un tribunal et que les amendes et autres dommages et intérêts ne sont pas payés non plus par ces délinquants, en particulier lorsqu’il s’agit d’étrangers sous OQTF.
    Comment voulez-vous que les français aient confiance dans la justice et dans la politique ?

  7. J’imagine que les juges ont des instructions pour ne pas mettre trop de gens en prison parce qu’elles sont pleines, mais ça envoie un très mauvais signal.

    • pas pleines… elles débordent ! mais bon Macronibus a promis des « places ».. il lui reste encore du temps non?

  8. Une Justice maternante n’est qu’une parodie de Justice puisqu’elle entretient l’insécurité alors que son rôle, c’est d’être impitoyable pour civiliser cette engeance sans foi ni loi sinon, ils ne comprendront jamais la gravité de ce qu’ils font si ce n’est pas sanctionné systématiquement, sinon nous n’en verrons jamais la fin et notre Police finira par jeter l’éponge et ça sera le chaos partout en France en attendant que la lumière atteigne enfin le cerveau du Chef d’Etat car le « tu casses, tu paies » n’aura aucun effet sur eux et on sait d’avance que la note sera encore une fois pour les honnêtes gens.

  9. la Justice est éduquée à gauche (un tiers des magistrats syndiqués dans un syndicat d’extrême gauche) , et les juges ne veulent pas déclencher des émeutes dans les banlieues voire une guerre civile , et les juges vivent en dehors des tribunaux dans la cité , et ont peur , comme tous les autres fonctionnaires , comme tous les politiciens .

  10. Les Magistrats pas tous mais la majorité ils se foutent de la Geule des Français tu va rouler a 110 au lui de 90 tu perds ton permis du paie du doit faire un stage pour recuper ton permis qui n’est valable qu’un an au minimum 1000 € tu perds ton boulos pour quoi rien par d’accident pas d’alcool pas de stup ils rigolent les super délinquant de France tu ne seras pas punis vole tue pas de probléme

  11. Etre magistrat, c’est dire avoir une cervelle qui vous a permis de faire des études. Quand on est magistrat, on vit confortablement dans son pays, la France. Alors comment expliquer, qu’ils protègent tous ceux qui le mettent en danger ? Pour quelle raison ? C’est au-delà de l’irresponsabilité, et c’est franchement effrayant.

    • Parcequ’ils vivent entre riches, dans des endroits où la délinquance n’est qu’un sentiment chez les autres.,hyper protégés par la police qu’ils pietinent des qu’ils en ont l’occasion..la seule façon que ça change est de ne plus les protéger mettre en place une rémunération et un avancement au mérite..pas d’ancienneté,de copinage,pu de bien pensance ..on est pas sortis du bain!@

      • Bien sûr, mais au-dessus, le raisonnement. La gravité de la situation, car au bout du compte, nous serons tous dans le même bateau.

  12. le pompon c’est la sanction pour l’OQTF, 6 mois avec sursis et quelques euros d’amendes que le propriétaire du magasin ne verra jamais, il aurait du être expulsé directement, il écouterait de la musique chez lui, au lieu de ça il est remis en liberté, encore un qui aura si ce n’est déjà fait un casier plus gros que le dictionnaire.

  13. Puisque l’on va bientôt obliger les « vieux » à repasser le permis de conduire tous les 5 ans, pour quoi ne pas leur faire « repasser » leur droit tel qu’il est dans la vraie vie?: leur faire faire tous les 5 ans un stage de remise à niveau de la vraie vie : un mois de patrouille en brigade de nuit, en uniforme avec les flics!: comme cela, ils pourront recevoir en pleine poire, les insultes et autres projectiles (cailloux, boulons, etc) lancé par le gentil petit gars qu’ils ont acquitté le matin même !

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Les meurtriers de Quentin Deranque sont désignés comme des camarades
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois