[VIVE LA FRANCE] À Niedermorschwihr, le Suisse d’église a 20 ans !
Les Dernières Nouvelles d’Alsace et même France 3 en ont fait un papier : c’est dire à quel point la nouvelle peut sembler insolite et interroge ! À vingt ans, Quentin Fonné a endossé le costume de Suisse pour son église de Niedermorschwihr dans le Haut-Rhin, le 19 avril dernier.
S'engager, endosser l'uniforme...
D’après les Dernières Nouvelles d’Alsace, cela faisait plus de 80 ans que cette paroisse catholique n’avait plus de Suisse pour assurer l’ordre et ouvrir les processions lors des messes et offices. Le jeune Alsacien explique au média local avoir pris son engagement lors du dimanche des Rameaux à Kaysersberg, et ce, pour la plus grande joie des paroissiens interrogés par France 3. Le jeune homme a en effet manifestement convaincu le curé et ses ouailles : « C'est quelque chose qui me tient à cœur, parce que c'est le respect pour l'Église et les traditions », témoigne ainsi une paroissienne auprès du journal. Quant au curé, il loue la « sobriété » et la « grande dignité » dont a su faire preuve Quentin Fonné lorsqu’il a officié la première fois.
Il faut dire que le jeune homme prend son nouveau rôle à cœur, et il le dit bien à France 3 : « Ce n’est pas du folklore ! » Pourtant, son costume pourrait le laisser croire, mais quand Quentin Fonné le détaille auprès du journal local, on comprend bien toute la portée à la fois symbolique et sacrée de la tenue. Là aussi, tout est question de transmission, d’héritage, de service et de cérémonial. Ainsi, « c'est le pommeau de mon prédécesseur, explique le jeune homme, il date du début du XVIIIe siècle. La hallebarde historique, on ne l'a plus, donc on a fait une reconstitution à l'aide de photographies », continue-t-il, et puis les talents de couturière de son arrière-grand-mère étaient, eux aussi, de la partie : « C'est une histoire de famille, de foi chrétienne, d'héritage et de relève », résume France 3.
...et assurer la relève !
On n’aurait pas mieux dit, d’autant que les Suisses d’église ont presque totalement disparu, faute de relève, explique le site de la paroisse alsacienne de la Croix Glorieuse. France 3, pourtant, semble faire erreur en expliquant que « cette fonction napoléonienne a disparu presque partout […] » : les Suisses d’église seraient nés bien avant l'Empire, avec les ordonnances royales de 1771, explique notamment le site L’Ami hebdo : « L’origine des suisses d’église remonte aux ordonnances royales de 1771 instituant une pension de retraite pour les vieux soldats. Mais on avait oublié d’y inclure les soldats mercenaires suisses, qui furent alors envoyés dans les paroisses pour y assurer la police et le service d’honneur, ce, évidemment, aux frais de la paroisse. » Sur son site, l’Association historique de Kalhausen raconte que « ces vieux soldats, disciplinés et tempérants, avec leur uniforme coloré, sont devenus alors une figure marquante des paroisses catholiques », et que même après la fin des régiments français de Gardes suisses, à la fin de la Restauration, les Suisses d’église conservèrent armes et uniformes.
C’est qu’il fallait imposer le respect ! Le site de la paroisse alsacienne explique encore que le Suisse « devait empêcher les infidèles d’entrer dans les églises pour profaner les saints mystères. Il devait faire tenir à chacun son rang, faire observer le silence et l’humilité. Il sonnait les cloches, fermait les portes de l’église et celle de la sacristie. Le Garde suisse jouait les maîtres de cérémonie. […] Coiffé de son bicorne, canne à pommeau et hallebarde à la main, il veillait au bon déroulement des offices, accompagnait les servants d’autel lors des quêtes et précédait le clergé dans les processions. Frappant le sol avec sa canne à pommeau, il invitait les fidèles à se lever de leur banc lors des cérémonies. »
D’ailleurs, son service ne se limitait pas aux adultes : il fallait aussi rappeler à l’ordre les enfants dissipés ! Gérard Kuffler, l’auteur de cette petite histoire du « Kìrscheschwitzer », raconte ainsi que « lorsqu'[il] avai[t] 8 ou 9 ans, [il a] subi un dimanche, pendant la grand-messe, les foudres du Suisse […]. Un garçon […] placé dans le banc derrière [lui], n’arrêtait pas de [l]’embêter. [Il s’est] retourné plusieurs fois et le Suisse l’avait vu. Il se servit de la canne pour [lui] donner un petit coup dans les reins et [le] fit sortir du banc. [Gérard Kuffler] dut rester jusqu’à la fin de la messe, agenouillé devant l’autel de saint Joseph, à la vue de tous. C’était un comble d’humiliation, la honte suprême ! » D’ailleurs, en rapportant cette anecdote, l’intéressé avoue qu’il n’oubliera jamais cette erreur judiciaire !
Alors, il y a fort à parier que Quentin Fonné ne se risquera pas à réprimander aussi vertement les petits paroissiens indisciplinés. Mais une chose est sûre : sa présence en uniforme et le cœur qu’il mettra à l’ouvrage sauront imposer le silence et la dévotion de rigueur pendant les cérémonies à Niedermorschwihr !
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8 commentaires
Il est normal de corriger comme un enfant dissipé qui perturbe les autres. Là encore, l’interdiction de la fessée par des députés qui, eux, pour la plupart, n’ont pas de gosses ou ne les élève pas eux-même, est catastrophique. Cela provoque une génération d’enfants-roi intouchables qui, se croyant tout permis, sèment la terreur dans la société (y compris dans les rave-parties clandestines).
Je me souviens aussi du garde suisse qui veillait que l’ordre règne dans l’église.
Je me souviens d’avoir vu des Suisses d’église jusqu’au début des années 1960, avec leur bicorne et leur hallebarde.
C’est une très bonne initiative
Que de souvenirs pour beaucoup et parfois aussi un petit coup de boule mais cela n’a jamais fait de mal à personne contrairement aux règles de nos jours qui ne fabriquent plus que l’irrespect.
Si rien que de le voir pouvait empêcher les habituels odieux petits gamins qui ont l’habitude de jouer a cache cache dans les confessionnaux ce serait bien.
Ce sont les parents qui sont odieux, ces petits gamins n’ont pas l’âge de raison.
Ce que j’aime avec votre media, c’est votre amour de l’histoire, votre bon sens, vos recherches, votre humour, votre intelligence et vos journalistes…vous êtes tous excellents et merci d’exister. Ça fait du bien un peu de valeurs dans cette Sodome et Gomorrhe!