Accueil Editoriaux La fraude fait perdre toute valeur aux diplômes universitaires français
Editoriaux - Education - Polémiques - 15 mai 2020

La fraude fait perdre toute valeur aux diplômes universitaires français

La crise sanitaire provoquée par le Covid-19 a des répercussions dramatiques sur l’université française, au point de détruire totalement sa crédibilité. Selon Le Figaro, la triche aux examens est désormais générale, ceux qui sont honnêtes étant obligés de s’aligner sur leurs camarades peu scrupuleux pour ne pas être défavorisés.

Le supérieur utilise souvent des questionnaires à choix multiples (QCM) pour tester les connaissances de ses ouailles. Les étudiants le chargent quand ils le souhaitent et ont ensuite un temps limité pour y répondre. Tricher est un jeu d’enfant : on peut avoir ses cours ouverts à côté de soi, utiliser son téléphone pour faire des recherches sur Google ou, pour plus d’efficacité, demander à un ami de vous assister et de chercher les réponses à votre place, voire faire passer le test à un camarade qui a abandonné ses études, qui vous le transmet ensuite. Rien n’est donc plus facile que de frauder et on comprend que les étudiants le fassent, d’autant plus que ne pas tricher risque de se retourner contre vous et de vous nuire.

En France, depuis 2018 et les blocages à répétition des facultés, les examens à distance sont devenus la norme. Comme les cours sont désormais assurés par vidéoconférence (qui est un enseignement absolument inefficace, selon moi), la dévalorisation des diplômes est effarante. Beaucoup d’étudiants (la majorité ?) n’auront absolument aucune connaissance dans la matière qu’ils sont censés avoir étudiée, en dépit de l’obtention de leur licence ou de leur master. La suspicion va devenir générale… Quel employeur recrutera du personnel muni d’un diplôme trouvé dans une pochette-surprise ?

Les universités, conscientes du problème, réagissent mollement. Certaines ont développé des logiciels censés espionner les étudiants en utilisant leur webcam. Outre son efficacité limitée, on peut se demander si cette surveillance est constitutionnelle. D’autres universités, de loin les plus nombreuses, affirment sans rire faire confiance à leurs étudiants dont l’intérêt serait de ne pas frauder pour ne pas dévaloriser leur diplôme. Il faut être naïf et ignorant de la nature humaine pour proférer de telles bêtises. Quelques facultés abandonnent les QCM. Ceux-ci ont été développés par facilité, car la correction se fait automatiquement sans avoir recours à des professeurs. On demande à la place des mémoires. Mais la fraude règne également dans ce domaine. Il est facile de se faire aider par amitié ou moyennant finance par un camarade plus expérimenté. Les États-Unis, où les diplômes sont tous décernés après le dépôt d’un mémoire, ont vu se développer une industrie de la fraude qui permet à quelques étudiants de gagner ainsi leur vie et qui oblige les universités à investir dans de coûteux logiciels, capables de détecter les plagiats et le style propre aux véritables auteurs des documents qui leur sont remis.

En fait, aucun diplôme ne devrait être délivré sans un examen sérieux effectué en temps limité sous surveillance directe.

À lire aussi

La dernière folie universitaire : noter au-dessus de 10 à Paris 1-Panthéon-Sorbonne

Cette résolution délirante a été approuvée par l’UNEF, la FSU et la CGT. …