était, mercredi 12 janvier, aux dix ans de Boulevard Voltaire. Il est monté sur la scène devant un parterre enthousiaste. Le chanteur de l'Occident aura bientôt quatre générations de fans. Des enfants hauts comme trois pommes connaissent par cœur ses chansons sur l'affrontement Est-Ouest, le drame des rapatriés d'Algérie, mais aussi les guerres de Vendée, les chrétiens d'Orient, les grandes batailles françaises (Camerone, Ðiện Biên Phủ), les harkis, les soldats perdus ou les amis disparus.

Sa vie romanesque lui a fourni une matière de choix pour écrire. Pied-noir, fils de résistant, partisan de l' française, emprisonné à Rouen dans le quartier des activistes (celui où « derrière une porte de fer/Un officier parachutiste/Vient de coiffer son béret vert », comme il le chante dans le magnifique et peu connu « Je ne vous garde pas rancune »), il sera ensuite grand reporter à L'Aurore puis au Figaro Magazine et ira « s'engager en chanson, puisque la guitare est devenue une arme » (le chanteur de l'Occident), en 1974. C'était il y a bientôt 47 ans. Suivront trente ans d'engagement poétique et politique, dont les rencontres sont le fil rouge. Ses personnages (Veronika, Fleur de Jade, Antoine, le Professeur Müller ou encore les héros anonymes : celui qui chantait Yesterday, celui qui « s'en va », le « drôle de bidasse » de « Djebel Amour ») nous ont accompagnés comme des silhouettes familières, le long d'une vie que nous avons parfois voulue romanesque, souvent grâce à lui d'ailleurs.

Démonétisées, les chansons de Jean-Pax, trente ans après la chute de l'URSS, soixante ans après les accords d'Évian ? Bien au contraire. Elles n'ont pas pris une ride. Elles témoignent d'une histoire oubliée ou réécrite. « Pas politiquement correct », leur interprète l'est toujours. Droit dans ses bottes, aussi clivant que touchant, échappe aux catégorisations faciles. Vous voulez « le traiter de réac » ? À votre aise. On pourra bien dire, certes, que Marine Le Pen, au premier rang lors des dix ans de , chantait « Veronika » avec des trémolos dans la voix. Pas de quoi le troubler. Il a couvert tous les théâtres d'opérations ; il a défendu ses convictions et s'est fait connaître malgré la censure, dans les années 80, quand, dans les camps de manœuvre, les militaires échangeaient ses cassettes avec des airs de conspirateurs. Son parcours, son succès, mais aussi et surtout la puissance de ses textes et la beauté de ses compositions forcent l'admiration.

J'ai eu l'occasion de l'entendre chanter plusieurs fois, ces dernières années, le plus souvent en petit comité. La dernière fois, c'était donc pour . La ferveur qu'il suscite est incroyable. Voir la jeunesse - elle était nombreuse à l'anniversaire de Boulevard Voltaire - que les esprits chagrins disent médiocre, ultra-connectée, oublieuse de ses devoirs et de son Histoire, chanter sans la moindre hésitation ses plus grandes chansons suscite émotion et reconnaissance.

Le 23 janvier, Jean-Pax remontera sur scène au Casino de Paris. Il y a déjà joué, à guichets fermés comme à chaque fois. Amis lecteurs, ne boudez pas votre plaisir. Je vous conseille de réserver rapidement, cette fois encore. est l'un de nos derniers monuments.

Et si vous voulez commander ses disques, c'est ici.

17 janvier 2022

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