Jean-Luc Mélenchon candidat : Bally Bagayoko attendra…

Le nouveau maire de Saint-Denis jouit d'une popularité certaine. Mais le leader insoumis ne cède pas un pouce de terrain.
Capture d'écran
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Bally Bagayoko, incarnation de la Nouvelle France chérie par La France Insoumise, se sentirait-il pousser des ailes ? Le nouveau maire de Saint-Denis qui a mis sur la touche le maire socialiste Mathieu Hanotin, s’est emparé d’une ville de plus de 100.000 habitants, une prise historique pour le parti insoumis. Essai transformé en devenant président de l’intercommunalité. La nouvelle étoile montante de la France Insoumise plaît à un électorat communautarisé au point que chez les Insoumis, les « vieux mâles blanc » que raillaient Jean-Luc Mélenchon ont du souci à se faire. Un succès qui lui monte si fort à la tête, que Bally Bagayoko a retweeté une publication du compte parodique Surmulot. Il apparaît, bras dessus, bras dessous, avec le patron de LFI, sous commentaire railleur : « Bally Bagayoko jouit d'une réelle popularité auprès des militants. il est à l'aise avec les gens du peuple. Cela semble agacer le vieux bourgeois de 74 ans...». S'aperçevant de sa bévue, Bagayoko s'est empressé se supprimer son tweet. Maladresse due à une étonnante précipitation ou provocation mal dissimulée ?

Pour faire taire toute ambition qui pourrait germer dans la tête du nouvel édile, Jean-Luc Mélenchon a, quoiqu'il en soit, accéléré la marche. Alors qu’un intergroupe, composé des élus du mouvement, se réunissait dimanche 3 mai, le leader a été désigné à l’unanimité candidat de La France insoumise pour l’élection présidentielle de 2027. Un simple vote à main levé aux enjeux cruciaux : seul l’ancien disciple de François Mitterrand se présentait ayant pris soin d’écarter toute concurrence. Une habitude chez Jean-Luc Mélenchon comme le révélait le livre La Meute : les Ruffin, Corbière et Autain en ont fait les frais.

« Le grand remplacement, tant mieux »

Tout juste sacré par ses fidèles soumis, celui à qui l’on reconnaît volontiers des qualités de tribun s’est empressé d’officialiser sa quatrième candidature à l'Elysée lors du journal télévisé de TF1. Exit les bons sentiments passés où apparaissait le temps d’un passage de flambeau. En 2021, à la veille du combat présidentiel, le leader insoumis affirmait : « Il est évident que c'est ma dernière candidature. C'est même un argument en ma faveur : je suis le seul à ne pas organiser une carrière. » Après son troisième échec à conquérir l’Élysée, il affirmait vouloir « être remplacé ». « Je n’aspire pas à renouveler sans cesse le même rôle », confiait-il. Visiblement, ces belles résolutions sont mortes et enterrées ce 3 mai. Jean-Luc Mélenchon confie à Anne-Claire Coudray « être le mieux préparé », « c’est pourquoi, le contexte et l’urgence ont fixé la décision de LFI de [le] désigner ». Un site de soutien, melenchon2027.fr, a été mis en ligne et revendique bientôt 150.000 signatures en moins de 24 heures. Habitué aux longues campagnes, le vieux briscard affiche la confiance des grands soirs. « Le grand remplacement, tant mieux », se réjouit-il sur la chaîne privée, tout sourire, illustrant ainsi une stratégie cousue de fil blanc.

Le premier président octogénaire ?

Alors que Bally Bagayoko tente d’expliquer ce mardi 4 mai sur Public Sénat que la Nouvelle France, « ce n’est pas renier l’Histoire de France », il qualifie pourtant ce nouveau concept d’extrême-gauche, qu’il incarne à merveille, de « réalité concrète ». Et de fruit d’un « processus en mouvement », grâce auquel notre pays « s’enrichit, générations après générations ». Pour câliner cet électorat et se servir de l’image de la nouvelle coqueluche insoumise Bagayoko, Jean-Luc Mélenchon convie ses troupes à un grand meeting national de lancement de la campagne présidentielle qui se déroulera à Saint-Denis, le dimanche 7 juin. À 74 ans, Jean-Luc Mélenchon deviendrait, en cas d’élection, le premier président octogénaire de la Ve République. Mais celui qui affirme vouloir « battre [le RN] à plate couture » doit pour cela accéder au second tour, afin de bénéficier du « barrage républicain ». Pour l’heure, la stratégie du premier tour est claire : mobiliser un électorat dont désormais le maire de Saint-Denis est l’égérie. « La stratégie de Mélenchon est mûrement réfléchie, explique dans Le Figaro le politologue Jérôme Fourquet, Il lui a manqué 420.000 voix en 2022. C'est dans les banlieues populaires, où l'abstention est énorme, qu'il a réalisé des scores stratosphériques. Depuis, il met le paquet sur ces réserves de voix.»

Que Bally Bagayoko prenne son mal en patience, le temps joue en sa faveur.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

59 commentaires

  1. Il est prudent de ne pas faire de prévision car la France n’est plus la France avec ces générations de Français de « papiers » qui détestent la France et qui autrefois ne votaient pas et qui aujourd’hui le font !! Les sondages ont ils intégré ces nouveaux paramètres ??? Donc nous risquons d’avoir des surprises ,Hélas !!

  2. Avec cette candidature, nous savons désormais quels sont les deux candidats à boycotter : Mélenchon et Bardella.
    Il faudra éviter que le premier cité soit au second tour : cela laisserait la voie libre à l’extrême droite.

    • Vous n’avez pas évolué et restez dans l’extrémisme de votre pensée. Mr Bardella n’est absolument pas d’extrême droite ne vous en déplaise et lui il peut aller en Israël et est reçu par les patrons. L’autre vieux est par contre très dangereux et d’extrême gauche

      • Révisez votre boussole.
        Le RN est catégorisé par l’ensemble de la classe politique comme étant d’extrême droite.

    • L’extrême droite?….Quand vous donnerez une explication magistrale,parfaitement étayée avec l’exégèse de ce que vous prétendez imposer en vous basant sur ce terme,il se peut que je prêterai une oreille attentive.
      En attendant,hurlez avec les loups mais vos mâchoires ne sont pas très solides!

  3. Certes, Bally Bagayoko est présent partout. Il fait beaucoup de bruit et donne l’impression d’occuper beaucoup de place mais, heureusement, la France, ce n’est pas que St Denis. Il faut quand même rappeler que cette « ville de 100 000 habitants » ne l’a élu qu’à 50,7%, avec près de 58% d’abstention. Et 50,7% de voix sur 42%,de votants, ça fait, en gros, 21%… Monsieur Bagayoko ne représente qu’à peine 1 Dyonisiens sur 5. La preuve : sa manifestation contre l’islamophobie,au lendemain de son élection, n’a rassemblé que 6 000 personnes… Là où madame Panot en a vu « des dizaines de milliers »… Les mirages de madame Panot. Quand passent 2 chameaux, elle, elle voit défiler une caravane.

  4. Si un insoumis a pu être élu à St Denis, il n’est pas impossible que ce monsieur arrive au pouvoir vu le nombre d’abrutis qui adhèrent à ses propos haineux car, hélas le grand remplacement a commencé depuis un moment . Je ne serais donc pas affirmative comme certains.
    Si LFI se retrouve au deuxième tour, combien seront prêts à voter pour faire barrage au RN (Attal, de Villepin, E. Philippe et toute la bande de gauchistes socialos-écolos sans oublier le LR) ?

    ,

  5. « s’enrichit, générations après générations » , c’est plutôt l’inverse ; de génération en génération ce pays s’appauvri sur tout les plans, par contre les délinquances sont en augmentation sur la totalité du territoire national et des outres-mer.
    Il est temps que la victoire change de camp pour enfin faire le ménage dans cette pétaudière qu’est devenue la France.

      • alors là je vous rejoins à 100 % et hélas comme ses électeurs sont des veaux ils le suivront.

      • Il faut le soutenir. S’il arrive pas au second tour, il fera en effet gagner Gabriel Attal ou Édouard Philippe…
        S’il arrive au second tour il y a une chance pour que les français lui disent clairement de prendre sa retraite ( la nouvelle France trépigne) et que le pays se retourne vers un meilleur futur. Sinon, notamment si Bardella l’emportait, on verra rapidement Jean luc et les syndicats rapidement dans la rue et le détroit d’Ormuz sera un océan de calme à côté du bateau français.

      • Exact..mais lui ne le sait oas et son pouvoir de nuisance comme celui de Macron va s’exercer pleinement pendant 1 an..

      • Sinon, notamment si Bardella l’emportait, on verra rapidement Jean luc et les syndicats rapidement dans la rue et le détroit d’Ormuz sera un océan de calme à côté du bateau français.
        ##
        En tout cas, ils essaieront . Leur succès dépendra de la vigueur du maintien de l’ordre!

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