[PEOPLE] Léon Marchand ne se sent pas légitime pour donner son opinion politique
Invité, dimanche soir, sur France 2, le quadruple champion olympique de natation Léon Marchand était venu évoquer le documentaire diffusé cet été sur la plate-forme France TV à son sujet. Depuis ses performances exceptionnelles aux Jeux olympiques en 2024, rien ne semble arrêter le jeune nageur français qui vient encore de remporter deux titres aux championnats d’Europe, au début de ce mois d’août. Malgré cette notoriété qui ne cesse de croître depuis deux ans, le Toulousain garde sa simplicité et sa modestie. Ainsi, quand on lui demande s’il est ce genre de sportif à prendre position politiquement, il répond franchement qu’il « préférerai[t] rester loin de tout ça », et même s’il pense que les sportifs comme lui vont « avoir un rôle qui pourrait être déterminant […] dans les prochaines années juste par [leur] influence », il ne s'en sent pas légitime.
Une vraie fierté patriotique
Cette influence presque involontaire, il a pu la goûter, déjà, lors des Jeux olympiques. En effet, quand il était passé de l’ombre à la lumière, d’aucuns s’étaient inquiétés des fleurs de lys qui encadraient son nom sur les réseaux sociaux, lui soupçonnant des accointances potentielles avec la droite dure. Le nageur n’avait, en réalité, pas d’autre tort que celui de reprendre les emblèmes du blason toulousain, ville dont il est originaire, mais il les avait remplacés par une plus consensuelle tour Eiffel. Aimer son pays peut vous clouer au pilori et Léon, même s’il n’y vit pas, aime le sien.
Au moment d’évoquer les championnats d’Europe où le nageur a encore brillé, la journaliste de France 2, Sonia Chironi, lui demande par exemple ce qu’il a ressenti quand « le public a chanté la Marseillaisea cappella » et Léon Marchand répond tout de go que c’est de la fierté : « C’est un moment dont je vais me souvenir longtemps », dit-il, en effet, « déjà, les hymnes nationaux aux Jeux de Paris, c’était quelque chose. Après, là, a cappella, c’était vraiment fort de revivre ça deux ans après », ajoute-t-il encore, en concluant : « Une bonne fierté. C’était vraiment sympa, un moment gravé. » Même si le nageur vit aux États-Unis, il avoue tout de même que la France lui manque : « la nourriture [lui] manque, la culture, [s]a famille, [s]es proches, [s]es potes aussi qui sont en France » ; il n'exclut d'ailleurs pas de retrouver un jour la mère patrie.
Un devoir de prendre position ?
Léon Marchand n’est pas le seul sportif français à vivre à l’étranger, d'ailleurs, relève Sonia Chironi. Le documentaire montre « une séquence où [il] rencontre un autre Français très célèbre aux États-Unis, c’est Victor Wembanyama, la star française du basket américain, qui a pu prendre position sur des sujets politiques aux États-Unis, notamment les meurtres commis par l’ICE, la police de l’immigration ». L'utilisant comme prétexte, la journaliste du service public interroge le nageur : « Est-ce que vous vous sentez plus proche d’un sportif comme lui ou comme un Kylian Mbappé qui a pris des positions politiques lui aussi, ou est-ce que vous préférez rester loin de tout ça ? »
Sur X, en commentaires de l’extrait, de nombreux internautes s’insurgent d’ailleurs d’une telle question : « C’est quoi, cette propagande ? Pourquoi demandez-vous à des athlètes de prendre position sur de la politique ? Qu’attendez-vous, comme réponse ? Que répondrez-vous, s’il vous dit qu’il vote RN ? R ? », demande l’un d’eux, en félicitant « Léon qui ne se laisse pas rouler dans la farine ». En effet, bottant presque en touche, Léon Marchand répond sincèrement : « Je préférerais rester loin de tout ça, mais je pense qu’on va avoir un rôle qui pourrait être déterminant, je pense, dans les prochaines années. Juste par notre influence, je pense. Après, c’est quelque chose qu’il faut que je travaille. Je n’ai pas envie de dire n’importe quoi parce que je ne me sens pas légitime. C’est comme ça que je le sens. »
Une question de légitimité
D’aucuns se posent moins de questions de légitimité… Pas plus tard que le 26 août dernier, le récemment nommé capitaine de l’équipe de basket française, Victor Wembanyama, expliquait en conférence de presse qu'il n'hésiterait pas à donner son avis. Ainsi, comme le rapportait 20 Minutes, « cette exposition supplémentaire ne va pas le pousser à moins s’exprimer sur des sujets qui lui tiennent à cœur, même en dehors du basket » puisque, disait-il « avec les années, [il a] de moins en moins de filtres ou peur de dire ce qu’[il] pense ». Alors, même si, pour l’instant, il ne s’est « pas penché sur le cas de la présidentielle […] Il y a des valeurs qui [l]e guident » et, même s’il affirme « ne soutenir personne en particulier politiquement, il y a des choses problématiques, et quand [il] les voi|t], ça ne [l]e dérange pas du tout d’en parler. »
Pas très différent, finalement, de Kylian Mbappé, qui ne doutait pas, lui non plus, de sa légitimité et qui disait vouloir « combattre cette idée selon laquelle un footballeur devrait se contenter de jouer et de se taire ». A contrario, Léon Marchand, qui avoue se « rend[re] compte tout doucement » qu’il est en train de devenir « un modèle pour beaucoup de jeunes », a conscience que ses opinions peuvent peser.
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48 commentaires
Il a raison de ne pas plonger dans le nid de crabes politique comme le font bien d’autres sportifs ou certains « artistes » chanteurs-comédiens-amuseurs.
Il nage en eaux libres lui et il gagne toute ma considération et mon soutien dans ses exploits qui honorent notre France en portant haut nos couleurs.
Artiste ou sportif, par le talent ou le hasard, quand une personne atteint la célébrité, cela ne lui donne aucune mission particulière pour influencer politiquement son prochain. Léon Marchand a o combien raison. Pourquoi donc des Mouglalis ou des Mbappé et bien d’autres ne restent-ils pas dans leurs domaines ? Ils ont le droit d’avoir leurs opinions, mais profiter de leur célébrité pour militer c’est une forme de détournement d’opinion.
J’ai peur pour 2027 ! Nous vivons la fin d’une période « victimiste » . C’est une période où les « victimes » se sentent autorisées à tous les excès et encouragées par certains politiciens.
Nos sportifs ont raison .
Gare à la » Terreur Révolutionnaire » sur le déclin . C’est la pire !
Il y avait une blague sur Citroën dans les années 80 : « Vous pouvez choisir la couleur que vous voulez, à condition qu’elle soit noire »… Aujourd’hui pour ceux à qui tend un micro, c’est plutôt « vous pouvez avoir l’opinion que vous voulez, à condition qu’elle soit rouge ».
Léon Marchand a choisi de vivre aux USA. Il a fait le bon choix.
Ce sportif est intelligent. On n’a jamais entendu Mimoun, Jazy ou Kiki Caron dire qu’ils préféraient DeGaulle à Mitterrand (ou l’inverse). De même pour Brassens ou Brel. Donc que tous ces « people », sportifs ou artistes, restent en dehors de tout çà. Ils ne peuvent se faire que des ennemis parmi le peuple (même si les media les poussent à s’exprimer)
Qu il reste bien loin de tout ça comme certains artistes qui ne mélangent pas tout. On peut simplement lui demander de transmettre à nos jeunes l envie de se dépasser à travers le sport.
La meilleure réponse à ses détracteurs stupides de la gauche (oui je sais pléonasme !) c’est de continuer à faire la course en tête et bravo pour sa neutralité intelligente !
Les gens qui attendent une prise de position de la part d’une personne médiatisée ne s’intéressent pas à cette personne mais au symbole…
C’est tout à fait son droit de ne pas vouloir aborder ce sujet avec les médias.
Il a bien raison !
Y aurait-il des sportifs intelligents ?
Un jour , oui , il devra choisir son camp mais gageons qu’il pense bien puisqu’il n’est pas tombé dans la facilité du politiquement correcte .
Il l’a peut-être déjà choisi mais n’a pas envie d’en parler.
cela ne regarde que lui,et ne ragarde pas les autres ,