Flambée des prix du GNR : le « Réveil des terroirs » sonne la révolte
Le 2 mai à Paris, ils étaient quelques dizaines de représentants de pêcheurs, agriculteurs, boulangers et divers artisans à avoir répondu à l’appel : un rassemblement « statique » et « pacifique » pour alerter le gouvernement sur l’urgence de mesures plus fortes face à la flambée du prix des carburants.
Une grogne timide, pour l’instant
Au lendemain du 1er mai, en pleines vacances scolaires, et en l’absence des Gueux d’Alexandre Jardin, qui soutiennent cependant le mouvement, les meilleures conditions n’étaient pas réunies pour lancer un mouvement. Mais la flambée du prix du GNR (gazole non routier, utilisé par les professionnels), s’annonçant aussi durable que le blocage du détroit d’Ormuz qui en est la cause, il se pourrait que le mouvement grandisse, dans les semaines à venir. Fin mars, déjà, après seulement un mois de crise dans le Golfe, BV évoquait le premier geste accordé par le gouvernement aux professionnels du transport, qui organisaient une opération escargot sur le périphérique parisien.
Après deux mois de crise à Ormuz, le prix du GNR a été multiplié par deux. À cela, il faut ajouter le prix actuellement très élevé, et toujours en hausse, de l’électricité. Et pour les agriculteurs, il faut ajouter encore celui des engrais, qui avait déjà augmenté avec le déclenchement de la guerre en Ukraine et repart à la hausse avec le conflit contre l’Iran.
Le rassemblement parisien du 2 mai était organisé par le Réveil des Terroirs, un collectif qui regroupe une dizaine d'associations professionnelles, dont l’Union française des pêcheurs artisans (UFPA), le Collectif des artisans et commerçants de France (CACF) et les Agriculteurs en colère.
Le prix du GNR multiplié par deux
Parmi les représentants de ce dernier, Christian Convers, ancien secrétaire général de la Coordination rurale. Interrogé par Alexandre Jardin, il a confié être passé, depuis fin février, « de 0,75 euro à 1,50 euro ». « Imaginez qu'il ait doublé pour les citoyens, de 1,80 euro en moyenne, avant la crise, à 3,60 euros », ajoute-t-il peu après, au micro de France Info. « Je pense que plus personne ne pourrait y arriver […] ça ne vaudrait même plus le coup d'aller travailler. » Or, « c'est le gazole non routier qui a augmenté le plus », rappelle-t-il.
🔴 Agriculture : "Le prix du gazole non routier a doublé, au-delà d’1€ le litre on n’y arrive plus", alerte Christian Convers, président d'Agriculteurs en Colère, estimant que "les mesures du gouvernement ne sont pas à la hauteur". #ToutEstPolitique #canal16 pic.twitter.com/DeinyQLBHD
— franceinfo (@franceinfo) May 2, 2026
Face à la grogne montante, le gouvernement a annoncé, dans un premier temps, son intention de prendre en charge, en avril, le droit d’accise payé par les agriculteurs sur le GNR agricole, soit 3,86 centimes par litre. Ensuite, un second coup de pouce a été prévu, pour mai, avec un remboursement de 15 centimes par litre. À cela s’ajoutent un « report de paiement des cotisations et contributions sociales dues au titre de l’année 2026 », une « prise en charge exceptionnelle de cotisations sociales à la MSA » (Mutuelle sociale agricole) ainsi qu’un « prêt flash carburant » pour faire face aux difficultés de trésorerie.
Mais la baisse de coût du GNR au litre que génèrent ces mesures, de l’ordre de 20 centimes, ne suffit visiblement pas. Christian Convers estime que « pour qu'on équilibre à peu près nos comptes, il faut qu'on soit avec un GNR autour d'un euro ». Patrick Legras, ancien président de la Coordination rurale dans les Hauts-de-France, avait fait lui aussi le voyage jusqu’à Paris, le 2 mai. Il décrit concrètement sa situation : « En ce moment, mon fils est en train de planter des pommes de terre. Nous, on utilise à peu près 1.000 litres de gasoil par jour. On était à 0,66 euro le litre au mois de janvier. Là, on l'achète à 1,25. Je ne vous fais pas de dessin. Nous donner 15 centimes ou 18 centimes, c'est ridicule. »
Belle manifestation ce 2 mai pour dire STOP à une telle gestion de l’énergie fossile
en 🇫🇷! pic.twitter.com/ADBhHLTYGI— Legras patrick (@patrick_legras) May 3, 2026
Les engrais entre flambée des prix et pénurie
Le producteur nordiste attire, par ailleurs, l’attention sur la flambée parallèle du prix des engrais azotés. « Le gaz augmente et va encore augmenter. Et les sources de gaz, il n'y en a que trois. » La guerre sévissant au Moyen-Orient, mais aussi toujours entre la Russie et l’Ukraine, restent les États-Unis, avec qui les relations commerciales sont compliquées. « On l'a vu hier avec les taxes qui ont été mises sur les voitures », constate Patrick Legras, « on est mal aussi avec eux. » S’il estime que la situation va rester gérable en 2026, il se montre bien plus inquiet pour l’année prochaine : « Non seulement il y a un problème de prix, qui va encore augmenter, mais en plus, on n'aura même pas les volumes, parce qu'aujourd'hui […] il n'y a aucun accord pour nous fournir cet engrais. »
L’optimisme du gouvernement ne semble plus guère convaincre les initiateurs du Réveil des Terroirs, et Patrick Legras le premier : « Je préfère entendre le président de TotalEnergies qui dit que ça va durer des années que nos ministres qui disent ça va aller mieux, peut-être que... C'est dramatique. »
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27 commentaires
On ne dira jamais assez tout le mal que les différents gouvernements ont fait à la France depuis 50 ans .
Quelque temps Monsieur Lecornu a su donner le change et surnager sur une situation très difficile. Ce temps-là est révolu. Il ne contrôle plus rien. Il en devient même ironique face aux Français désabusés et de plus en plus criblés de dettes. Il est vrai qu’il est encore moins responsable que son patron Macron de la crise actuelle. Mais de ce fait ils sont associés dans leur lourde culpabilité. La France, avec ces gens-là, n’a plus voix au chapitre. La France ne compte plus. La France n’est plus qu’un petit bouchon qui flotte au gré des tempêtes que d’autres créent ou résolvent. La honte nous prend. La colère aussi.
Lecornu est en train de fliquer Total, qu’il veut faire passer comme le profiteur. Mais il oublie que le profiteur, c’est lui. 60% de taxes sur une commodité dont on ne peut se passer, essentielle ? Pour comparer, imaginons une TVA à 60ù au supermarché : nul doute que ça ferait quelques mécontents. Il est infoutu de faire la moindre économie.
Si vous voulez rire un peu cherchez : « La cicrane et la froumi » de Pit et Krik. Bonne journée…
Seule solution Frexit et se rabibocher avec Poutine !
Effectivement c’est la seule solution ou alors crever sous les obligations de l’UE.
Ça fait des mois que je le répète. Merci!
Qui nous a poussé à prendre des sanctions contre la Russie?…
Washington, par l’entremise de Berlin.
Je pense que c’est une des rares solutions.
L’attitude du gouvernement n’est ni pus ni moins que dramatique . il refuse de voir la réalité en face et se cache derrière des pudeurs assassines ( pour rester correct). Mettons dehors ces incapables qui nous ruinent et s’enrichissent honteusement . Ces messieurs devraient relire l’histoire de France et s’interroger sur les risques de la révolte des paysans .
Ils se cachent derrière leurs revenus et leurs petits confort.
Ne vous inquiétez pas ,notre président se promène en Arménie et fait des soirées « karaoké » en chantant du Aznavour !! Tout va très bien Mme la Marquise !!Sauf que ,vous connaissez la suite !!
Curieusement, personne ne parle de la stupidité européenne à l’égard du gaz et du pétrole Russe. La seule solution est bien de quitter cette folie en urgence.
Tout ce petit monde grogne et monte sur la capitale pendant 3 jours et hop , une bonne… parole et tout ce petit monde rentre dans les chaumières. Trump à raison de les ficeler économiquement car pas un mot ni un poil d’aide aux US. Et le mozart de la finance qui engloutit notre argent en Ukraine et depuis hier va aider l’Arménie. J’espère que Trup va appuyer sur la pédale ….de l’étranglement économique européen qui le mérite mille fois.
Et pendant ce temps là, Monsieur Macron est parti se promener en Arménie, déplacement tout à fait indispensable dans le contexte actuel pour l’avenir de la France. Avec 3 600 milliards de dette, on a les moyens de payer ses voyages. Le kérosène pour son Airbus ne coûte pas cher…
Qu’on le veuille ou non les européens doivent s’engager militairement en soutien des usa pour libérer le détroit sous peine de faillite totale à venir.
Y a-t-il encore 1 seul paysan qui voterait pour un candidat qui ne prônerait pas la sortie immédiate de la France de l’union européenne qui s’applique à les détruire ?
Dans ce cas, ce serait à désespérer de leur bon-sens…
Oui
Ils pèsent combien de voix les paysans à côté de celles de ceux qui se précipitent sur les poulets ukrainiens qui enrichissent un apparatchik. Ne parlons pas du mercosur et de l’augmentation du prix du gaz. Et combien de litres de GNR par m3 de biocarburant ?
Et pourtant, ils en ont profité ds largesses de l’UE, notamment leur principal syndicat ! « Vous chantiez, et bien dansez maintenant » !
Les dirigeants de la FNSEA ne sont pas des paysans. Ce sont des gros propriétaires terriens, des industriels qui n’ont plus rien à voir avec le monde de la terre. Beaucoup d’entre eux ont des intérêts et des propriétés en Amérique du sud. Ils sont gagnant des deux côtés. Les petits adhérents de ce syndicat sont les dindons de la farce.
Oui, tous ceux de la FNSEA… et ils sont nombreux.
La passivité des agriculteurs comme de tous les français qui subissent ne dure qu’un temps. macron et son gouvernement se moquent ouvertement des gueux avec ses propositions minables et méprisantes. Alors j’espère que ça va bouger « enfin »
Il serait nécessaire de changer les pleutres qui gouvernent certains pays de l’UE.
IL VA « TEMPS » ! …
« Ca » va même ruisseler avec la mise en place de la PPE 3 du « faiseur de cocus » ! …
Tout est bon pour faire disparaitre le monde agricole