Jean Castex a présidé, le jeudi 25 février, à 18 heures, une nouvelle conférence de presse pour faire le point sur la situation sanitaire en . Le Premier ministre a précisé la stratégie du gouvernement pour endiguer la circulation du Covid-19 en France, quelques jours après l’annonce d’un , le week-end, à Nice et Dunkerque.

Au micro de Boulevard , réagit aux dernières annonces.

 

 

 

Le Premier ministre, Jean Castex, le ministre de la , Olivier Véran, et Alain Fisher, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, se sont exprimés ce soir devant les Français pour les tenir informés de l’évolution de l’épidémie de Covid-19. Que faut-il retirer de cette conférence de presse ?

Premièrement, si j’ai bien compris, la propagation du virus se poursuit.

Deuxièmement, on accepte le principe d’un traitement différencié en fonction de la gravité de la propagation de l’épidémie dans les territoires, département par département, en traitant différemment les départements selon leur situation sanitaire.

Troisièmement, les vaccins progressent.

Quatrièmement, un certain nombre de traitements sont autorisés. Ces nouvelles ne sont pas mauvaises, mais je constate quand même qu’il y a quelques incohérences dans la stratégie gouvernementale qui s’infléchit sur un certain nombre de points. Elle ne change pas sur le point le plus important qui est la possibilité pour que les médecins prescrivent. Cela me paraît être une porte d’entrée qu’il aurait pourtant fallu prendre.

 

On a l’impression de tourner un peu en rond. Nous entendons les mêmes intervenants, les mêmes discours à la fois rassurants et alarmistes. On a l’impression que tout va mieux, mais on menace de confiner plusieurs régions. Que peut-on dire de cette gouvernementale ?

Le principe de traitement territorial différencié semble désormais être acquis, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques semaines. C’est plutôt une bonne nouvelle. Je réclame cela comme beaucoup d’acteurs politiques depuis un moment. Il me paraît de bon sens de traiter différemment le Finistère où il y a zéro cas de la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis ou la Moselle où, visiblement, les taux sont plus élevés. Le point de départ de la stratégie gouvernementale – on vaccine, on « couvre-feute » et on confine – n’a pas changé. Or, tous les médecins qui réclament le droit de prescrire des traitements qu’ils ont eux-mêmes validés sur le plan thérapeutique, il n’y a pas de progression sous ce rapport. Le ministre de la Santé nous expliquait, tout à l’heure, que des traitements vont être testés dans les publics. Ces traitements n’ont pas fait l’objet d’études complètes et ont été considérés comme efficaces empiriquement. Autrement dit, on accepte les traitements qui ne font pas l’objet d’études complètes à partir du moment où c’est l’hôpital public. Dès lors que ce sont des médecins privés, on ne les accepte pas. Il y a une différence de traitement depuis l’origine, un acte de méfiance à l’égard des médecins traitants généralistes, la médecine de ville et du secteur privé en général, dont on n’est toujours pas sorti. Ce principe d’action qui écarte les traitements, la prescription des médecins généralistes et la liberté de prescrire du secteur privé est une des causes du marasme sanitaire que nous traversons et cela n’a pas changé.

C’est dommageable pour tous les Français.

Si la plupart des Français ont accueilli avec soulagement la décision du gouvernement de ne pas confiner la population, on a l’impression que ce couvre-feu use la patience des Français. Ils sont de plus en plus à demander un troisième confinement. Est-ce de la stratégie cynique ?

Je suis très marqué par la capacité du peuple français à s’imposer à lui-même des consignes sanitaires qui n’ont pas de sens. Je vois des personnes qui, par réflexe et par inattention, continuent à porter leur alors qu’elles sont seules dans leur voiture. Je me dis qu’on est arrivé à un tel niveau d’intériorisation de la contrainte que toute forme de contestation ou de critique devient difficile. Encore une fois, je comprends que ces personnes agissent de cette façon. Le conditionnement est tel qu’il est très difficile de s’en échapper. Cela étant dit, il me semble que, par ailleurs, le couvre-feu est quand même moyennement respecté. Je rentrais tout à l’heure de Paris entre 17 h 30 et 18 h 45 et il y avait énormément de monde dans la rue et sur les routes. Dans toutes les villes de France, c’est la même chose. Au fond, on voit très bien qu’il y a beaucoup d’effet d’annonce mais, en réalité, le gouvernement sait lui-même que faire respecter le couvre-feu à 18 heures partout en France est impossible.

25 février 2021

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