Réaction de Thierry Mariani, tête de liste RN en Provence-Alpes-Côte d’Azur au lendemain du premier tour des régionales.

 

 

 

Vous êtes arrivé en tête aux élections régionales de Provence-Alpes-Côte d’Azur. On vous attendait largement devant. Une énorme abstention est observée. Êtes-vous déçu des résultats ?

Nous sommes arrivés avec 4,5 points de plus que Renaud Muselier. Je ne vais pas vous cacher que j’aurais espéré mieux, mais nous avons assisté à une soirée surprenante. TF1 a ouvert cette soirée électorale en disant que l’on était battu de 1,5 point par Renaud Muselier. Finalement, à 22 h 30, toutes les chaînes nous ont annoncé que nous étions à égalité. Tous ceux qui nous disent qu’ils en ont assez et qu’il faut que la France change n’ont pas pris le temps nécessaire pour aller voter. Lorsque je vois que, dans les abstentionnistes, la plus grande partie d’entre eux est issue de la droite patriote, j’ai envie de vous dire que c’est bien de « liker » sur Facebook, mais une élection se gagne lorsque les gens vont vraiment voter. Je m’adresse à ces gens-là, si vous voulez vraiment que cela change, allez jusqu’au bout et agissez.

Le RN avait tendance à voir cette élection régionale comme un galop d’essai avant l’élection présidentielle. Les électeurs qui ne se sont pas déplacés n’ont peut-être pas été convaincus par le programme que vous portez et que porte Marine Le Pen.

Lorsque je compare avec les autres régions, nous sommes l’une des régions qui s’en est le mieux sortie. Je pense que ces électeurs sont lassés. Je suis rentré chez un commerçant qui m’a demandé s’il pouvait faire un selfie avec moi et si je pouvais lui signer un tract pour qu’il le montre à sa femme. Je lui ai dit « J’espère que vous irez voter dimanche ». Sa réponse a été que cela ne servait à rien. Si l’insécurité continue à augmenter, si l’immigration continue à se déverser en France, tous ces gens ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes. Il y a, dans cette région, plusieurs centaines de milliers de voix qui nous sont proches et qui ne se sont pas exprimées. Dimanche, ou vous vous exprimez ou vous vous taisez pendant six ans et demi.

Y a-t-il un ras-le-bol généralisé vis-à-vis de la classe politique dans son ensemble ?

Je ne mets pas tous les hommes politiques dans le même plan. Je vous rappelle que dans cette région, les Républicains ont décidé de s’allier avec En Marche ! La liste de M. Muselier, cet accord a été annoncé par M. Castex. Désormais, 38 personnes figurent sur la liste de M. Muselier et soutiennent clairement M. Macron. Après avoir eu le candidat socialiste qui nous expliquait que jamais il ne plierait aux pressions, il vient de se retirer pour, finalement, faire en sorte que nous ayons, des communistes aux Républicains, des socialistes à En Marche !, tout le monde pour s’opposer à cette volonté populaire. Les tambouilles politiciennes ne sont pas de notre côté.

On en revient au même scénario qu’en 2015. Toute une classe politique unie contre le Rassemblement national. C’est un paradoxe lorsqu’on sait que vous êtes issu de cette droite républicaine.

Cela ne me surprend pas beaucoup. Quel est le point commun entre tous ces partis qui s’allient ?

C’est tout simplement de garder leur poste. Ils savent très bien que la démocratie n’est pas en danger si j’étais à la tête de la région. Ils savent que la culture ne va pas être supprimée si j’arrivais, avec ma liste, à la présidence de la région. Ils savent très bien que la seule chose qu’ils ont à protéger c’est leur poste. C’est une posture, ces Jean Moulin de pacotille qui résistent et qui font un acte pour lutter pour la démocratie. Ils méritent l’Oscar de la comédie. En réalité, ils ne luttent que pour mal tenir leur pouvoir et leur poste.

Lorsque vous entendez vote ancien ami Xavier Bertrand, tête de liste dans les Hauts-de-France, déclarer qu’ils avaient arraché les mâchoires du Front national, qu’est-ce que cela vous évoque ?

Je crois que les Français ont besoin qu’on les libère de l’augmentation sans fin de la délinquance. Les Français attendent que l’on ait enfin une immigration contrôlée. Les Français attendent que l’on s’occupe enfin de leurs emplois. Personne ne pense qu’au XXIe siècle, le Rassemblement national est un danger pour la démocratie. C’est un faire-valoir pour tous ceux qui n’ont rien d’autre à dire aux Français.

 

 

 

21 juin 2021

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