Editoriaux - Société - 5 octobre 2019

Il est encore temps d’arrêter l’engrenage…

Pourquoi se mobiliser le dimanche 6 octobre ?

Dimanche se tiendra, à Paris, une manifestation contre le projet de loi bioéthique actuellement débattu à l’Assemblée nationale. Au vu du basculement anthropologique et juridique qu’entraînerait cette loi, la mobilisation est nécessaire ! Ce projet nous met face à un choix majeur : voulons-nous d’une société fondée sur le diktat du désir ? Ou, au contraire, acceptons-nous les limites inhérentes à notre condition humaine ?

Un engrenage infernal

Avec ce projet de loi, le gouvernement fait sauter le dernier verrou avant la GPA. Il fut un temps où Édouard Philippe soulignait si justement qu’après l’élargissement de la PMA, c’est « la GPA qui au nom de l’égalité sera[it] réclamée ». En effet, comment justifier l’élargissement de la PMA, au nom de l’égalité devant un prétendu « droit à l’enfant », et refuser par la suite la GPA qui sera réclamée au nom de cette même égalité ? Le gouvernement a beau dire « la GPA, jamais ! », la logique est connue de tous. Demain, la GPA sera légalisée en France.

Ce projet de loi fait également entrer de plain-pied la France dans le transhumanisme en détournant la médecine de son but thérapeutique. Deux femmes ou une femme seule ne souffrent aucunement d’une infertilité pathologique. Demain, chacun pourrait alors s’attendre à ce que la médecine vienne satisfaire ses désirs. Non, Agnès Buzyn, la médecine n’est pas là pour répondre aux désirs de chacun. Non, la médecine n’est pas là pour augmenter la nature humaine. La médecine est là pour soigner !

Enfin, le culte de la performance promu par cette loi s’avère, ô combien, dangereux pour notre société. La sélection des gamètes, selon le critère de l’efficacité, et la multiplication des tests préimplantatoires vont conduire à un eugénisme généralisé. Avec Emmanuel Macron, Bienvenue à Gattaca ne sera bientôt plus une fiction.

Un basculement juridique

Par ailleurs, en mettant fin au critère biologique de la filiation, le gouvernement soumet l’enfant à la seule volonté des adultes. Contrairement aux déclarations de Nicole Belloubet, il s’agit bien d’une « réforme de la filiation ». Le droit qui jusqu’alors reconnaissait la nature devra dorénavant mentir en affirmant qu’un enfant peut avoir deux mères, ce qui est biologiquement impossible. Dans quel monde vivent donc les ministres d’Emmanuel Macron ? Lors des débats, les membres du gouvernement font preuve d’une affolante légèreté sur la question de la filiation. Ainsi, Nicole Belloubet est en train de bafouer le droit de l’enfant de connaître son père et sa mère (art. 7 de la CIDE). N’en déplaise à Mme Buzyn, ce n’est ni une « chance » ni un « privilège » d’être orphelin de père.

La mobilisation contre ce projet de loi n’est pas vaine : la défense des droits de l’enfant, de l’exception bioéthique à la française et de l’indisponibilité du corps humain doit être portée haut et fort. Il est encore temps de dire non à l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et femmes seules, à la marchandisation des gamètes, à la GPA et à l’eugénisme.

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