Editoriaux - Justice - Société - 5 octobre 2019

In memoriam Thomas Michelin, tué samedi dernier en plein centre de Bordeaux

Aujourd’hui, samedi, auront lieu les obsèques de Thomas Michelin, à Saint-Aigulin, en Charente-Maritime. Thomas était ouvrier ferroviaire et travaillait pour une entreprise de sous-traitance pour la SNCF. Il était aussi père de deux petits enfants de 5 et 2 ans. Avec sa compagne Salomé, qui a accepté de témoigner pour Le Parisien, il s’était installé, il y a quatre ans, dans un petit village du sud du département.

« C’était le grand frère, l’invincible toujours prêt à nous défendre. »

C’est ce qu’il a fait, samedi dernier, à Bordeaux, quand le petit groupe formé de son frère et d’un ami a été importuné par des jeunes SDF, armés de couteaux, et déjà connus des services de police pour des faits de violence. Mais il y a laissé la vie. Il est mort dans les bras de sa compagne.

« Je me suis absentée, a-telle confié au Parisien, quelques minutes. Quand je suis revenue, c’était fini. Thomas est mort dans mes bras. On est impuissant face à ça, on ne peut rien faire. Ces coups, c’était pour tuer. Ils ont visé les parties vitales. Pas les jambes, ni les bras ! »

Derrière la douleur, on sent la révolte. Et comment ne le serait-on pas, révolté…

Pour le couple, cette virée à Bordeaux, c’était une première : Bordeaux, la belle et grande ville de la région, la place Saint-Projet. Et puis c’était une première, aussi, car il avait fallu jongler pour faire garder les petits.

C’est tout cela qui a été assassiné : toute cette vraie vie, encore en fleur, simple, comme nos couples de jeunes la connaissent, partout dans la région, partout en France.

On ne peut qu’être révolté. Des familles détruites. De petits orphelins. Une mère et un frère anéantis. Une mère, Sophie, qui a confié au Parisien : « J’ai la haine. Je m’étais préparée à un accident de la route. Pas à ça… Personne ne peut se préparer à ça. »

Ce samedi, nous serons nombreux, là-bas, à Saint-Aigulin, et partout dans le Sud-Ouest, à nous associer aux prières et au chagrin de la famille de Thomas. Nous aussi, révoltés par cette disparition injuste qui s’ajoute à tant d’autres, après celle de Timothy, au début du mois, nous ne pouvons accepter ces meurtres et cette insécurité de nos villes comme une fatalité.

Le premier devoir d’un État et d’un édile, c’est d’assurer la sécurité de ses concitoyens. C’est la France profonde, provinciale, des petits villages, de la vraie vie, pas facile, mais simple et généreuse, qui paie une fois de plus, avec tous ces meurtres sur lesquels les grands médias ne s’attardent guère, un lourd tribut à l’ensauvagement de nos villes.

Plus que jamais, pour ces jeunes si injustement fauchés, pour leurs familles, pour cette France des oubliés, nous nous devons de nous engager.

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