Les fêtes de Noël avaient bien commencé… Toute la enfin réunie s’était recueillie devant la crèche pour honorer l’innocente divinité d’un christianisme déclinant, puis avait sacrifié avec la même ferveur devant le sapin pour échanger cadeaux et bienfaits d’un consumérisme triomphant. Le morceau de roi du repas qui suivit fut la dinde que l’un de mes enfants, travaillant dans un abattoir de volaille, nous avait fournie. Le plat et sa garniture furent apportés, non sans solennité, sur la table. Et un autre fils, cuisinier de son état, s’apprêtait à découper le bel animal, gros, gras, rôti à point, dont la peau dorée craquait déjà sous sa lame, quand son frère déclara à la cantonade : c’est de la viande halal !

Il n’est guère dans nos habitudes de se nourrir selon des rites contraires à nos traditions, bien que la curiosité, l’exotisme et, d’une manière générale, l’attention aux autres nous y poussent de temps en temps. Une comme la nôtre, constituée de personnalités aux sensibilités très différentes, s’abandonne parfois à un certain syncrétisme alimentaire, mais le jour de Noël, fête chrétienne par excellence, manger halal, c’était comme imposer le porc un jour de ramadan.

L’exclamation unanime vint donc aussitôt : comment est ce possible ?

Mon fils nous expliqua alors que son entreprise, consciente de la part grandissante prise par le halal, avait tout mis en œuvre pour satisfaire cette nouvelle clientèle. En principe, pour cet abattage religieux, la bête doit être consciente, donc non étourdie, elle doit être égorgée de façon large jusqu’au vertèbres cervicales ; il faut, enfin, que l’animal soit tourné vers La Mecque pendant qu’une formule rituelle est prononcée par un musulman agréé. Il n’a pu nous préciser si ces conditions étaient scrupuleusement respectées dans l’atelier d’abattage, mais la présence de plusieurs imams, venant de la région parisienne et dont les déplacements comme l’hébergement étaient pris en charge par l’entreprise, atteste bien d’une production halal.

Et même d’une production exclusivement et totalement halal, car les investissements nécessaires, et notamment ce recours permanent à un musulman qui vérifie le bon déroulement des procédures d’abattage, ne permettent pas d’installer une deuxième chaîne de production. Rentabilité oblige ! C’eût été trop coûteux et mieux valait tout produire selon le même processus. Certains produits sont donc estampillés tandis que d’autres, les mêmes, sont mis sur le marché sans mention de cette particularité.

Il y a bien tromperie sur la marchandise, car si manger halal ne « tue pas son homme », on nous oblige, sans nous consulter, à accepter une pratique aussi insidieuse que pernicieuse : le contrôle de notre alimentation par une religion dans les lieux mêmes où cette alimentation s’élabore. Si, de la part de l’islam, ce n’est pas de l’entrisme, qu’est-ce que c’est ! Quand les communistes, autrefois, parlaient de « plumer la volaille socialiste », l’islamisme aujourd’hui impose ledit volatile, plumé et tué, à tous les Français.

Les entrepreneurs qui se plaignent, à juste titre, d’être embarrassés à longueur d’année par une réglementation tatillonne et envahissante ne semblent pas, en l’espèce, avoir trouvé la moindre réprobation et, a fortiori, le moindre soutien de l’administration contre cette intrusion islamique. Quel est le statut de ces « collaborateurs », quelle est leur « protection sociale »; on aimerait entendre l’inspection du travail sur le sujet ?

Autant dire que la dinde à laquelle on fit pourtant un sort un tantinet vengeur n’eut pas totalement le fumet attendu.

29 décembre 2020

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