Faut-il rendre à Alger le canon « La Consulaire », pris après le siège d’Alger ?
Dans la grande Histoire de ceux qui veulent, une fois encore, faire culpabiliser la France pour son passé colonial, la députée écologiste Sabrina Sebaihi a décidé d’écrire un nouveau chapitre. Elle souhaite déposer une proposition de loi visant à restituer à l’Algérie le canon Baba Merzoug, connu en France sous le nom de La Consulaire, pris après le siège d’Alger et dressé en monument dans l’arsenal de Brest depuis 1833. Selon ses mots, il s’agirait de ne pas construire « l’avenir sur des trophées de guerre » et de mettre fin à une mémoire à sens unique. Pourtant, réduire cette pièce d’artillerie au seul symbole de la conquête française de 1830 revient à effacer près de trois siècles durant lesquels ce canon fut avant tout l’outil de crimes atroces contre des chrétiens et contre les puissances européennes.
La proposition de restitution
Le canon concerné est une pièce de bronze coulée au XVIᵉ siècle, longue d’environ 6,5 mètres et pesant près de 12 tonnes. Installé à l’entrée du port d’Alger, il servait à défendre la rade et symbolisait la puissance de la régence d’Alger. Aujourd’hui, dans l’arsenal de Brest, il est surmonté d’un coq aux ailes déployées, tenant dans ses pattes un boulet.
Sabrina Sebaihi présente sa restitution comme un geste de justice mémorielle envers l’Algérie. Dans son message publié sur X, elle affirme vouloir « réparer l’Histoire », soutenant que la relation franco-algérienne ne pourrait se construire sur la conservation d’un trophée militaire. Un objet pris en toute légalité à l’époque, selon le droit de prise, lors de l’expédition d’Alger, demeurerait, par nature, illégitime sur le sol français. Cette lecture morale, séduisante en apparence, ne tient pourtant que si l’on commence le récit en 1830 et si l’on oublie soigneusement ce que fut ce canon auparavant. Elle suppose aussi une étrange conception de la réciprocité. La France devrait restituer sans cesse, reconnaître toujours davantage, solder indéfiniment les comptes du passé, tandis que l’Algérie, elle, ne rendrait rien, n’admettrait rien et n’aurait aucune dette historique à examiner. Pourtant, la France a laissé en Algérie des ports, des routes, des hôpitaux, des écoles, des infrastructures administratives et urbaines considérables. On demande donc à Paris de rendre un canon, mais aucun des élus issus de la gauche ne semble pressé de faire la moindre demande à Alger.
Le canon des Barbaresques
Bien avant son arrivé à Brest, Baba Merzoug était l’un des instruments militaires des pouvoirs corsaires vivant largement du pillage maritime et de l’esclavage, quand des milliers de chrétiens étaient capturés en Méditerranée entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle. Ce canon n’était pas un paisible objet patrimonial attendant sa future muséification, mais une arme au service d’un système de prédation.
L’épisode le plus célèbre concernant cette arme survient en juillet 1683 lors du bombardement d’Alger par l’escadre de Duquesne. Le consul de France Jean Le Vacher, également prêtre lazariste et représentant de Louis XIV, fut attaché à la bouche du canon par ordre des autorités d’Alger, en représailles aux attaques françaises menées pour mettre fin aux razzias et à l’esclavage pratiqués par les Barbaresques. Le malheureux religieux fut mis à mort dans des conditions d’une barbarie extrême. Son corps fut attaché à la bouche du canon puis déchiqueté et projeté vers la flotte française. Le canon reçut dès lors le surnom de La Consulaire, en mémoire de ce crime.
Lorsque la France s’est emparée d’Alger en juillet 1830, elle saisit dans les fortifications plusieurs pièces d’artillerie ennemies, dont Baba Merzoug. Ce dernier fut envoyé à Brest afin d’être érigé en monument commémoratif officiel de la prise d’Alger. Il est reconnu aujourd’hui par l’Inventaire du patrimoine français.
Un projet tronquant l’Histoire
Oui, le canon fut pris en 1830, arraché à ses propriétaires, mais auparavant, il servait un régime barbaresque, meurtrier et esclavagiste. Il fut l’instrument du supplice de nombreuses victimes, dont Jean Le Vacher.
La France ne conserve donc pas seulement un trophée militaire. Elle conserve la trace matérielle d’un système criminel vaincu et d’une justice historique rendue à ceux qui en furent les victimes. Garder ce canon à Brest rappelle que la puissance qui terrorisait jadis la Méditerranée fut un jour vaincue. Le restituer à l’Algérie reviendrait à transformer l’arme d’un crime en objet victimaire, ce serait dire que la France avait tort de prendre cette arme aux mains d’esclavagistes dont les exactions barbaresques seraient passées sous silence pour entretenir le procès perpétuel à l’encontre de la France. Ce ne serait pas réparer l’Histoire mais la falsifier.
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51 commentaires
la question n’est pas de rendre ce canon ,le problème c’est qu’après avoir baissé notre pantalon pour la millième fois ,que sera la prochaine doléance
Phoebe,
Merci Eric de Mascureau pour votre brillant article, courageux et bien documenté. Pour en savoir plus sur la victime, ce Père missionnaire et consul de France dans la régence d’Alger lorsqu’il fut exécuté à la bouche d’un canon le 23 juillet 1683, lisez « Mission en Terres Barbaresques » edition Artège.
Pas question de rendre le canon.
En 1830, l’Algérie n’existait pas, c’était la Régence d’Alger, gouvernée par un Bey turc, depuis que Barberousse , roi d’Alger depuis 1520, l’avait offerte au Sultan de Constantinople Sélim Ier, pour agrandir l’empire orroman et bénéficier d’une protection . Elle fut aussitôt accordée et accompagnée, en remerciement, de ce fameux canon géant appelé Baba Merzoug.
Puisque cette personne veut que la relation franco-algérienne se reconstruise sur des bases saines, la France souhaite justement sécuriser et assainir son territoire mais pour ce faire, elle doit rendre à César ce qui appartient à César aux frais de l’Algérie naturellement, les milliers de prisonniers qui surpeuplent nos prisons avec les gros et petits délinquants de tous genres en liberté sur notre territoire. Quant à rendre le canon “La Consulaire” c’est NON ! Une prise de guerre ne se rend jamais. D’une part, il symbolise près de trois siècles de crimes barbares commis par les esclavagistes contre les chrétiens et les puissances européennes et d’autre part, il est le trophée de la conquête française de 1830.
Entièrement d’accord!
Et puis quoi encore, il faut cesser de nous humilier monsieur le président, le peuple français a aussi sa fierté, par exemple celui d’avoir créé l’Algérie qui n »tait que peu de chose aux yeux d’un sultan lointain.
Ok pour rendre le canon, mais on fait un lot avec tous leurs ressortissants prisonniers, OQTF et autres criminels ou délinquants multirécidivistes.
Très très bonne suggestion !! Cela s’appelle du troc !! Et vu le nombre pas besoin de grue pour le soulever !!!
Il faut penser aussi à rendre le slip d’ABD EL KADER et ceux de tout son harem. Il y a du boulot.
Il ne faut surtout pas rendre ce CANON, c’est un trophée de guerre. Il faut rappeler à la députée écolo de prendre connaissance de l’histoire de ce CANON et elle cessera de le réclamer si elle tout compris. Si elle insiste, la calmer en lui envoyant la facture de toutes les infrastructures que la France a conçues et laissées depuis 1830 jusqu’en 1962 sans oublier d’ajouter le montant colossal des aides financières et techniques depuis 1962 après cette guerre d’indépendance et durant des décennies. Ce CANON surnommé « La Consulaire » a servi à exécuter de manière barbare le Consul et Prêtre lazariste français Jean Le Vacher en 1683, en représailles à l’attaque perpétrée par l’ Amiral Duquesne. Il aurait dû jouer le même rôle pour le consul André Piolle le 29 juin 1688, mais celui-ci fut battu à mort auparavant. D’autres prisonniers dont 42 chrétiens subirent le même sort par les canons de batteries sur l’ordre du dey en représailles à l’attaque perpétrée par le Maréchal Jean d’Estrées en 1688. Ce canon comme d’autres canons sont pris par l’armée française, alors commandée par le Général de Bourmont et l’ Amiral Dupperé, lors de la prise d’Alger en 1830.
Ils nous rendent les esclaves européens de l’époque et on rend le canon
Il serait bon de rappeler à cette Sabrina qu’avant la colonisation française, l’invasion colonisatrice a été arabe. Que ceux-ci ont soumis les « algériens de souche » (berbères, kabiles,…) violemment et que la colonisation française n’a fait que redonner de la liberté à ceux-ci. Malheureusement, l’indépendance décrétée par DeGaulle a redonné le pouvoir violent aux arabes. Il est donc hors de question de redonner à ceux-ci un symbole de leur potentat.
Si De Gaulle ne leur avait pas donné leur indépendance, ils nous coûteraient encore bien plus cher et on aurait toujours la guerre et comme nous nous faisons toujours la guerre avec modération on ne risquerait pas de la gagner.
Erreur historique. Lorsque de Gaulle a donné l’Algérie sans contrepartie, la guerrre était gagnée. Grâce à Massu et Bigeart.
Bigeart ? Vous avez dit « Bigeart » ?
Faut-il rendre, préalablement à Alger, tous ses délinquants qui sont sur le territoire français ?
Lors de la conquête d’Alger, l’algérie n’existait pas. C’est la France qui créé ce pays.
Sauf que contrairement à nos dirigeants, ceux d’Algérie ne sont pas idiots et refusent de reprendre leurs délinquants , et ça tombe bien vu que nos dirigeants sont incapables de décider d’expulser ces mêmes délinquants!
Ne faudrait-il pas aussi rendre la colonne Vendôme, débaptiser la gare qui porte le nom de la bataille où ont été saisis les canons qui ont servi à l’ériger.
Mais où va-t-on? La bêtise des écologistes n’a pas de limite
Il faut que ces personnes arêtes de dire n’importe quoi le canon est à Brest et le restera .
Justice mémorielle ? on se pince.
Rendre le canon à qui à un pays qu’il n’existait pas en 1830,par contre leur faire payer la nouvelle Algerie construit par la France cela doit étre dans l’ordre de 1000 milliards d’euros au bas mots.
Bonne opportunité pour atténuer la dette « macron »
Cette prise de guerre mit un terme à de longues années d’atrocités, de traite de Blancs et d’esclavage.
Mais comment les algériens vont faire pour nous rendre routes, ports, hôpitaux et morts de la guerre d’Algerie?