Face aux agriculteurs, un seul candidat de gauche a fait le déplacement

Quelles sont les propositions des candidats à l’élection présidentielle pour l’agriculture française ? Pour répondre à cette question, le syndicat agricole FNSEA à invité à Besançon, dans le cadre du congrès de la FNSEA, ce mercredi 30 mars, tous les prétendants à l’Élysée au-dessus de 2 % d'intentions de vote à présenter leurs objectifs. Seuls cinq se sont déplacés à l’appel du premier syndicat agricole : Marine Le Pen (Rassemblement national), Valérie Pécresse (Les Républicains), Éric Zemmour (Reconquête), Fabien Roussel (Parti communiste français) et Jean Lassalle (Résistons). Emmanuel Macron était retenu à Paris par un Conseil de défense mais avait envoyé une vidéo. Hors Fabien Roussel, la gauche a donc brillé par son absence...

Les candidats avaient moins de dix minutes chacun pour expliquer ce qu’ils comptent mettre en œuvre pour aider le secteur agricole. Suivait un temps de questions-réponses avec les politiques. Des propositions écoutées avec attention au moment où l’agriculture française fait face à de nombreux défis : multiplication des suicides chez les agriculteurs (environ un paysan se donne la mort chaque jour en France) et, conflit russo-ukrainien oblige, augmentation du prix du carburant.

Quelle agriculture pour quel candidat ?

Éric Zemmour veut donner un « nouveau souffle » à l’agriculture française. En privilégiant les circuits courts et en limitant le pouvoir de la grande distribution sur les prix des producteurs, il promet que sous son quinquennat, les paysans seront mieux rémunérés. Une urgence, notamment pour les éleveurs.

Lutter contre le suicide des agriculteurs sera l’une des priorités de Marine Le Pen. « Je demanderai à mon ministre de l’Agriculture de mettre en place, à l’échelon local, les mesures nécessaires pour accompagner les agriculteurs en difficulté, notamment les plus âgés, afin de trouver une solution adaptée à chaque situation », explique-t-elle dans son programme.

La campagne sera la grande cause nationale du mandat de Jean Lassalle. Il veut investir trois milliards d’euros dans les territoires ruraux. Pour favoriser les circuits courts, le candidat souhaite créer un « ticket paysan », sur la même base que les Tickets-Restaurant™, qui permettra d’acheter des produits locaux à moindre coût.

Valérie Pécresse veut un « choc d’investissement pour la compétitivité et l’environnement ». Cela servira à adapter les « exploitations au changement climatique en encourageant le stockage de l’eau encore trop réglementé ». Et pour aider au renouvellement des générations, elle souhaite... féminiser les métiers agricoles.

De son côté, le Président sortant se paye de mots. Il veut que la France soit l’un des meilleurs pays en termes d’agriculture. Pour cela, il souhaite « investir massivement pour l’indépendance agricole » de la France... après cinq ans d'indifférence totale.

Enfin, l'unique candidat de gauche présent physiquement, ce mercredi, face aux agriculteurs, Fabien Roussel, veut « une loi d’orientation et de programmation agricole » pour « garantir des prix de base rémunérateurs du travail paysan ». Roussel souhaite également que plus aucun agriculteur ne perçoive une retraite en dessous du SMIC. Un programme plus réaliste et moins méprisant que les délires bobos du cousin Mélenchon.

Car le reste de la gauche, en ne faisant même pas le voyage à Besançon, peine à masquer le désintérêt profond qu'elle éprouve pour nos agriculteurs, même s'ils représentent mieux qu'aucune autre profession la vie des terroirs français. Et pour cause... En fouillant dans les programmes, on trouve des perles que les agriculteurs auraient pu mal prendre.

Jean-Luc Mélenchon souhaite ainsi mettre en place une « production écologique et respectueuse du bien-être des animaux ». Vous avez bien lu ! Les agriculteurs peinent à survivre avec des salaires de misère et se suicident en nombre, mais Mélenchon a d'abord pitié de leurs bêtes. Pour respecter la dignité des animaux, Jean-Luc Mélenchon veut encore « créer les conditions pour rendre possible l’abattage à la ferme ». Dès son arrivée au pouvoir, les pesticides les plus dangereux pour la santé humaine et pour l’environnement seront interdits. Un coup de Jarnac à la profession à laquelle il ne propose aucune alternative. Selon lui, son programme permettra d’atteindre, en 2050, un système agricole 100 % biologique.

Ce rendez-vous changera-t-il les votes des agriculteurs ? Selon un sondage paru mardi 29 mars, un seul candidat se détache, et ce n'est pas le moindre des paradoxes : Emmanuel Macron arrive en première position, avec 30 % d’intentions de vote, suivi de loin par la droite avec Valérie Pécresse (13 %), Éric Zemmour (12 %) et Marine Le Pen (11 %). Au second tour, Macron est donné gagnant chez les agriculteurs dans tous les cas de figure.

Kevin Tanguy
Kevin Tanguy
Journaliste stagiaire à BV, étudiant en journalisme

Vos commentaires

36 commentaires

  1. Si j’ai bien compris : Macron qui massacre l’Industrie Française au profit de l’Europe depuis 5 ans pourra donc s’attaquer à l’Agriculture française dans les 5 années à venir et sous les applaudissements des exploitants agricoles qui ne se sont pas encore suicidés ….c’est bien ça ?

  2. J’ajoute un mot au sujet des chasseurs : je ricane bien fort quand je pense aux tribunes obligeamment offertes par Bd Voltaire à ces chantres de la « Tradition », notamment à l’abominable Schraen, Pdt des chasseurs – aucune reconnaissance, apparemment : le mot d’ordre est de voter macron au premier tour…

  3. C’est bien malheureux pour nos agriculteurs que la gauche s’en désintéresse ! J’espère que les agriculteurs iront voter et braveront les « diabolisations » car c’est bien la droite dite « extrême » qui est la plus soucieuse de leurs intérêts !

  4. Alors que les agriculteurs ne se plaignent plus, si ils en redemandent avec un Macron qui les méprise, n’a rien fait en 5 ans, et comble du mépris, ne se déplace même pas !!
    ( Quant à Mélenchon….son utopie délirante est effrayante ).

  5. J’en crois pas mes yeux macron aurait encore les faveurs des paysans mais qu’ont ils gagné avec lui depuis cinq ans , rien et de pire en pire , le sondage démontre ce qu’au niveau national les franchouillards peureux sont capables et dans ce cas , je ne les plaindrai plus .

  6. Macron pour cinq ans sans pouvoir se représenter! Ça va être du grand Macron , souvenez vous que si vous votez pour lui ,vous en chi..z des oursins .Personnellement ça me désespère pour la France , mais de voir les lâches et les abrutis punis me réjouit.

  7. Depuis des décennies, la gauche ne voit en France périphérique que des PLOUCS (terme entendu dans un syndicat, eux aussi cherchent leurs adhérents ailleurs).

    Je peux affirmer l’équivalent au sein de l’EN, l’accès au monde du travail présenté comme un échec social … et scolaire !
    Pour éviter cette « catastrophe sociale », tout faire pour que les élèves ne se retrouvent pas en formation professionnelle, donc le passage automatique en classe supérieure quel que soit le niveau !

  8. Des sondages complètement biaisés et bidonnés, réalisés par des instituts grassement subventionnés ou propriétés de copains de JUPITER, sont en train, comme en 2017, de faire croire aux Français que le 1er tour est plié et, donc, que le 2nd tour ne peut voir que la réélection du sortant.
    Arrêtons donc de regarder ces sondages, et fondons notre choix sur des données plus réalistes.

  9. Ce syndicat est soit maso, soit profite grandement des largesses de Macron au détriment de ceux qui manquent de soutien et décident de se suicider face à des efforts physiques et pécuniaires ingérables et insoutenables.

  10. Voter Macron par les agriculteurs est bien la preuve qu’ils n’ont plus en mémoire les 5 ans qu’ils viennent de vivre.

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