« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés... » (La Fontaine), c’est ce que diront peut-être les générations futures à propos du Covid. Parce que certains, même vierges de toute contamination, avancent des propositions qui évoquent une discrète atteinte encéphalique.

Voyez le député Sébastien Huyghe, dépositaire d’un amendement qui vise à instituer une franchise sur les frais de maladie, à payer pour les personnes non vaccinées contaminées par le Covid.

Il faut aller jusqu’à Singapour pour trouver dans le monde la mesure équivalente, mais seulement possible parce que le système de y est tout différent du nôtre. Parce qu’il n’y a que deux options.

Soit une organisation libérale d’assurance maladie (facultative ou non) dont on peut choisir le prestataire sur un marché concurrentiel, avec lequel on passe un contrat, et qui peut éventuellement exclure des pathologies préexistantes ou des comportements à risques.

Soit un système socialiste à la française, où on n’a pas le choix, et qui prélève de force des cotisations proportionnelles aux revenus (bien que les riches ne soient pas plus malades que les pauvres).

Mais alors, cette assurance maladie doit tout couvrir, et non rembourser « selon un système de franchises pour les personnes non vaccinées dans des proportions fixées par décret en Conseil d’État », comme le propose ce membre du parti de Valérie Pécresse. Sans préciser, d’ailleurs, si un immigré irrégulier, non vacciné mais bénéficiaire de l’AME, serait lui aussi redevable d’une franchise…

On imagine facilement où pourrait mener un engrenage où, finalement, seule une vie d’ascète hindou garantirait un remboursement à 100 % ! Et encore, avec les assureurs…

« Vous avez fumé ? Dommage… parce que pour votre cancer du poumon, il va falloir mettre un peu la main à la poche ! Pour votre hypertension et votre artérite aussi, d’ailleurs… »

Aux nicotiniques repentants se joindront ensuite l’immense cohorte des « franchisés » à venir de M. Huyghe : cirrhotiques, cannabiques, obèses ou anorexiques, sédentaires ou sportifs extrêmes, etc., qui ne doivent en fait une dégradée qu’à leurs choix personnels. Pourquoi « la société » devrait-elle en financer les effets ? Ira-t-on expliquer aux féministes que leurs sœurs n’ont qu’à serrer les genoux pour que nous économisions la prise en charge à 100 % des IVG ? Et aux HIV séropositifs qu’ils n’avaient qu’à pas…

Bon, je m’arrête là, mais aux dernières nouvelles, l’amendement a été repoussé.

31 décembre 2021

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