Perpignan : le salut nazi d’une élue de gauche fait scandale

A son grand dam, la gauche peut elle aussi se retrouver accusée de néo-nazisme.
Captures d'écran @MairiePerpignan
Captures d'écran @MairiePerpignan

Elle avait sans doute oublié la présence des caméras. Lors du conseil municipal de Perpignan, ce mercredi 17 juin, une élue de gauche a été filmée alors qu’elle mimait un salut nazi manifeste. Annabelle Brunet, membre du parti Place publique de Raphaël Glucksmann, a réalisé son geste avant d’éclater de rire, sous le regard amusé de deux de ses colistiers, Frédéric Monteil et Yves Guizard. Dans un communiqué, le maire RN de Perpignan, Louis Aliot, a annoncé son intention de saisir le procureur de la République. Lui et la majorité municipale ont condamné « avec la plus grande fermeté » un geste qu’ils disent avoir accueilli avec « un sentiment mêlé d’effroi et d’absolue consternation ».

Fort embarrassée, l’intéressée a tenté de se défendre dans les colonnes de la presse locale, assurant avoir agi par « énervement ». Elle affirme que son engagement contre l’extrémisme est « constant et connu de tous » et qu’il ne faut voir dans son geste qu’un « vote d’opposition, rien d’autre », contre une délibération conditionnant le financement des associations à leur participation aux cérémonies patriotiques... Drôle de justification. L’élue de gauche assimile-t-elle patriotisme et nazisme ? En quoi une telle mesure de bon sens relève-t-elle d’une politique digne du IIIe Reich ?

La récupération de l’extrême gauche

Si beaucoup se sont indignés d’un geste nazi « effectué de façon désinvolte », provoquant « l’hilarité » des colistiers de Mme Brunet, il est intéressant de noter que les réactions les plus vives sont venues des rangs de LFI, mouvement pourtant lui-même fréquemment accusé d’antisémitisme. Sur X, le conseiller municipal Mickaël Idrac interpelle Raphaël Glucksmann et Olivier Faure : « Vous ne rêvez pas, elle fait un salut nazi. Une réaction ? » La France insoumise locale réclame par ailleurs la démission de l’élue, également conseillère départementale des Pyrénées-Orientales.

De manière encore moins subtile, l’inénarrable Sébastien Delogu a commenté l’incident, levant le voile sur les arrière-pensées des siens dans cette affaire. « Bon, moi, honnêtement, je n’ai pas trop été choqué parce que je sais que c’est le Rassemblement national qui dirige cette ville, mais en vrai, c’est une personne qui est dans l’opposition, chez Place publique, c’est-à-dire le parti politique de Raphaël Glucksmann, qui est le soi-disant homme de gauche qui est en train de candidater (sic) aux présidentielles contre Jean-Luc Mélenchon », a-t-il ainsi attaqué, dans une vidéo postée sur X. Et le candidat malheureux à la mairie de Marseille d’enfoncer le clou, au cas où certains n’auraient pas bien saisi le message : « Vous voulez vraiment lutter contre le fascisme et le racisme ? Alors votez insoumis ».

L’antifascisme devenu fou

La lutte contre un « fascisme » fantasmé est devenue une des nouvelles lubies de la gauche. Rien de tel pour salir un ennemi politique que de l’associer à l’Allemagne nazie. On se souvient du pseudo salut hitlérien que l’ensemble de la presse mainstream avait attribué à Elon Musk. Le visionnage de la séquence permettait de comprendre que le milliardaire américain était en réalité en train d’envoyer des baisers à la foule, mais la lutte contre « l’Internationale réactionnaire » vaut bien quelques raccourcis, fussent-ils parfaitement mensongers… Il y a quelques semaines encore, l’audiovisuel public a remis le couvert en expliquant avoir aperçu, au Canon français, des « gestes s'apparentant à des saluts nazis ». Là aussi, les accusations étaient infondées. Et l’hystérie antifasciste s’est poursuivie ces tout derniers jours : Jean-Luc Mélenchon a évoqué un « concert pro-nazi » qu’Éric Zemmour serait susceptible d’organiser à la Concorde, tandis qu’un député socialiste a traité de collabos les ancêtres des élus RN… Assez osé, pour un parti politique dont la figure tutélaire, François Mitterrand, a été décorée de la Francisque par le maréchal Pétain en 1943…

Plutôt que d’être récupérée à des fins électoralistes, la triste séquence offerte mercredi 17 juin par Annabelle Brunet devrait servir de leçon à tous ces politiques de gauche et du centre qui ont fait de l’« antifascisme » un slogan publicitaire. Ces résistants d’opérette devraient prendre garde : à force de voir des nazis partout, ils peuvent eux-mêmes se retrouver accusés de sympathies hitlériennes.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

52 commentaires

  1. La sensibilité française à l’égard des symboles est permanente, mais autant d’émotion pour quelque chose d’aussi anecdotique me semble exagéré. On voit sur la vidéo que cette dame était dans la parodie, peut-être exagérément provocatrice. Tempête dans un verre d’eau.

  2. Il ne s’agit pas là d’une photo extraite d’un mouvement anodin comme pour Elon Musk ou pour le canonnier mais réellement d’un salut réitéré. en plus ça la fait se marrer et elle est fière d’elle. Demain, elle traitera tous les gens de droite de fascistes et de néo-nazi !

  3. Privilège rouge, comme dirait Mr Goldnadel ! Ils ont tous les droits, se croient tout permis, et s’octroient le privilège moral de contrôler et caporaliser la vie des autres ! « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais », pourrait être le leitmotiv de tous ces tartufes de gauche ! Alors qu’au « Canon Français » le seul fait de saluer un vis a vis, avec sa main, …au bout d’un bras légèrement en extension pour l’occasion, est un signe délictueux, sur lequel les juges de gauche vont plancher des heures durant, en prétextant par ailleurs, qu’ils sont débordés !

  4. Les incultes de tous bords oublient que fascisme t nazisme se réclament du socialisme et de la révolution. Pas vraiment des valeurs de gauche. Dont acte.

    • Vous êtes sûr de vous ! Les premiers fascistes étaient italiens Mussolini et sa bande communiste, et nazi n’est ce pas un acronyme de national socialisme… quant aux révolutionnaires de 1789 n’étaient ce pas des jacobins donc socialistes qui ont envoyés des dizaines de milliers d’innocents à la guillotine. Lisez ”Notre amie la gauche” ça vous évitera d’enfumer tout le monde….

  5. Il faut rappeler que le parti d’Hitler, du moins au début, était à tendance socialiste et s’appelait le parti national-socialiste. Il semble avoir fait des petits, chez certains…

  6. Et si on arrêtait la surenchère verbale et gestuelle ? La gauche et l’extrême gauche en vivent.

  7. Il y a 80 ans qu’on ne fait plus le salut nazi , elle n’est vraiment pas dans le coup madame Brunet .

  8. On ne se refait pas !
    C’est la famille des Pierre Laval (socialiste), Marcel Déat (socialiste) ou encore Doriot (maire de saint Denis et communiste), autrement dit, les plus zélés collaborateurs avec le régime nazi pendant l’Occupation.
    Ça ne change pas sinon que l’Occupation a changé de nature et que l’islamisme s’est substitué au bon vieux nazisme.

  9. On ne fait pas ce genre de geste, en aucune façon. Quand on monte une maquette de Me 109 ou de Dornier 217 il n’y a pas de « décalque » de croix gammée à poser sur l’empennage. On fait même attention à çà ! L’aviation finlandaise a même supprimé il y a peu la croix gammée bleue sur fond blanc de ses cocardes d’avion militaire, cocarde qui n’avait rien de nazi, mais pour l’entendement général européen c’était un peu lourd…

  10. AH ! si c’était un élu…. R N …. qui avait fait ce salut ? imaginez la réaction des mélenchonistes et de la gôche ?

  11. … »F. Mitterrand, a été décorée de la Francisque par le maréchal Pétain en 1943… »
    Tout est dit ! Chassez le naturel il revient au grand galop avec sa bêtise ignoble pour cavalier

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