Castres renoue avec son blason historique face à un logo sans âme
Le maire de Castres, Florian Azéma, élu sous l'étiquette du Rassemblement national, a annoncé le remplacement du logo contemporain de la ville par son blason historique. Cette décision marque alors une rupture avec le logo adopté en 2016 au profit d'un symbole hérité de plusieurs siècles d'Histoire. Selon La Dépêche du Midi, le maire a justifié ce choix en affirmant sa volonté de redonner à Castres « un blason qui reprend la véritable histoire de la ville », estimant ainsi que les armoiries d'une commune doivent refléter son identité, son héritage et la mémoire de ceux qui l'ont façonnée.
Des symboles qui racontent plusieurs siècles d’Histoire
Le blason historique de Castres est décrit, selon les règles strictes de l'héraldique, comme étant « d'argent à quatre emmanches de gueules mouvantes de senestre, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or, timbré d'une chausse-trape ». Derrière cette formule qui peut sembler obscure se cache en réalité une véritable leçon d'Histoire.
En effet, le champ d'argent représente traditionnellement la pureté quand l’or symbolise la noblesse, le rouge la vaillance, le bleu la loyauté et le vert l’espérance. Les quatre emmanches rouges constituent la singularité des armes castraises et sont généralement interprétées comme une évocation de la ville fortifiée.
Le chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or est, lui, directement lié à l'histoire politique de Castres. Au Moyen Âge, Castres dépend du puissant comté de Toulouse. Cependant, en 1271, faute d’héritier, l'ensemble du comté est réuni au domaine royal et Castres entre alors dans le royaume de France. Toutefois, plusieurs droits seigneuriaux demeurent entre les mains de grands féodaux jusqu'au début du XVIᵉ siècle. En 1519, François Ier récupère ses droits sur Castres et autorise la ville à porter les trois fleurs de lys sur son blason, marque de la protection royale et de son lien privilégié avec le souverain.
Au-dessus de l'écu figure ensuite une chausse-trape. L'écrivain castrais Borrel rapporte qu'elle fut ajoutée à la fin du XVIᵉ siècle « en mémoire de quelque victoire obtenue par le moyen de ces instruments de guerre ». Cette pièce militaire, toujours posée sur une pointe de manière à blesser hommes et chevaux, était semée sur le sol pour ralentir la progression de l'ennemi. Elle est devenue l'un des symboles les plus originaux des armoiries de Castres et a également inspiré la devise de la ville. En effet, toujours selon Borrel, « on a mis la devise DEBOUT, parce que cet instrument ne peut jamais tomber sans avoir une pointe en haut, et pour indiquer que les hommes devaient être toujours debout pour le service de Dieu et de leur Roy ».
Jolie et économique
Au-delà de sa dimension historique, ce retour aux armoiries traditionnelles tranche avec l'identité graphique adoptée en 2016. L'ancien logo, conçu presque selon des normes administratives, voire entrepreneuriales, se limitait à une simple représentation typographique du nom de la ville, accompagnée de la mention du département et du pays, le tout relevé de quelques touches d'un bleu et d'un gris particulièrement tristes et austères.
Contrairement à ce que certains vont vouloir avancer, ce changement ne représente aucunement un coût important pour les finances municipales. En effet, le maire a indiqué que la création de ce nouveau visuel, « entièrement réalisé en interne par les services municipaux », n'avait coûté qu'un peu plus d'une centaine d'euros. Il a également précisé qu'il ne souhaitait pas « que l'argent du contribuable soit utilisé dans du superflu ». Ainsi, aucun remplacement généralisé de la signalétique n'est prévu. Le nouveau blason sera déployé progressivement, au rythme du renouvellement naturel du matériel de la municipalité, limitant ainsi les dépenses.
Un mouvement qui dépasse le seul cas de Castres
Cependant, le retour de l'ancien blason de Castres ne constitue pas un cas isolé. En effet, de nombreuses collectivités françaises, parmi lesquelles Liévin, Marseille ou encore Carcassonne, ont délaissé des logos créés à la fin du XXᵉ siècle pour retrouver leurs armoiries traditionnelles. Cette évolution, qui dépasse les rangs du RN, traduit une volonté de replacer l'histoire locale au cœur de l'identité municipale.
Les blasons, élaborés au fil des siècles, racontent les alliances, les événements, les privilèges ou encore les particularités de chaque territoire. Ils constituent de véritables condensés d'histoire locale. À l'inverse, les logos modernes et souvent insipides, pensés pour rompre avec un passé jugé dépassé, répondent avant tout à des impératifs de communication et de marketing territorial. Dépourvus de toute profondeur historique, voire d’une âme, ils n'incarnent ni une mémoire, ni une identité, ni des racines auxquelles se rattacher dans une France toujours plus en quête de sens et de repères.
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21 commentaires
Encore une excellente initiative d’un édile RN. Les symboles sont parfois importants et c’est le cas ici. Et on ajoute l’intelligence d’étaler les effets de cette mesure dans le temps pour éviter un impact économique trop brutal et important. Bravo.
Pour en revenir au nouveau logo de Castres, qui a dû être payé fort cher, la société qui l’a conçu n’a pas
fait preuve ni de talent, ni d’imagination ! difficile de faire plus simple et plus moche ! Or dans les équipes
des mairies, il y a souvent des gens capables, si besoin était, de faire mieux et pour cent fois moins cher !
Quand va t-on se décider, en France, de marcher à l’économie ?
Toutes les Mairies de France devraient être à l’image de Castres, de Carcassonne… Des municipalités RN où il fait » bon vivre ». Pas compliqué : le vote.
J’adhère !
Ce blason pour Castres est hautement symbolique !
Ne laissons personne mutiler notre Histoire !!!!