Ce lundi de Pâques, l’allocution du président de la République n’a, non seulement, pas apporté son lot de bonnes nouvelles – le confinement est, comme on s’en doutait, prolongé de quasiment un mois, sans certitude sur son éventuelle prorogation, passé ce terme –, mais, encore, a pu foncièrement exaspérer ceux de nos concitoyens ayant conservé un semblant de sens critique.

Tout le monde aura noté, en résumé, que les écoles, collèges, lycées rouvriront « progressivement » leurs portes aux élèves de France mais, en même temps, que cinéma, hôtels, restaurants, bars, théâtres, etc., resteront imperturbablement clos – pour combien de temps ?

Tout le monde aura relevé l’emploi du vilain gros mot « frontière », mais tout un chacun aura pu être attentif à son déminage politiquement correct, puisque le propos présidentiel ne visait que les seules frontières européennes, soit celles de l’« espace Schengen ».

Tout le monde aura aussi remarqué que les fameux tests sérologiques, honnis il y a peu, seront généralisés mais… uniquement aux personnes présentant des symptômes (!). Cela signifie donc que les personnes infectées par le virus, bien que totalement asymptomatiques, seront laissées hors surveillance clinique et sanitaire. En même temps, celles-ci feront potentiellement courir un risque important au reste sain de la population, certains d’entre nous, contaminés à leur contact, pouvant déclarer la maladie sous ses formes les plus graves.

En clair, on veut éviter l’immunité de groupe mais, en même temps, d’une certaine façon, l’on s’y expose directement… Allez comprendre !

En même temps, le jeune Macron encourage à sortir de chez soi pour remplir son frigo tandis que sa police se montre impitoyable avec tout catholique désireux de s’abreuver à la source bienfaitrice de l’Eucharistie – situation d’autant plus inédite, historiquement, que même aux temps lointains de la peste noire, églises et chapelles constituaient les ultimes demeures des âmes en détresse…

Cette singularité de l’impolitique macronienne se résume dans un seul mot : le simultanéisme ou « concomitantisme ». Impolitique qui s’apparente aussi et surtout à un caprice d’enfant-roi rendu incapable de se placer sous la férule d’aucune autorité, d’où qu’elle vienne.

En même temps, reconnaissons que ce pseudo-disciple revendiqué de Paul Ricœur lance un audacieux défi philosophique au logos occidental. En vain, ajouterons-nous. Mais sans doute est-ce là que se situe le nœud du problème macronien : défier les lois immuables et intangibles, quelles qu’elles soient, dans le suffisant et méprisant dessein de se rendre maître de tout.

L’impolitique (soit cet alliage vulnérable de l’indécision structurelle et de l’improvisation permanente renforcé par l’épistocratie ou règne des experts) macronienne récuse, tout ensemble, Pythagore, Parménide, Zénon d’Élée et, d’une manière générale, l’ensemble des présocratiques jusqu’à Platon. N’est-ce pas Parménide, justement, qui recommandait au sage de suivre la seule route que « l’intelligence puisse concevoir : […] l’être est, […] le non-être n’est pas, chemin de la certitude, qui accompagne la vérité ».

Mais Macron, comme ses funestes prédécesseurs au moins depuis le défunt Chirac, n’auront eu de cesse de vider l’esprit et le cœur des Français de toutes certitudes, tout en frappant la vérité du double sceau du relativisme et du scepticisme.

Et, en même temps, que peut-on y faire…

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