C’était il y a quelques jours, il y a une éternité : le 12 mars au soir, lors de son allocution télévisée, appelait les Français à « faire nation au fond », les mettant en garde contre le danger du « repli nationaliste », « que cette pandémie ne soit en rien une excuse ».

Déjà dans son discours perçait un aveu, celui d’un échec, un soupçon de repentance d’avoir laissé la place au grand marché mondial : « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie, au fond, à d’autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une , une Europe souveraines, une et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai. »

Souvenir… C’était l’époque de la fermeture des écoles (et non des frontières) et l’ouverture des bureaux de vote… Les jours ont passé et le virus a circulé. Les revirements gouvernementaux aussi : fermeture de l’espace Schengen, masques inutiles, indispensables, voire obligatoires demain.

La solidarité des Français, elle, s’est construite, renforcée. Grâce à de multiples initiatives individuelles et collectives, trop nombreuses pour être recensées. Certaines histoires sont bien jolies, telle cette petite couturière normande qui, en un seul week-end, a mobilisé des bonnes volontés pour coudre et livrer 333 masques au CHU de Caen. Des congrégations religieuses, des associations scoutes, des bénévoles se mobilisent pour confectionner des blouses, des masques, prêter main-forte aux malades, aux hôpitaux, aux personnels soignants, aux personnes âgées, aux SDF, aux isolés. Hommage soit rendu à tous ces anonymes, ciment d’une unité nationale reconquise ! Le contraire du repli sur soi…

Des entreprises françaises se reconvertissent pour venir au chevet de la nation : c’est, comme tant d’autres, l’usine des lampes Berger, dans le département de l’Eure, qui se concentre sur la fabrique de solutions hydroalcooliques. C’est Renault et PSA qui convertissent leurs chaînes de fabrication à la création de respirateurs artificiels. Même Emmanuel Macron encourage la relocalisation industrielle et l’autosuffisance. Pas de repli, là non plus, juste une montée en puissance d’un certain patriotisme économique.

Le retour à la terre est encouragé. Par une sorte de réflexe pavlovien, par crainte de manquer, l’État appelle les volontaires à prêter main-forte aux agriculteurs. C’est un succès : 40.000 volontaires recensés en une seule journée. Circuits courts encouragés, fraises et asperges françaises plébiscitées, les grandes enseignes de supermarchés incitent les consommateurs à la préférence nationale. Le paysan, ce personnage ancestral qui ne faisait plus que de brèves apparitions dans le cœur des Français à l’occasion d’un Salon de l’agriculture, est élevé au rang de héros du quotidien !

Le cercle familial est tête de pont de l’effort de guerre. Premier garant du confinement des individus, il remplace l’Éducation nationale. Une institution qui a pourtant tout fait pour lui confisquer ses enfants : scolarité obligatoire à 3 ans, suspicions et renforcement des contrôles pour les parents faisant école à la maison. Ironie du sort ! Bonne fille, peu rancunière, privée d’allocs et de considération, la famille tient bon et fait au mieux, puisqu’elle n’a pas le choix. L’État lui dira peut-être un jour pardon et, pourquoi pas, merci ?

Avril 2020, en France : retour, donc, au travail de la terre. L’État s’appuie sur la famille sans laquelle il s’effondre et encourage au patriotisme économique. Et dire qu’on est en Macronie !

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