[ÉDITO] Planning familial, CGT : lorsque le RN fait le ménage

Suppression de la subvention au Planning familial à Carpentras, expulsion de la CGT d'un bâtiment communal à Carcassonne.
Capture d'écran 
Tourisme Carcassonne.
Capture d'écran Tourisme Carcassonne.

L’information s’est propagée comme une traînée de poudre dans la plupart des médias : la municipalité RN de Carpentras vient de supprimer la subvention annuelle que ses prédécesseurs de gauche allouait au Planning familial. La somme ne va pas chercher bien loin : 3.000 euros. Sur un budget de fonctionnement qui dépasse les 46 millions d’euros, c’est à peine l’épaisseur du trait. Mais c’est symbolique.

À Carpentras, le Planning familial renvoyé dans ses buts

« Symbolique » est d’ailleurs l’adjectif employé par la présidente du Planning de Vaucluse qui s’attendait à cette décision : « On avait compris que c’était mal parti pour la reconduction de cette subvention allouée depuis fort longtemps », a-t-elle déclaré à l’AFP. Et d’expliquer que cette somme n’est pas grand-chose parmi « les centaines de milliers d’euros de budget global, mais sa suppression est symbolique : on est sans cesse en train de montrer notre engagement, notre investissement, dans une démarche de prévention, d’éducation populaire et auprès d’un public vulnérable ». Une « éducation populaire » qui enseigne, souvenons-nous que « des hommes aussi peuvent être enceints ». Évidemment, l’Observatoire des mairies RN s’est jeté sur l’affaire : « L’extrême droite s’attaque à nouveau aux droits des femmes, des minorités sexuelles, des enfants ainsi qu’à la santé et la prévention ». C'est fou ce qu'on peut faire avec seulement 3.000 euros...

Hervé de Lépinau, maire de Carpentras, a réagi sur X en rappelant quelques fondamentaux qui ont probablement échappé à l’Observatoire des mairies RN : « Je respecte simplement la loi : une collectivité territoriale n’a pas à financer une association politisée, en application du principe de neutralité du service public municipal. Bonne journée. » Et de rafraîchir les mémoires en republiant le communiqué que le Planning familial de Vaucluse avait pondu en juin 2024 : « Pour lutter contre l’extrême droite, le Planning familial appelle à voter pour le Nouveau Front populaire… » Effectivement, ça s’appelle faire de la politique, pas de l’éducation populaire. Donc, fin de la blague.

 

À Carcassonne, la CGT joue les squatteurs

Autre histoire, cette fois-ci à Carcassonne. Elle aussi a fait le tour des médias. Christophe Barthès, nouveau maire RN, a décidé de récupérer un bâtiment appartenant à la commune et que la CGT occupe gratuitement depuis des lustres, sans aucun titre d’occupation. Tout était gratuit, affirme le maire : les fluides, l’énergie, le chauffage. Gratuit, pas pour la commune et donc pour les contribuables. Un détail de l'histoire, sans doute, pour la CGT. S’il fallait évaluer cette occupation, on serait sans doute effaré de ce que cela a coûté à la collectivité. Dans un monde normal, on imagine qu’un occupant, qui aurait ainsi largement profité de l’aubaine, quitterait les lieux discrètement sans demander son reste en se disant : « Bon, on en a quand même bien profité pendant des décennies, on se doutait bien qu’un jour… » Mais non. La CGT n’a pas quitté les lieux malgré la venue d’un huissier. « Les squatteurs, c’est terminé ! », s'est exclamé le truculent édile. La CGT se victimise et a même reçu le soutien politique de la présidente socialiste de la région, Carole Delga. Un soutien qui n'est pas allé jusqu'à proposer de payer le loyer...

 

Au fond, à Carpentras comme à Carcassonne, c’est un peu la même histoire. Des associations, des syndicats crachent en permanence sur le RN, appellent à « faire barrage » contre lui à chaque élection, sortant allègrement du cadre de leur action associative ou syndicale, et il faudrait en plus, une fois que le RN est aux affaires, que les collectivités qu'ils dirigent continuent de les subventionner, les loger, sans même d'ailleurs se poser la question de l'opportunité des deniers publics engagés. Parce que, vous savez, on a toujours fait comme ça... Un peu comme ces artistes qui vomissent Bolloré mais chouinent lorsque le Cave – pardon, Canal - se rebiffe en menaçant de ne plus cracher au bassinet. Un peu de cohérence, que diable !

Picture of Georges Michel
Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

56 commentaires

  1. Je sens que ça se corse. J’espère à un très bon résultat aux élections. Si toutes les Institutions ont été bloquées par la volonté de la gauche au Pouvoir, au moins elle n’aura pas droit de décision sur les subventions à juste titre supprimées.

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

À quand un MeToo pour les petites filles et les personnes âgées ?
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois