« Écoterrorisme » : attentats impunis à répétition… avant l’insurrection ?
Plus d’un demi-siècle après les vagues d’attentats, sanglants pour nombre d’entre eux, qui avaient secoué la France post mai 68, un nouvel « éco-terrorisme » (écologique et économique) prospère dans le pays.
Attentats « anti-techno »
Dans la nuit du 18 au 19 juin dernier, un incendie volontaire a détruit une armoire à fibre optique alimentant des locaux de Dassault Systèmes à Meylan (Isère). Émanant d’un groupe anarchiste, l’attentat a été revendiqué pour des motifs antimilitaristes. « Nous voulions mener cette attaque pendant que le salon de guerre Eurosatory a lieu », indiquait notamment le communiqué, qui dénonçait aussi les liens entre Dassault Systèmes et des entreprises israéliennes.
Le 30 mars, toujours en Isère, près de 3.000 manifestants sont venus manifester à l’appel du collectif local STopMicro et des Soulèvements de la Terre, devant les sites des fabricants de semi-conducteurs STMicroelectronics et Soitec, contre « l’accaparement des ressources par les industriels et la "vie connectée" ». Au même moment, non loin de là, un « Comité essentiellement antipuces » de militants s’est introduit illégalement dans l’usine du fabricant de puces électroniques Teledyne pour y commettre des dégradations. Certaines façades des bâtiments ont été peintes en rouge, le comité accusant l’entreprise d’être un « acteur majeur du complexe militaro-industriel », mais aussi d’être « complice du génocide en Palestine ».
Militantisme écologiste d’ultra-gauche
Ces derniers événements font suite à une longue série de mobilisations « anti-technologiques » dans la région de Grenoble, à l’initiative des Soulèvements de la Terre ainsi que d’un groupe local, STopMicro. Et début juin, des militants avait tenté sans succès de scier deux pylônes électriques à haute tension alimentant ces mêmes usines de STMicroelectronics et Soitec.
En 2022, des coupures volontaires du courant électrique les alimentant avaient provoqué un arrêt de la production dans les sites de production de STMicroelectronics et Soitec. À l’époque, il n’avait été donné aucune suite à une demande de saisine du parquet national antiterroriste.
En février 2021, déjà, c’est le fabricant isérois Constructel qui déplorait des incendies volontaires dans deux de ses sites de fabrication de fibre optique, lesquels ont été revendiqués sur un site anarchiste. « Sur l'ensemble des deux sites, nous avons incendié quelques véhicules (une demi-douzaine), cramé une antenne-relais et surtout mis le feu à des bobines de câbles d'antennes et de fibre optique, qui brûlent d'ailleurs très bien », s’amusait le communiqué. « Si, pour nous, s'en prendre à des installateurs, des réparateurs ou des fournisseurs de câbles fait sens, ce n'est pas pour protester contre la 5G en particulier mais bien dans un cadre plus large de combat contre le techno-monde », précisait aussi le groupe de militants.
Des actes impunis
Points communs (ou approchant) entre toutes ces attaques : leurs auteurs classés à l’extrême gauche, des dégradations matérielles pour certaines lourdes de conséquences et un fourre-tout idéologique dans les revendications, relevant d’une « convergence des luttes » quelque peu improbable, allant de l’anti-technologie à l’écologie anticapitaliste, jusqu’au palestinisme… Il faut ajouter à cela une grande discrétion pudique de la presse sur les événements et dégâts causés ainsi que l’absence quasi systématique de poursuites judiciaires, les auteurs n’étant « officiellement » pas identifiés et moins encore retrouvés.
Plus médiatisées mais guère plus judiciarisées ont été les attaques commises contre les infrastructures du réseau TGV durant l’été 2024. L’affaire avait fait un certain bruit pour la seule raison que les faits avaient eu lieu au début des Jeux olympiques de Paris. Si le gouvernement avait alors promis une enquête et des suites judiciaires concrètes, les annonces n’ont guère été suivies d’effets depuis.
Parmi les hauts faits d’armes des « écoterroristes », on ne saurait omettre les attaques contre les bassines agricoles. Si chacun a en mémoire la charge des militants contre les gendarmes à Sainte-Soline, en mars 2023, ce n’était là que la première, très médiatisée (et avec une grande complaisance), de nombreuses autres attaques et dégradations sur des retenues agricoles. L’année suivante, BV rendait compte d’une nouvelle attaque ultra-violente à Melle, dans les Deux-Sèvres, et rappelait que « la dissolution des Soulèvements de la Terre demandée par Darmanin a été suspendue par le Conseil d’État en août 2023 », au lendemain de Sainte-Soline. Bis repetita, donc, pour cause de (presque) totale impunité des auteurs. En effet, en juillet 2025, un « collectif anti loi Duplomb » a éventré les bâches de quatre bassines de stockage d’eau à Ferrières et Benon, en Charente-Maritime, Fouqueure en Charente et Sainte-Gemme-la-Plaine en Vendée. Le groupe écologiste a revendiqué les faits dans une vidéo intitulée « Duplomb dans l’aile, 4 bassines en moins ! », où il dénonce « la complicité de l’état avec le lobby agrochimique pour promouvoir ses bassines ».
2027 : l’insurrection ?
Si, à la dégradation de biens, s’ajoute parfois déjà la violence physique, comme à Sainte-Soline, il est permis de s’interroger sur les possibles évolutions de ce militantisme écoterroriste. On assiste, aujourd’hui, à une radicalisation de l’ultra-gauche, qui n’est pas sans rappeler la dérive ultra-violente d’une frange ultra d’anciens soixante-huitards qui avait mené Action directe jusqu’aux meurtres.
L’eurodéputée Identité-Libertés Marion Maréchal s’est inquiétée, sur son compte X, des derniers attentats d’extrême gauche en Isère, de l’émergence d’un « terrorisme d’extrême gauche qui s’attaque aujourd’hui aux infrastructures, mais pourrait bientôt s’en prendre aussi aux hommes, surtout si l’État ne prend pas la mesure de la menace avant qu’il ne soit trop tard ». En cause, selon elle, « les mêmes ressorts - impunité, recours à la violence sous des prétextes moraux » qui laisseraient planer « des menaces insurrectionnelles si les résultats de l’élection présidentielle de 2027 venaient à déplaire ». Comment ne pas rapprocher cela des propos du maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui évoquait récemment une « insurrection populaire » en cas de victoire du RN à la présidentielle…
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR




































22 commentaires
Encore des rêves de croire que le RN s’il accéde au pouvoir pourrait arrêter cet éco-terrorisme. Il n’en sera rien. Il n’enverra pas l’armée comme je le lis. il négociera en faveur de ces écolos, car il s’est toujours couché devant les obstacles puisque ces obstacles sont envoyés depuis Bruxelles il acceptera tout de l’UE. Vous aurez juste des postures et cela vous suffira…
Sauf si un référendum des français exige le » frexit » Nous n’aurions plus rien à faire des règles de Bruxelles .
Il est évident que les démocrates du style de Mélanchon ne vont pas accepter le résultat du scrutin présidentiel s’il ne convient pas. On a vu Macron refuser le vote de parlement européen, pourquoi se gêner !?
Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France.
Tout finira par se résumer ainsi : » La droite identitaire et patriotique ? Combien de groupuscules équipés ? »
L’assassinat de Quentin répond à cette question .
Sans compter que toute armée fut-elle de l’ombre a besoin d’une reserve ….
A cette question posée par un certain Kémal Pacha vainqueur des Dardanelles , Ribbentrop avait répondu » plus aucune ; elle sont toutes engagées . » Et l’auguste visiteur de lui rétorquer » Au revoir Messieurs , vous avez perdu la guerre ! «