[CINEMA] La Bataille de Gaulle, une seconde partie solennelle et politique

Là où la première partie semblait hésiter entre plusieurs positionnements, "J’écris ton nom" assume l’épique, la solennité.
Capture d'écran
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Prévue initialement le vendredi 3 juillet, soit un mois jour pour jour après la première partie du diptyque, la sortie en salles de La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom a finalement été avancée d’une semaine. Une stratégie pleine de bon sens qui permet au film d’Antonin Baudry d’être visible pendant les trois jours de la fête du Cinéma et d’inciter le public encore hésitant à bien vouloir donner une chance aux deux longs-métrages, le premier enregistrant jusqu’à présent des scores insuffisants au box-office au regard de son budget colossal de 37 millions d’euros… Déception de taille pour un récit épique censé fédérer l’ensemble des Français encore attachés à leur Histoire.

Il serait d’autant plus dommage de passer à côté de ce diptyque que les défauts de la première partie ont clairement été corrigés dans la seconde.

De Gaulle contre Giraud

Largement consacré à l’unification de l’effort de guerre français auprès des Alliés et à celle des mouvements de résistance, J’écris ton nom, en référence au poème de Paul Éluard sur la liberté, démarre en 1943 avec l’offensive, au Fezzan, du général Leclerc et prend fin avec la cérémonie du 11 novembre 1944, trois mois après la Libération, durant laquelle de Gaulle et Churchill se recueillirent devant la tombe du Soldat inconnu.

Alors que l’amiral Darlan était la figure antagoniste du premier film, le général Giraud lui succède dans le mauvais rôle, incarnant cette résistance tardive et opportuniste, revenue du vichysme, qui, pour complaire aux Américains, pourchasse les gaullistes à Alger. Soutenu par 400.000 soldats, contre seulement 13.000 pour de Gaulle, Giraud apparaît aux yeux de Roosevelt comme le seul véritable interlocuteur des troupes françaises, celui sur lequel l’Oncle Sam peut exercer son contrôle…

Plus méfiant, en effet, à l’égard des projets anglo-saxons, indomptable, le chef de la France libre peut heureusement compter sur Jean Moulin, qui créera non sans difficultés, au cours du récit, le Conseil national de la Résistance, et sur le général Leclerc, qui se bat sur le terrain avec ses hommes – la bataille de la ligne de Mareth, qu’il dirige avec force contre des panzers allemands, est un sommet de bravoure patriotique qui rappelle celle de Bir Hakeim, menée dans le premier film par le général Kœnig.

Un discours souverainiste

Là où la première partie de La Bataille de Gaulle semblait hésiter entre plusieurs positionnements et naviguer maladroitement entre les genres, J’écris ton nom assume l’épique, la solennité.

Plus politique, également, le film clame haut et fort l’importance de défendre la souveraineté française, un étendard porté par de Gaulle qui lui permet de dénoncer l’ingérence américaine dans la politique française et de gagner, en conséquence, l’ascendant sur son adversaire, le général Giraud, au cours d’un vote à main levée du Comité français de libération nationale (CFLN).

Consciencieux (orgueilleux ?), le réalisateur élude volontairement le débarquement américain en Normandie dont de Gaulle fut lamentablement écarté et dont on nous a suffisamment rebattu les oreilles au cinéma, et préfère rappeler au spectateur les sombres projets de Roosevelt pour notre pays : amputer la France de l’Alsace-Lorraine et d’une partie du nord, imposer des préfets américains et britanniques dans les départements (!) et instaurer une nouvelle monnaie d’occupation…

Dans le bras de fer qui oppose le Général au président des États-Unis, le Britannique Winston Churchill, matois et débonnaire, fascine par sa capacité à jouer sur les deux tableaux en fonction des « dividendes » que pourra en tirer son peuple. Comme quoi, les intérêts nationaux sont des réalités dont il faut savoir tenir compte. Pour une fois que le cinéma le reconnaît…

 

 

4,5 étoiles sur 5

Picture of Pierre Marcellesi
Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

30 commentaires

  1. Le capitaine De Gaulle cru mort, il avait ordre de tenir jusqu’au bout, s’est rndu aux allemands à la suite de quoi ceux-ci lui prirent son épée ce qui était un signe de déhonneur pour un officier, fut nommé colonel à titre posthume.
    Il était le filleul de guerre de lMme la Maréchal Pètain dont le mari le Maréchal Pétain disait de lui: » c’est un militaire de salon ».
    Cette protection lui vallu d’être nommé sous-secrétaire d’état à la guerre mais pour avor ce titre il fallait être général, il fut donc promu général de brigade provisoire.
    Quant nles services de l’état se rendire compte qu’il avait en fait déserté son poste puisqu’il s’était rendu il passa en conseil de guerre et fut condamné et ce bien avant que le Maréchal Pétain soit appelé au pouvoir par BLUM, LEBRUN et DALADIER (où est l’extrême droite?).
    Sachant ce qui le guettait il a fui en Angleterre.
    Vous connaissez la suite!!!!

  2. Purs films de propagande gaulliste à la gloire d’un individu qui, Sous-secrétaire d’Etat à la guerre, déserte et gagne l’Angleterre alors que son pays est en guerre ! Il doit toute sa carrière au maréchal Pétain qui l’avait pris en amitié et lui a fourni les bases sur son « vers l’armée de métier ».

    • Je suis d’accord pour trouver tous les défauts possible sur le personnage ayant été victime « collatérale » de sa politique .Maintenant expliquez moi comment vous faites pour communiquer après avoir été mis en prison . Je serai ravi .

  3. Je ne suis pas d’accord sur tous les commentaires. Ce film est bien structuré et reflète des événement réels et correspondant à la réalité. Si vous lisez le livre de Julian Jackson, soutenu par Robert O. Paxton, vous y découvrirez pratiquement toutes les scènes importantes du Film. Paxton n’est la Bible mais il est largement reconnu comme intègre et pointilleux. Par contre, le choix des acteurs laisse à désirer selon les personnages. Le réalisateur avait-il les fonds pour acheter les vrais sosies ? Il faudrait lui poser la question.

  4. Plus masochiste que les Français tu meurs d »avoir baptisé du nom de Roosevelt notre plus belle avenue et notre plus somptueuse station de métro parisiennes.

  5. Ce rappel historique par le cinéma est magnifiquement interprété et en est passionnant. Quand on voit le combat d’un homme pour sa France on ne peut qu’être admiratif du général de Gaulle surtout dans l’état où la France se trouve de nos jours. Un film en deux parties à ne pas manquer.

  6. Je suis horrifié (comme la ministresse de la Transition ESCROClogique) que l’on ait pu choisir cet acteur pour représenter le Général de Gaulle.
    C’est une insulte à la mémoire de ce dernier.
    Mais comme la France, oh pardon, la Macronie, tout comme la mitterrandie avant, ne respecte absolument rien de « ce » et « ceux » qui ont fait la France, pourquoi devrais-je m’étonner ?

    • Le choix de cet acteur avait l’avantage de souligner le côté comique clownesque de de Gaulle dans l’excellente première partie. Je crains que si la seconde partie est plus « solennelle » comme le dit l’article, elle soit moins bonne que la première qui avait un délicieux goût tragi-comique auquel Mr Marcellesi n’avait pas donné une bien bonne note.

  7. La solitude du pouvoir est saisissante dans les 2 films. La puissante de la conviction et une vision déterminent le personnage.
    Aujourd’hui, juste un communiquant, des « conseillers » et un type dont on cherche toujours la colonne vertébrale 10 ans après.
    A voir absolument avant les prochaines élections.

    • Il faut que les circonstances s’accordent. Peut Macron aurait il fait un bon chef en temps de vrai guerre, comme Zelenski. Et que ce dernier serait resté un Mozart du théâtre sans l’agression de Poutine l’autre Vladimir.

  8. En France il est obligatoire de se dire gaulliste. On est sommé de pas rappeler les faits : 1) en 45 deG est allé chercher à Moscou le communiste, d’abord pro nazi, puis déserteur en temps de guerre : Maurice Thorez et le nommer ministre d’Etat, 2) les indépendances africaines bâclées (frontières du Mali, et du Niger…) avec les séquelles que l’on voit encore 3) les accords d »Évian : l’Algérie abandonnée aux pires assassins du FLN (avec les conséquences que la France et les Algériens subissent encore 3) la peine de mort en matière politique (Bastien-Thiry), 4) les massacres des Harkis et des Pieds noirs. 5) les accords franco-algériens de décembre 1968…Après plus d’1/2 siècle n’est-il pas temps d’avoir un jugement un peu plus adulte ?

      • Les yeux ouverts sur l’Histoire. Ce que les historiens savent est-il vrai ou faux ? Si c’est vrai qui a des œillères ?

  9. Taxer Giraud de « résistance tardive » est malvenu: Giraud (« un seul but: la victoire! ») a fait entrer l’Armée d’Afrique dans la guerre deux jours après le débarquement allié en AFN. Jusque là il était … prisonnier en Allemagne depuis 1940! Quand les anglo-américains sont arrivés en AFN, il venait juste de la rejoindre après son évasion. D’autre part, c’est lui et personne d’autre qui a négocié avec les USA le réarmement complet des 8 divisions françaises de la Libération grâce auxquelles ( et à la volonté de de Gaulle, certes) la France a été associée à la capitulation allemande. De Gaulle et Giraud ont joué deux rôles différents mais tout aussi positifs pour la France et il serait temps en 2026 de mettre fin à cette image caricaturale du bon de Gaulle et du mauvais Giraud! Ce manichéisme est exaspérant et me donne envie de rappeler que le massacre des Harkis, la minable évacuation d’Algérie et l’accord de 1968 c’est aussi de Gaulle…

    • Exact , et j’ai été en Algérie en unité combattante…dont je suis revenu ulcéré..Oran et Kébir juillet 62..

      • Il me semble que la première partie du film ne tombe pas dans le « gaullisme béat ». De Gaulle y a un bon côté ridicule bien souligner par le choix d’un acteur d’origine orientale pour représenter « la Gaulle ».

    • Enfin quelqu’un qui dit la réalité ! en effet Giraud a été fait prisonnier par les Allemands et enfermé dans une forteresse en Allemagne, puis il s’est évadé de façon audacieuse et a traversé l’Allemagne pour rejoindre la France. Hitler était fou de rage. A lire « mes évasions » d’Henri Giraud. Ce que vous dites est exact sur son rôle en Afrique du Nord. Enfin contre l’avis de de Gaulle il a libéré la Corse en 1943 si je ne m’abuse. Voilà. Merci.

    • C’est Mr Marcellesi qui taxe Giraud de retardataire. Mais Giraud a t’il fait « la chasse aux gaullistes à Alger »? et cela uniquement pour complaire aux Américains?

  10. Un film de grande qualité qu’il faut avoir vu pour comprendre ce qu’est être d’abord au service de son pays ainsi que la veulerie de ceux qui plaçaint en priorité leur petit avenir politique sans se préoccuper de celui du pays et de son peuple.

      • Et là ils sont bien présentés dans le film qui a visiblement à cœur de pas inventer des faits historiques ( probablement invente t’il des détails comme la rencontre dans l’eau du grand général et d’un vrai éléphant, mais sinon c’est plus du cinéma mais un documentaire)

    • Si on n’a pas vu ce film on ne peut pas comprendre la veulerie des politiciens ?’
      Ce film va tout changer ?

  11. Très beau film, évoquant cette épopée dont le général de Gaulle incarne la figure décisive d’une FRANCE libre, indépendante: cet homme politique a été un visionnaire, pourvu d’une intelligence hors norme et armé d’une force incommensurable face aux bassesses de certains généraux français ou alliés. Tout n’avait pas été révélé lorsque nous apprenions les récits de cette guerre 1939-1945.
    Ce film es une vraie réussite , c’est palpitant, sans exagération aucune, terriblement prenant au point qu’on ne se rend pas compte du temps qui passe, le film durant 2h40…..
    La bravoure des soldats résistants est émouvante , tout comme l’obstination héroïque du général Leclerc, si bien interprété, lui aussi, comme le général!
    Bravo pour les réalisateurs, les acteurs, et toutes les personnes impliquées dans cette belle réalisation de ces deux films qu’il est impératif d’aller voir, ils sont utiles à nous, français, pour reprendre un souffle de patriotisme et nous raffermir dans nos forces internes dont nous ne sommes pas dépourvus.
    S’unir pour résister: c’est vraiment d’actualité et à chacune et chacun de prendre conscience que notre beau pays, LA FARNCE, vaut qu’on se batte pour elle, pour ses valeurs éternelles.

    • On va bientôt confondre la France et la Farce. Il est vrai que De Gaulle, particulièrement avec l’acteur qui tient son rôle dans la guerre de Gaulle, incarne bien les deux.

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