Le candidat Taha Bouhafs (NUPES) a décidé de se retirer de la course aux législatives après l’indignation suscitée par son passif de journaliste militant, accumulant une manifestation dans laquelle il portait la tête de Marine Le Pen sur une pique, une fausse information pour accuser les policiers de violences et une condamnation pour injure publique en raison de l’origine après avoir traité la policière Linda Kebbab d'« Arabe de service ». On pourrait aussi parler de Louis Boyard, lui aussi investi par NUPES, qui expliquait sur le plateau de Cyril Hanouna, le 1er septembre 2021, avoir « dealé » quand il était « en galère ».

Mais la coalition autour de n’est pas le seul parti à traîner des casseroles : celles de certains députés Renaissance (ex-LREM) ou proches devraient faire, elles aussi, un bruit à perforer les tympans !

Ainsi, le député M'jid El Guerrad, qui siège au sein d'Agir après son départ de La République en marche, a été condamné, ce 12 mai, à un an de prison ferme et deux ans d'inéligibilité. Il avait frappé à coups de casque de moto l'ancien socialiste Boris Faure.

La députée Laetitia Avia, réinvestie à par le parti présidentiel, est l’objet, depuis l’été 2020, d’une enquête pour « harcèlement moral » après une série de plaintes d’anciens collaborateurs. Dans un article de Mediapart (12/5/2020), cinq anciens assistants de la députée l’accusaient d'humiliations, harcèlements et abus de pouvoir sur ses collaborateurs. Elle dément les faits reprochés. Elle ose néanmoins affirmer au HuffPost (le 11 mai dernier) ne pas avoir connaissance de plaintes la concernant, alors qu’elle fait l'objet d'une enquête pénale pour des faits de harcèlement moral rendue publique en janvier 2021 : quatre anciens collaborateurs ont porté plainte contre elle. Elle a même répondu à des convocations dans le cadre de cette enquête. Ses électeurs devraient se méfier de son manque de mémoire, peut-être une forme précoce de la maladie d’Alzheimer ?

Une autre députée sortante réinvestie dans l’Hérault, Patricia Mirallès, aurait, selon les informations de Mediapart (5/5/2022), fait passer en notes de frais des dépenses personnelles (déménagement de son fils, réparation d’un disque dur du fils, séjour à l’hôtel). L’élue conteste ces informations, répliquant à Mediapart qu’« aucune de ces dépenses ne correspond à des dépenses personnelles ». Cela rappelle l’affaire d’une autre députée de l’Hérault, Coralie Dubost, qui a annoncé se retirer de la vie politique, début mai. Un article de Mediapart l’accusait d’avoir abusivement utilisé ses avances de frais de mandat pour des achats personnels et d’avoir malmené des collaborateurs.

Ce n'est pas tout. Mardi 3 mai, Anne-France Brunet, députée LREM de Loire-Atlantique, est elle aussi visée par une plainte déposée par Camille Jaffrelo, une ancienne assistante parlementaire, pour violences et harcèlement. Sont décrits des coups de téléphone « incessants, parfois à des horaires très tardifs », des jours de travail non payés et des « humiliations en public » ayant pour conséquence stress et perte de poids.

Thierry Solère (Haut-de-Seins) et Éric Woerth (Oise), tous les deux réinvestis sous la bannière Ensemble (qui regroupe Renaissance et les partis alliés), sont au cœur d’une mise en examen pour des motifs financiers. Le premier pour les motifs de « détournement de fonds publics », « trafic d’influence passif » et « emploi fictif ». Éric Woerth, quant à lui, est soupçonné de concussion pour un coup de pouce fiscal donné à après l’arbitrage de son conflit avec le Crédit lyonnais. Dans cette affaire, le ministère public près la Cour de de la République vient de requérir un non-lieu. Ces deux élus/candidats contestent avec véhémence ces accusations.

Les accusations de ce type sont extrêmement graves.

Elles contribuent à accroitre le désintérêt des Français pour la chose publique, ce qui crée l’abstention. Le pacte de confiance qui doit relier les électeurs et les élus s’effrite à chaque affaire.

12 mai 2022

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