Louvre Nouvelle Renaissance : le troisième caprice patrimonial de Macron
Les lauréats du concours « Louvre Nouvelle Renaissance », ce grand projet macroniste à 1,15 milliard d’euros, sont désormais connus. L’agence STUDIOS Architecture Paris a été retenue. C’est elle qui a conçu le nouveau siège régional de l’URSSAF à Marseille. D’emblée, ça envoie du rêve.
STUDIOS Architecture Paris sera accompagnée de Selldorf Architects, pour la conception et la muséographie, et de BASE Landscape Architecture, pour le volet volet paysage et urbanisme. À eux de remanier en profondeur le Louvre en aménageant une entrée grand public dans la colonnade de Perrault. But de l’opération : guider les touristes vers la Joconde. Dans l’espoir de résoudre les problèmes qu’engendre la starification de la Joconde, on la starifie encore davantage. Isolée dans son sanctuaire souterrain comme une idole du surtourisme, elle invisibilisera toujours plus les 34.999 autres œuvres du Louvre. Affolant !

Le projet, vue d'ensemble. © https://studios.com/fr/studios-architecture-selldorf-architects-and-base-paysagiste-selected-for-louvre-nouvelle-renaissance-project.html
Une esthétique de centre commercial
À l'extérieur, ce n'est pas mieux. Le projet révélé paraît avoir été conçu avec un goût infantile pour la contradiction. La colonnade est minérale ? Mettons-y des arbres. Elle est construite sur des lignes droites ? Mettons-y des courbes. Elle est majestueuse ? Affadissons-la. Le lanceur d’alerte patrimonial Baptiste Gianeselli y voit « une immense rampe de centre commercial plaquée contre un des ensembles classiques les plus monumentaux de Paris ». Didier Rykner (La Tribune de l'Art) souligne la « médiocrité inouïe » du projet.
Le maire de Paris Centre, Ariel Weil, est décontenancé. « J’aurais espéré quelque chose d’à la fois moins interventionniste et plus respectueux du patrimoine dans cet environnement tellement chargé d’Histoire. Là, je trouve qu’on a comme un énorme fossé avec beaucoup de béton. » De son côté, le site Architectures CREE note que la colonnade pourrait, « d’un front monumental autonome, ne plus devenir qu’un seuil fonctionnel ». Les modifications « transformeraient l’expérience spatiale de la façade, loin de la perception d’un monument classique reposant sur sa frontalité et sa stabilité ».

Le projet, vu de côté. https://studios.com/fr/studios-architecture-selldorf-architects-and-base-paysagiste-selected-for-louvre-nouvelle-renaissance-project.html
Macron, la Valérie Damidot du Louvre
Car ce n’est pas rien, la colonnade du Louvre. 170 m de long, 27 m de haut, 52 colonnes corinthiennes. Au-delà des chiffres, un chef-d’œuvre du classicisme français où se mêlent les idées de Perrault, Le Brun, Le Vau et d'autres. Louis XIV lui-même y a mis la main. Son buste en témoigne, au sommet du tympan du pavillon central. Facétie de l’Histoire : en réalité, c’est le buste de Napoléon, ce tympan ayant été sculpté sous l’Empire. Durant la Restauration, on affubla la tête d’une perruque aux belles boucles sculptées pour le transformer en Louis XIV. Y ajoutant une paire de lunettes fumées et lui donnant un air de kéké, en ferons-nous un Macron ?
C’était le 28 janvier 2025 qu’Emmanuel Macron avait annoncé cette folie d’un « Louvre Nouvelle Renaissance ». Il était là parce que Laurence des Cars avait sonné l’alerte sur le mauvais état du musée. Le projet ne répondait pas du tout aux problèmes soulevés, mais qu’importe ? Dans cette déconnexion du réel qui paraît un élément constitutif du macronisme, le Président prenait les choses en main et, telle une Valérie Damidot, retournait le Louvre sens dessus dessous. Je déplace la Joconde ici, j’ouvre un mur porteur là, j’éventre une colonnade plus loin… Les événements ubuesques qui se sont déroulés, depuis, au Louvre – vol des bijoux de la couronne, inondations des réserves – font ressortir d’autant plus l’incongruité du projet.
Les vitraux de Notre-Dame. La tapisserie de Bayeux. Le Louvre « Nouvelle Renaissance ». Tels sont les trois caprices patrimoniaux d’Emmanuel Macron. Ils sont absurdes et, à part le voyage de la tapisserie, payé par le British Museum, ils sont coûteux – 1,15 milliard d’euros pour le Louvre. Un projet « inutile et ruineux », résume Didier Rykner. C’est ce qu’aura été, globalement, le macronisme : inutile et coûteux.
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44 commentaires
Ou ‘ Nouvelle nouvelle naissance » ou Re- Renaissance… ?
Stéphane BERN ! au secours…….médiatisez cette folie SVP
« Nouvelle Renaissance » pour le Louvre. « France Libre » pour un futur porte-avions. « mabouls » pour ceux qui ne sont pas d’accord avec lui…Toutes ces « appellations » et bien d’autres, aussi pompeuses ou vulgaires les unes que les autres, révèlent un trait dominant et obsédant du personnage : le sens et la souffrance de sa propre vacuité. Encore près d’un an…
D’habitude je vous suis, mais là non.
ça rappelle le débat « pyramide du Louvre. A l’époque, à l’annonce j’étais contre. Réalisée elle prenait tout son sens.
Arbres et courbes valorisent la colonnade par contraste.
Et c’est ne bonne opportunité de réactiver à la vue de tous cette façade oubliée, qui au final, reste peu connue.
Seul bémol, les matériaux. Il serait heureux que ce soit de la pierre de taille.
L’héritage du passé, même le plus scintillant, ne doit pas forcément rester dans le formol !
J’attends votre réponse…
La santé mentale est un mal de ces 2 derniers quinquennats, des adolescents comme de ceux qui le restent éternellement…
Peut-être peut-on espérer que de toute façon rien ne se fera avant la prochaine présidentielle, et il ne restera plus, au nouveau président, vraiment de droite, qu’à rayer tout ce projet d’un trait de plume et à recommencer avec un minimum de bon sens.
Que va-t-il rester du passage de Macron à l’Elysée ??
que tous ceux qui ont une réponse positive à cette question se lèvent .