Davantage de police à Bordeaux : un timide début de retour au réel…

©Guillaume Flandre/Unsplash
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Ça y est, le contrat est signé entre le ministère de l'Intérieur, la préfecture de la Gironde et la mairie écologiste de Bordeaux. On appelle ça un contrat de sécurité intégrée, et il prévoit davantage d'implication de l’État à Bordeaux sur la période 2024-2026, nous apprend Le Figaro : le pouvoir exécutif pourvoira notamment au remplacement des départs de policiers nationaux à la retraite et 40 postes supplémentaires seront créés. L'État cofinancera la vidéosurveillance et réfléchit même à l'implantation d'un nouveau commissariat de proximité.

Voilà de quoi calmer les inquiétudes du maire écologiste Pierre Hurmic, qui se plaignait d'un « grand silence XXL » de Gérald Darmanin lorsque celui-ci avait annoncé une série de « Places nettes XXL » dans différentes grandes villes de France gangrenées par le trafic de drogue. L'édile lui-même critique une vision simpliste, « paresseuse et caricaturale » qui consisterait à « opposer d'un côté les supposés pragmatiques de droite tenants d'un impassible ordre de fermeté et de l'autre les doux rêveurs de gauche ». Cette gauche écologiste là n'est pas faite d'un bois tendre, qu'on se le dise. Elle se veut, en quelque sorte, le meilleur des deux mondes : idéalisme de gauche et pragmatisme de droite, ou fermeté de droite et bienveillance de gauche, comme vous voulez.

Enfers à ciel ouvert

Il y a, toutefois, un petit problème dans cet impressionnant arsenal : la racine du mal. On ne file pas la métaphore arboricole par simple souci de cohérence thématique avec les options du maire, qui s'intéresse à la santé des arbres au point de refuser les sapins de Noël. Il faut, sérieusement, se demander comment de petits paradis comme Bordeaux ou Nantes, si agréables il y a seulement vingt ans, sont devenus des enfers à ciel ouvert dont le taux de criminalité exige la mise en place de policiers supplémentaires, d'une vidéosurveillance, d'un nouveau commissariat dit « de proximité » - et encore, on n'a pas parlé ici des dispositifs prévus pour éduquer les petits sauvages « en milieu scolaire ».

Évidemment (on est dans une municipalité de gauche), ça n'a rien à voir avec la submersion migratoire. Les Girondins ont toujours parlé le pachto ou le dialecte algérien. C'est bien documenté. Il y a, paraît-il, toujours eu des problèmes de drogue. L'immigration, les choix idéologiques du maire n'ont joué aucun rôle. On croyait pourtant que c'était la police qui tuait. La gauche est assez explicite sur ce mantra. C'était avant que le taux de criminalité n'explose.

Les belles âmes peuvent se rassurer : le maire refuse toujours catégoriquement de fournir des armes à ses policiers. Ce ne serait pas dans leurs attributions d'assurer la sécurité publique. Eux, précise Pierre Hurmic, c'est la tranquillité, qu'on leur demande d'assurer. Les deux ne sont pas liés, vous vous en doutez bien… mais bon, quand on peut passer un contrat avec l'État pour assumer, sans les payer de sa poche, les conséquences d'une politique pour le coup totalement angélique, eh bien, c'est tout de même pas mal.

On n'a plus qu'à attendre le même genre de convention entre l'État et Rennes, Nantes, Grenoble… Qu'on ne songe surtout pas à fermer le robinet de l'immigration extra-européenne pour rétablir un semblant de vie normale - ou, du moins, pour juguler la décadence des métropoles de province. Ça n'a rien à voir. Que disait-il, déjà, Pierre Hurmic ? « Les doux rêveurs de gauche » ? Était-il vraiment tombé si loin du compte ?

Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

12 commentaires

  1. La planche a été copieusement savonnée par Alain Juppé, grand copain de l’Imam islamiste, et maintenant c’est la glissade vertigineuse dans le chaos et l’insécurité. Il est temps que les Bordelais reprennent leurs affaires en mains et remettent les pieds sur terre. (Alain Juppé sévit maintenant au Conseil Constitutionnel)

  2. Quand ce maire dit que ce n’est pas dans les attributions des policiers municipaux d’assurer la sécurité publique,je pense qu’il ferait mieux de lire le code de procédure pénale à l’article 21-2 qui les définit comme agents de police judiciaire adjoints avec pas mal de prérogatives leur permettant pas mal de choses même si parfois ça peut s’avérer insuffisant.En fait,ce monsieur veut se décharger de tout sur l’état et en payer le moins possible.Et ne pas vouloir armer ses policiers d’armes de poing est tout simplement criminel,car il les certainement dotés de gilets pare-balles, démontrant de ce fait qu’il reconnaît la dangerosité de leur métier tout en ne leur permettant pas de riposter pour protéger leur intégrité physique ou leur vie. Honteux.

  3. Dans mon quartier de centre ville où il y a pas mal de personnes âgées, il y avait un bureau de poste et de police. Les deux ont fermé…

  4. Et des caméras de surveillance partout pour mieux NOUS surveiller et laisser les délinquants courir.

  5. Le système des vert-de-gris, faire payer les autres : « . . L’État cofinancera la vidéosurveillance et réfléchit même à l’implantation d’un nouveau commissariat de proximité. »
    Ils préfèrent économiser pour des sapins en béton et de la propagande écolo !

  6. Je voulais habiter Bordeaux, j’avais donc l’intention d’acheter un appartement, je ne savais pas où exactement, j’en étais au premier stade de ma recherche. Puis je vais chercher un ami à l’aéroport, j’étais un peu en avance, donc j’ai vu les avions arriver ainsi que la population, là, j’ai été très surpris, je me croyais en vacances dans un pays du Maghreb, j’étais même perdu au milieu de toutes ses djellabas, ces odeurs d’épices et ce langage que je ne comprenais pas. J’ai renoncé à m’installer à Bordeaux surtout que je venais du 93 et encore ce n’étais pas la maire écolo

  7. Ces Maires, soi disant, écolo sont des arnaqueurs. Rien d’écolo chez ses gens là ! Que des idéalistes d’extrême gauche… Les gogos sont leurs électeurs qui croient oeuvrer pour la planète en votant pour ces gens… Qu’ils assument l’insécurité chronique de leurs villes…

  8. Les électeurs Bordelais, Nantais, et bien d’autres les ont voulu qu’ils assument. Voilà par l’exemple à quoi au niveau national cette fois-ci s’expose sans aucuns doutes les Français s’ils cèdent à nouveau aux cassandres de la Macronie, mais surtout au baiser de la mort de leurs fautrices du NFP appellant à les soutenir dans les urnes, et en sous-entendu dans la rue s’ils venaient à perdre.

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