Dans le b.a.-ba des abréviations, notamment des « av. J.-C. » et « A.D. », l’école républicaine universelle est ravie de vous annoncer la venue de son dernier, le « B.P. » Petit « B.P. » commence à remplacer le vieux et ringard « av. J.-C. » Dans la dernière mouture d’un fascicule de travail parascolaire de CP, au chapitre traitant des débuts de l’humanité, il n’est en effet plus fait mention de J.-C. mais c’est bien B.P., pour before present (« avant le présent »), dorénavant plus d’actualité.

Av. J.-C., A.D. (« anno domini »), l’année de notre Seigneur, abréviations en référence à un événement particulier qui a changé le cours de l’humanité : la naissance du Christ. Toutes deux utilisées mondialement comme point de départ pour identifier un point d’orgue et, chez nous, la république, synonyme de point final, depuis que la révolution laïque a décapité son lieutenant, l’alpha et l’oméga ne sont plus en odeur de sainteté. Serait-ce une menace majeure aux principes immaculés de laïcité, de vivre ensemble et de multiculturalisme, cette trinité républicaine dont on appréhende la réussite concrète au gré des faits divers et autres incivilités nourrissant ce sentiment d’insécurité si propices à l’amalgame facile ? Mais passons outre ces élucubrations nauséabondes…

B.P. à la place de J.-C.

Les langues impies argueront que notre éducation multinationale y verrait une atteinte au doucereux vivre ensemble scolaire. Nul crainte, il est juste question de véracité historique, l’éducation diversitaire soucieuse d’améliorer le niveau de l’enseignement afin d’atteindre une taux de 100 % au bac pour les futures générations. Nulle crainte encore, car la rééducation nationale est, de toute évidence, également pointilleuse sur les questions de laïcité, à l’instar, à tout hasard, des menus halal, ou encore de véracité historique quand certaines matières ne sont plus enseignées, voire « adaptées au contexte social » afin de ne pas heurter les âmes sensibles de certaines populations qui nous en enrichissent de leur doucereuse diversité.

Cette occultation lente et certaine de toute mention se rapportant au christianisme s’inscrit dans une évidente politique de déchristianisation de l’inconscient collectif menée de longue date, par exemple (et j’en passe et des meilleures) par nos services de propagande cathodique pour la référence aux saints catholiques dans les fameuses éphémérides alors que, dans le même temps, on nous abreuve des nuits du ramadan. L’école républicaine se transforme en une machine d’acculturation qui mène une campagne constante pour occulter notre histoire, diffamer nos héros, effacer nos valeurs et endoctriner nos enfants. « Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint », disait George Orwell dans son prophétique et ô combien d’actualité 1984.

Il est, certes, loin le calendrier républicain adopté le lendemain de la proclamation de l’abolition de la monarchie et de la naissance de la république, où était déclaré le premier jour de l’« ère des Français ». Le risque est qu’à ce rythme, dans un avenir non lointain, dans quelques générations, un vide civilisationnel devant nécessairement être comblé, en république diversitaire on risque de ne plus parler que du calendrier de l’Hégire.

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