Le Crépuscule des idoles progressistes (7) : Le droit des peuples à la continuité historique

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Durant le mois d’août, Boulevard Voltaire fait découvrir à ses lecteurs un livre récent que la rédaction a apprécié. Chaque jour, un nouvel extrait est publié. Cette semaine, Le Crépuscule des idoles progressistes, de Bérénice Levet.

Au début des années 2000, le géographe Christophe Guilluy introduisait dans le vocabulaire politique la notion d’“insécurité culturelle” et, en 2015, le politologue Laurent Bouvet consacrait un essai à la question.

Cette catégorie permet de sortir de l’explication du malaise français, et notamment du vote en faveur du Front national par les seules causes économiques, et de faire droit à des enjeux identitaires. Confrontées à l’intensification des flux migratoires dans le contexte nouveau de l’émergence d’une société multiculturelle, les catégories populaires redoutent de devenir minoritaires dans leur propre quartier, arrondissement, village, quand elles ne le sont pas déjà, et au final dans leur pays. Hantise qui est liée à une évolution quantitative certes, mais surtout qualitative. Le refus des populations d’origine immigrée de se plier aux codes, aux mœurs, au mode de vie du pays d’accueil, et la volonté farouche d’imposer leur présence, leur visibilité nourrissent légitimement ce sentiment. Les belles âmes se refusent à comprendre cette résistance, mais une civilisation ne saurait assister à son propre démantèlement passivement.

En réponse à ce sentiment d’insécurité culturelle, le temps n’est-il pas venu de reconnaître et d’énoncer un droit des peuples à la continuité historique ? Les peuples doivent être légitimés dans leur aspiration à se perpétuer, à défendre ce qui fait leur spécificité. L’hospitalité doit être conditionnée à l’obligation de se fondre dans le creuset national.

Ce droit des peuples à la continuité historique devrait en tout premier lieu être ratifié par l’union européenne, qui travaille avec ardeur dans le sens contraire.

[…] Nulle crispation, nul repli sur soi, non plus de rejet ou de haine de l’autre dans les résistances qu’opposent les classes dites populaires à l’émiettement, à la dislocation du corps social provoqués par l’introduction de mœurs qui nous sont étrangères ; mais au contraire l’indice d’un attachement à une nation singulière, cimentée par des significations partagées. La visibilité, l’adoption de codes vestimentaires en rupture avec les nôtres, a fortiori lorsqu’ils sont les indices d’un islam politique, sont une marque de sécession d’avec le monde commun de la nation. Et les peuples voient ce qu’ils voient.

Ils pressent leurs gouvernants d’agir dans le sens d’une revitalisation de la nation, de la souveraineté nationale, exigent d’eux qu’ils se fassent les gardiens de la communauté nationale corrodée par les revendications identitaires et communautaires. Mais la pusillanimité règne. Personne n’est disposé à réaffirmer sans crainte ni tremblement la préséance de la France, de la transcendance de l’identité nationale sur toutes les identités particulières.

Alors même que les attentats islamistes auraient dû nous fortifier dans notre inflexibilité, le contraire s’observe. Au nom du « pas d’amalgame » et de la hantise d’être accusé d’« islamophobie », les musulmans deviennent l’objet de toutes les sollicitudes. Qui osera prendre le parti de la France et d’elle seule, ne voulant rien entendre des « violences » que nous exercerions sur les jeunes femmes auxquelles nous proscrivons le port de la burqa ? Qui leur opposera l’offense que nous infligent celles qui refusent de se soumettre à l’interdit ?

La dénégation, les discours sirupeux envahissent l’espace public. Pourquoi, en août 2016, lors de l’épisode du burkini, Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux, ne parlait-il plus que de droits de l’homme et de libertés individuelles, lui qui, en 2012, en appelait sinon à l’invisibilité, du moins à la discrétion maximale des musulmans dans l’espace public ? Que ne rappelait-il ces nobles principes, qui sont très exactement ceux que les Français voudraient voir appliquer, lors de la querelle autour du burkini, au lendemain de la tuerie de Nice et de l’égorgement du père Hamel ?

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