La « journée mondiale » est une invention qui ne date pas d’hier… La première, proclamée en 1950, la « journée mondiale des droits de l’homme », fut fixée au 10 décembre… Depuis, de nombreuses autres ont été instituées, essentiellement par l’ONU et ses organisations satellites : UNESCO, UNICEF, OMS, FAO, etc. Depuis près de quarante ans, les « journées mondiales » se sont multipliées : on en compte 560 aujourd’hui ! Je me rappellerai toujours la colère de ma fiancée découvrant, en 1977, que le 8 mars serait « la journée de la femme », qui s’était exclamée : « Et puis quoi, encore ? Bientôt, on aura la journée du petit chien ! » Elle ne croyait pas si bien dire…

Mais bien peu de journées (une douzaine) sont dédiées aux problématiques de la faune sauvage. Celle du pangolin a lieu ces jours-ci. Là, nombre des négationnistes, n’ayant absolument aucune connaissance biologique ni aucune compétence écologique, s’improvisent « penseurs » pour vilipender les scientifiques du haut de leur ignorance et pour offrir à la foule de leurs adeptes ébahis des avis qui ne s’appuient sur rien de tangible. Ils trouvent, parfois même, un renfort inattendu chez certains membres du corps médical et/ou vétérinaire, trop heureux, pour masquer leur impuissance, d’accuser la faune sauvage au nom de supposées « zoonoses », maladies déclarées d’origine « animale » transmissibles à l’homme. Personne ne se pose la question de savoir si, historiquement, il n’y a pas eu d’abord de l’homme à l’animal. Il y a pourtant des cas absolument flagrants, comme l’hépatite A, dont le CNRS indique très clairement l’origine humaine.

Dans ce climat délétère, l’affaire du coronavirus prend un tour nouveau. Un médecin de Wuhan vient de décréter – à grand renfort de conditionnel – que le virus « pourrait » être véhiculé par les pangolins qui « seraient » vecteurs de la transmission virale. Position aussitôt relayé par l’OMS, trop heureuse d’avoir trouvé un lampiste !

Or, les pangolins sont consommés en Chine depuis des siècles sans qu’on n’ait jamais observé la moindre affection ou épidémie reliée à cette espèce qui traîne depuis toujours sur les marchés. Petits mammifères à écailles, il en existe une douzaine d’espèces des zones de savanes et de forêts d’ et d’Asie. Plantigrades, dotés de pattes à cinq doigts armés de fortes griffes, édentés, les sont les seuls mammifères (sauf certains primates) à se déplacer couramment sur les pattes arrières, utilisant leur queue comme contrepoids. Ce sont des animaux de petite taille, à part le pangolin géant du Congo qui peut peser plus de 30 kg. Pacifiques et sans défense, les pangolins sont myrmécophages stricts.

Pour en avoir gardé un des années durant en Afrique, certainement sauvé d’une marmite pour quelques francs, je peux attester qu’ils sont très facilement apprivoisables et incroyablement joueurs (La nutrition est, certes, beaucoup plus compliquée à assumer et je n’y serais jamais parvenu sans l’approvisionnement du zoo d’Anvers). Son seul prédateur est l’homme, qui le traque impitoyablement pour sa chair très appréciée (même à  !) et pour ses écailles vendues en pharmacopée chinoise. Un braconnage colossal pire que celui pratiqué sur les éléphants. On parle de 30.000 individus tués par an, rien qu’en Afrique. Et, bien entendu, le milieu naturel du pangolin est, partout, menacé par la déforestation et les pesticides. Au point qu’il est donc, aujourd’hui, partout en voie de disparition !

Le pangolin n’a donc pas besoin des dernières lubies médicales chinoises, cautionnées semble-t-il aujourd’hui par l’OMS, ce qui conduirait à son éradication ! Il est, au contraire, urgent d’agir pour le protéger !

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