[POINT DE VUE] Face à l’incurie de l’État, ces citoyens qui sont tentés de se faire justice

La gendarmerie, la police ? Elles font leur travail, mais à quelle vitesse, avec quels moyens, soutenus par quels juges ?
Capture d'écran X
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La mort de Lyhanna, atroce, injuste, incompréhensible, semble avoir réveillé les consciences dans l’opinion publique. La marche blanche de son village, impressionnante de dignité et de douleur, n’est que l’un des versants de ce fait de société que l’État, plus impuissant que jamais, voudrait probablement camoufler en fait divers.

Gérald Darmanin, à qui l’on prête des ambitions présidentielles et des positions « sécuritaires », était l’invité d’un Forum spécial, sur BFMTV, animé par Maxime Switek. Face aux Français, sur le délicat sujet de la pédocriminalité, le garde des Sceaux a dû entendre la rage d’un brave père de famille qui, comme nous tous, ne comprend pas le laxisme judiciaire, l’absurdité administrative et le fait que personne, au sommet de l’État, ne se pose la question de la neutralisation définitive de ces monstres, soit par la castration chimique (Bruno Retailleau est le seul à en avoir courageusement parlé), soit par…un référendum sur la peine de mort.

C’est d’ailleurs exactement ce qu’il a dit : « Je suis parent. J’ai une petite fille de deux ans. Je vous ai écouté. Je trouve ça lamentable. En France, moi je paye des impôts. Vous faites quoi avec ? Vous parlez de la septième puissance mondiale. Je n’en ai rien à foutre, excusez-moi. Demain, je vous le dis, cela arrive à ma fille, je le traque et je vous traque. Tous ! » Et quand Switek demande ce que « ça veut dire », l’homme précise : « Je mets les moyens financiers, je traque, et je règle le problème moi-même. Vous avez la trouille au plus haut sommet de l’État de faire un référendum concernant la peine de mort. On ne touche pas aux enfants! Et ça va recommencer. On a des pédocriminels dans la nature et ça ne choque personne, y compris votre patron qui préfère s’afficher avec l’équipe de France alors que ça vient d’arriver ! (...) Ça me donne envie de gerber ! » Un autre papa venait de parler du viol de sa fille par un homme habitant à trois kilomètres de sa maison.

Gouvernement faible, lâche, démonétisé

Le ministre a beau être objectivement solide face à cette tempête de légitime indignation, il n’en demeure pas moins qu’il participe à un gouvernement faible, lâche, démonétisé. Et face à ce gouvernement, de plus en plus d’honnêtes Français, écrasés d’impôts en échange d’aucune protection, ont la tentation de se faire justice eux-mêmes. Dans sa revue de presse sur Europe 1, l’excellent Olivier de Lagarde citait, en ce 9 juin, le cas de certains citoyens qui traquent bénévolement les pervers sur internet. « Les enfants d’Argus », à qui le Parisien consacre un reportage, ont déjà permis d’arrêter près de 300 pédophiles. Ils ne chassent pas : ils se font passer pour des adolescents et attendent que les ogres entrent en contact avec leur profil. La gendarmerie, la police ? Elles font leur travail, mais à quelle vitesse, avec quels moyens, soutenus par quels juges ?

L’Etat brejnévien, obèse, englué dans sa paperasse, n’est plus capable de rien. On pourrait également parler de ceux qui, pendant l’affaire Nahel, ont repoussé les hordes de sauvages qui voulaient s’attaquer à leur domicile. Les Français ont bien compris que personne ne viendrait à leur secours. Et, contrairement à ce qu’en pensent les racailles, encouragées par des années de démission, ils n’ont pas une mentalité de victimes. Les années qui viennent ne seront pas faciles, mais la France s’est toujours relevée à minuit moins deux… jusqu’à maintenant.

Laissons peut-être le mot de la fin à Ernst Jünger, dont l’acuité ne vieillit jamais. Dans le Traité du Rebelle (1951), manuel de résistance à la tyrannie, fût-elle molle, il a ces lignes limpides : « Les longues périodes de paix favorisent certaines illusions d’optique. L’une d’elles est la croyance que l’inviolabilité du domicile se fonde sur la Constitution, est garantie par elle. En fait, elle se fonde sur le père de famille qui se dresse au seuil de sa porte, entouré de ses fils, la cognée à la main. » Ce qui vaut pour la maison vaut pour les enfants.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

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