Editoriaux - Société - 9 mars 2019

Journée de la femme : le combat des précieuses ridicules contre l’intérêt des femmes !

Plus les années passent, plus cette Journée internationale des droits des femmes devient grotesque !

Cette année, on a découvert que même l’intelligence artificielle est sexiste ! L’alerte est sérieuse : nos fameux codes de logiciels conçus par des hommes ne s’adressent qu’à la gent masculine ; d’après Europe 1, des “études menées par plusieurs chercheurs révèlent qu’il suffit de deux clics pour avoir la preuve de la vision genrée de notre société”. La preuve : pour Google, le métier de “médecin” se décline au masculin, celui d’infirmière au féminin. Comme quoi le machisme se niche dans les détails et, cette fois, des algorithmes !

Pour Marlène Schiappa, ce qui est important, c’est “le” scandale de l’inégale répartition des tâches ménagères. Elle a été courageusement porter son coup de gueule à l’Assemblée. À quand l’obligatoire tenue d’un tableau Excel® par foyer déposé en préfecture et homologué par le ministère pour distribuer équitablement les corvées ménagères ?

Ridicule et déconnectée, cette bataille contre des moulins à vent menées par des féministes toutes centrées sur leurs propres préoccupations ne prend aucunement la mesure des réels dangers qui planent sur les droits des femmes…

Les femmes isolées, par exemple ; à l’occasion du mouvement des gilets jaunes, notre Marlène Schiappa a découvert la Lune… ou plutôt l’existence des “femmes isolées”, abandonnées par leurs compagnons et qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois avec enfants à charge. Elle a donc décidé de se saisir de cette question “passée jusqu’à présent sous les radars” en les aidant à recouvrer les impayés de leur pension alimentaire. Intention vertueuse, certes, mais alors, pourquoi s’acharner à vouloir à tout prix cette fameuse PMA “avant l’été” ? Aider des femmes seules à mettre au monde des enfants seuls ? Pour plus de pauvreté, sans doute, car pour le coup, pas de père, pas de pension alimentaire !

Sur le chapitre des avancées de la science : la congélation des ovocytes censée libérer les femmes en leur permettant de repousser à plus tard leur projet d’enfant. On se souvient de ces patrons qui proposent à leur employées de financer ce type de projet… pour le plus grand bonheur des femmes, vraiment ? Ou celui du profit de l’entreprise ?

En 2014, un journaliste de Libé écrivait sur ce sujet : “Je me doute bien que ne seront promues que les non-mères qui accepteront de se dévouer à la cause de la maximalisation du taux de profit. Pourtant, je ne peux m’empêcher de saluer cette initiative en ce qu’elle déconnecte les femmes de leurs assignations traditionnelles.” Ou comment sacrifier l’indépendance des femmes sur l’autel de l’idéologie !

Dans le cadre de la révision des lois de bioéthique, le CCNE n’a pas mis en garde les femmes contre ce risque de mise sous tutelle de leur employeur. On aurait aimé entendre Marlène Schiappa sur ce sujet à l’occasion de la journée d’hier, par exemple…

Pas un mot, non plus, de nos pasionarias de la défense des droits des femmes sur ce qui se passe à La Haye, en ce moment : dans la plus grande opacité, il est vrai, un groupe d’experts travaille à harmoniser les règles internationales sur les problèmes de filiation internationaux. En question, la possible légalisation d’une GPA dite “éthique”. La France est partie au projet mais personne n’en parle ! Le sort des mères porteuses n’intéresse pas du tout les féministes.

En revanche, sur le sujet “violences faites aux femmes”, notre secrétaire d’État est, pour le coup, imbattable, c’est vrai. Mais… sélective. Tout ce qui concerne les violences subies par les femmes en matière d’avortement ne seront jamais prises en compte car, pour Marlène Schiappa, il n’est aucunement question de revenir sur les lois sur l’IVG. Exit, donc, les traumatismes “post-avortement” pour les femmes, même pour celles qui, victimes de la pression de leurs compagnons, ont dû interrompre leur grossesse… Il y a des violences dignes de compassion et des victimes d’abus qui n’intéressent personne.

Cette journée du 8 mars a ceci de bon qu’elle permet inlassablement de pointer du doigt l’incongruité du combat féministe qui ne s’intéresse qu’à lui-même et certainement pas au sort des femmes. Heureusement pour nous, les femmes, le ridicule ne tue pas. Mais il est temps de réinventer autre chose !

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