L’appel de l’Italie à des aides extérieures (Chine, , etc.), faute de l’obtenir de ses voisins européens, pour tenter d’enrayer les ravages de la pandémie Covid-19 est révélateur de l’impréparation des pays occidentaux à une telle pandémie et de l’incurie de la Commission européenne et de tous les zélateurs d’un « peuple européen » !

Parmi ces aides (je mets de côté l’appel au Venezuela, qui est une véritable farce lorsqu’on connaît l’état sanitaire de ce pays, déjà décrit ici !), celle de La Havane, qui vient d’envoyer plus d’une cinquantaine de spécialistes des maladies virales et infectieuses. Que faut-il en penser ?

D’abord et avant tout, hors de tout champ idéologique, il faut avoir à l’esprit que la situation économique de Cuba s’est fortement dégradée depuis quelques années sous le joug de plusieurs facteurs : obsolescence de l’appareil productif, déficit commercial conséquent amplifié par la crise qui a frappé le partenaire privilégié qu’est le Venezuela, et aussi le durcissement de l’embargo depuis l’arrivée de à la Maison-Blanche. Une crise économique qui a des conséquences, y compris à La Havane comme à l’hôpital Hermanos-Ameijeiras, où le manque de matériel est criant même si un établissement comme la Clínica Central Cira García n’a rien à envier aux cliniques européennes ou états-uniennes, car la crise économique a retardé la rénovation de certains hôpitaux et dispensaires vétustes, a rendu la maintenance de certains dispositifs médicaux difficile. Il faut ajouter à cela les salaires très bas des professionnels de santé avec des revenus inférieurs à ceux des employés d’un grand hôtel de Varadero…

Pour autant, dans un certain nombre de domaines, le système de santé cubain est toujours un des plus performants du monde et n’a rien à envier au nôtre. En termes de taux de mortalité infantile (4,5/1.000), d’espérance de vie (79 ans pour les femmes ; par comparaison, elle est de 83 ans dans notre pays) comme en nombre et répartition des médecins, Cuba est le seul pays d’Amérique latine à afficher des statistiques proches des pays les plus développés. Il en est de même en ce qui concerne la biotechnologie, considérée comme une des plus innovantes, qui, du fait de l’absence d’autorisations pour exploiter les médicaments sous licence internationale, a développé des produits originaux dans de nombreux domaines, en particulier dans le traitement de certains cancers. De plus, en matière de santé publique, grâce à sa densité et à son organisation, face aux vagues épidémiques, les services de l’État cubain sont particulièrement efficaces.

Souvent en première ligne dans leur lutte sur le continent africain, en 2013, contre le virus Ebola et aussi lors du choléra en Haïti, au début des années 2010,  « les médecins de la Révolution », comme le rappelait ici même Nicolas Gauthier, ont été également particulièrement efficaces lors de l’épidémie du virus Zika. Une épidémie qui s’était propagée dans une grande partie de la Caraïbe et de l’Amérique latine dont certains pays, comme le Brésil, avaient été sévèrement touchés (1.000 cas de bébés nés avec une microcéphalie à la suite de la contamination des femmes par le virus pendant leur grossesse). À l’époque, Cuba était l’exception dans cette région du monde pour avoir pu et su s’organiser et contenir la propagation de ce virus (trois cas locaux seulement et 30 cas importés) et mettre en place un système de surveillance épidémiologique grâce, en particulier, à l’Institut de médecine tropicale Pedro Kourí installé à La Havane, de réputation mondiale.

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