Dans un courrier adressé au Fonds monétaire international, rendu public le mardi 17 mars par Jorge Arreaza, le ministre des Affaires étrangères, Nicolás Maduro sollicitait « une facilité de financement d’un montant de 5 milliards de dollars de la part du fonds d’urgence ». En assurant « que les fonds obtenus [iraient] au renforcement des systèmes de détection et de lutte » contre l’épidémie du coronavirus.

La réponse négative, dès mardi 17 mars, du FMI, alors qu’un tel mécanisme d’aide est prévu et permet à ses membres d’obtenir une rapide aide financière, est d’une dialectique toute jésuitique : « Malheureusement, le Fonds n’est pas en mesure d’examiner cette demande » car « comme nous l’avons mentionné précédemment, l’engagement du FMI avec les pays membres repose sur la reconnaissance officielle du gouvernement par la communauté internationale ». Cette réponse est, bien entendu, dans le droit fil des actions d’étranglement économique et financier organisées par Washington.

On pourra, en l’espèce, la juger particulièrement sévère vu la situation économique, sociale et sanitaire. Mais il convient, cependant, de ne pas avoir la mémoire trop courte et ne pas oublier les nombreuses diatribes de Maduro à l’adresse de cette institution. Comme en 2019, où il déclarait que « le modèle du Fonds monétaire international va à l’encontre des droits à l’éducation, à la santé, au logement et au travail ». Toujours en 2019, lors du XVIIIe sommet ibérico-américain, il avait encore accentué sa charge contre le FMI, l’accusant de provoquer « l’effondrement structurel, économique, institutionnel et social des pays ».

Avec une quarantaine de malades déclarés, sans aucun décès pour l’instant, le n’est pas, pour l’instant, dans une situation dramatique mais ces chiffres, officiels, sont à examiner à l’aune de la communication du pouvoir et, surtout, paraissent bien provisoires, compte tenu du délabrement du système hospitalier.

En effet, la situation pourrait être très rapidement incontrôlable car aux maux actuels de l’économie vénézuélienne, il faut adjoindre non seulement les difficultés de transaction sur les marchés internationaux du brut vénézuélien mais aussi l’effondrement des prix du pétrole.

Après cet échec de financement qui aurait été, pour le pouvoir, une bouée de secours, la stratégie de Maduro consiste, comme d’habitude, à attribuer la responsabilité d’un possible cataclysme sanitaire « aux forces de l’étranger », accusées d’avoir importé les cas actuels !

Une manipulation politique qui aura du mal à convaincre. Les principaux syndicats hospitaliers viennent d’informer que deux centres, seulement, sur les neuf centres de santé publique, sont équipés de masques, que quatre centres, sur les neuf, ont des gants et qu’il manque des produits de décontamination dans la plupart des services, sans oublier les problèmes d’eau, puisque certains sont directement alimentés par des camions-citernes.

Si la pandémie du coronavirus venait à s’abattre massivement sur le Venezuela, elle pourrait se révéler être, paradoxalement, la principale opposition au maintien au pouvoir de Nicolás Maduro.

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